Travailler dans le nucléaire

Le nucléaire français ne se résume pas à la centrale qui produit de l’électricité : la filière couvre aussi la recherche, la construction des futurs réacteurs EPR2, le démantèlement des installations arrêtées, la gestion des déchets et la propulsion nucléaire navale. Voici les métiers qu’on y exerce, la diversité de ses employeurs, et ce que change la relance en cours.

100 000recrutements jugés nécessaires dans la filière nucléaire française sur dix ans, selon le contrat stratégique de filière signé par l’État le 10 juin 2025
35,5 Mds €de valeur ajoutée produite par la filière nucléaire française en 2024, selon le Gifen
8,3 Mds €d’exportations cumulées hors EDF en 2024, portées par 38 % des entreprises de la filière, selon le Gifen

Les métiers que l’on trouve dans le nucléaire

Le nucléaire emploie des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers qualifiés sur des sites très différents : bureau d’études, chantier de construction, site en exploitation ou installation en cours de démantèlement. Six de ces métiers ont leur fiche détaillée sur ce site.

L’ingénieur mécanique et l’automaticien interviennent aussi bien sur la conception d’un nouveau réacteur EPR2, à Penly, Gravelines ou Bugey, que sur le pilotage d’un site déjà en exploitation. Le chaudronnier et le soudeur retrouvent leurs compétences du circuit primaire aussi bien en construction neuve qu’au moment de démanteler une installation arrêtée, que ce soit un réacteur de première génération chez EDF ou une usine du cycle du combustible chez Orano. L’électromécanicien, de son côté, équipe des installations très diverses, d’un laboratoire de recherche à un sous-marin nucléaire d’attaque construit pour la Marine nationale. Seul le site d’une centrale en exploitation, avec son rythme propre d’arrêts de tranche, fait l’objet d’une page à part sur ce site.

Une filière qui dépasse largement la production d’électricité

Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) emploie des chercheurs et des ingénieurs sur des sujets qui vont du réacteur du futur à la médecine nucléaire, où des radio-isotopes servent au diagnostic et au traitement de certains cancers. Orano enrichit et retraite le combustible, et démantèle ses propres installations historiques du cycle, comme l’usine d’enrichissement Georges Besse I à Pierrelatte ; EDF démantèle de son côté les six réacteurs de première génération du parc, de type UNGG, sur les sites de Bugey, Chinon et Saint-Laurent. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) prend ensuite le relais pour stocker ou entreposer les déchets produits par l’ensemble de la filière, pas seulement par les centrales.

La propulsion nucléaire navale forme un segment à part : Naval Group construit et entretient les sous-marins nucléaires d’attaque et les réacteurs qui propulsent le porte-avions Charles de Gaulle, pour le compte de la Marine nationale.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne contrôle pas que les centrales en exploitation : un laboratoire de recherche, un site de démantèlement ou une usine de traitement du combustible relèvent eux aussi d’une installation nucléaire de base civile, chacune soumise à ses propres inspections. Les installations militaires, comme celles de la propulsion navale, suivent un circuit à part, sous le contrôle du délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la défense (DSND).

Cette diversité d’employeurs s’explique aussi par la relance en cours : six nouveaux réacteurs EPR2 sont prévus sur les sites de Penly, Gravelines et Bugey, dans le cadre du contrat stratégique de filière signé par l’État le 10 juin 2025, qui évalue à 100 000 le nombre de recrutements nécessaires dans la filière sur dix ans.

Avantages et inconvénients de travailler dans le nucléaire

Ce qui plaît

  • Un secteur en forte relance, porté par le programme EPR2 et un besoin de recrutement estimé à 100 000 personnes en dix ans.
  • Une grande diversité de métiers et d’employeurs, de la recherche publique à l’industrie privée en passant par la défense.
  • Un savoir-faire reconnu, qui s’exporte déjà chez plus d’un tiers des entreprises de la filière.

Ce qui pèse

  • Des exigences de sûreté et de radioprotection strictes, qui s’appliquent partout dans la filière et pas seulement sur le site d’une centrale.
  • Une image publique clivante, entre soutien à la relance du nucléaire et contestation de cette énergie.
  • Des parcours de recrutement parfois longs, entre habilitations de sûreté et enquêtes de sécurité pour les postes les plus sensibles, comme la propulsion navale militaire.

Autres lieux de travail proches

Pour le détail des habilitations de sûreté, de la radioprotection et des arrêts de tranche propres à un site en exploitation, direction la page consacrée à la centrale nucléaire. EDF, premier exploitant nucléaire français mais aussi producteur hydraulique, éolien et solaire, mérite lui aussi sa propre page.

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