Conseiller en évolution professionnelle (CEP) : missions, statut et salaire en 2026
Le conseil en évolution professionnelle (CEP) est un service public gratuit qui aide chaque actif à faire le point sur son parcours et à construire un projet réaliste de reconversion, de formation ou de recherche d’emploi. Cinq réseaux le délivrent selon votre situation : France Travail, l’Apec, les missions locales, Cap emploi et des opérateurs régionaux pour les salariés du privé.

Ce qu’est le conseil en évolution professionnelle
Le CEP est un droit, pas un métier au sens strict. L’article L. 6111-6 du Code du travail, issu de la loi du 5 mars 2014, ouvre à toute personne un accompagnement gratuit pour sécuriser son parcours professionnel, dans le cadre du service public régional de l’orientation. La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel l’a renforcé, en particulier pour les salariés du secteur privé, et a confié son pilotage et son financement pour les actifs occupés à France compétences.
Le conseiller qui le délivre exerce un métier propre à son employeur : conseiller France Travail, chargé de mission Apec, conseiller en mission locale, chargé d’insertion Cap emploi ou consultant en évolution professionnelle dans un cabinet privé. Aucune fiche ROME ne décrit le CEP en tant que tel : cette page le rattache au code K1801 (conseiller en insertion professionnelle), le plus proche, sans s’y réduire.
Ne confondez pas ce conseiller avec le conseiller en insertion professionnelle, généraliste de l’accompagnement vers l’emploi qui délivre parfois le CEP mais traite aussi d’autres missions (RSA, jeunes en difficulté). Le coach de carrière indépendant et le consultant en bilan de compétences vendent des prestations payantes et ne portent aucune habilitation CEP : leur activité n’est pas réglementée et ne fait pas l’objet d’une fiche sur ce site.
Les cinq opérateurs habilités
Le cahier des charges du CEP, fixé par arrêté, réserve sa délivrance à cinq réseaux, chacun sur un public défini.
| Opérateur | Public accueilli | Où l’exercer |
|---|---|---|
| France Travail | Demandeurs d’emploi et actifs en recherche | Agence France Travail |
| Apec | Cadres, en poste ou en recherche | Antenne Apec |
| Missions locales | Jeunes de 16 à 25 ans sans emploi ni formation | Mission locale |
| Cap emploi | Personnes en situation de handicap | Organisme du réseau Cheops |
| Opérateurs régionaux Avenir Actifs | Salariés du privé et travailleurs indépendants | Cabinet retenu par appel d’offres régional |
Cette répartition par public explique pourquoi il n’existe pas un seul « métier de conseiller CEP » : un même entretien peut être mené par un agent public, un salarié d’une association loi 1901 ou un consultant d’un cabinet privé, avec des statuts totalement différents.
Les missions du conseiller
Depuis l’arrêté du 29 mars 2019, le CEP se structure en deux niveaux, qui remplacent l’ancien découpage en trois étapes. Le premier, l’accueil individualisé, permet à la personne d’exprimer sa demande et de recevoir une première information sur son environnement professionnel et les métiers qui recrutent dans son territoire. Le second, le conseil personnalisé, construit avec elle un plan d’action détaillé : étapes, financements mobilisables, calendrier.
La remise d’un document de synthèse au bénéficiaire est obligatoire dès ce second niveau. Le conseiller y consigne le projet retenu et les moyens pour y parvenir, un document que la personne garde et peut présenter à un futur employeur ou financeur.
Au quotidien, le conseiller mobilise les dispositifs de formation : compte personnel de formation, projet de transition professionnelle auprès de Transitions Pro, période de reconversion professionnelle (qui a remplacé Pro-A depuis le 1ᵉʳ février 2026), validation des acquis de l’expérience. Depuis le 2 avril 2026, il explique aussi la participation obligatoire de 150 € désormais demandée pour mobiliser le CPF. En parallèle des entretiens individuels, beaucoup animent des ateliers collectifs sur la construction de projet ou les techniques de recherche d’emploi.
Les compétences attendues
L’écoute et la neutralité conditionnent tout le reste : le conseiller n’impose pas un projet, il aide la personne à clarifier le sien, y compris quand elle change d’avis en cours de route. Cela suppose de savoir mener un entretien structuré sans le rendre mécanique.
La seconde compétence est la connaissance des dispositifs et du tissu local : financements de la formation, organismes certificateurs, employeurs qui recrutent, partenaires sociaux. Un conseiller qui maîtrise mal ces règles fait perdre du temps, voire des droits, à la personne qu’il accompagne.
Devenir conseiller en évolution professionnelle
Le CEP lui-même n’exige aucun diplôme unique : ce sont les employeurs qui fixent leurs critères de recrutement, en général un niveau bac + 3 minimum. Deux profils dominent dans les faits : les diplômés d’un master en psychologie du travail, en ressources humaines ou en sciences de l’éducation, et les titulaires d’un titre professionnel reconnu par l’État.
Le plus courant est le titre professionnel de conseiller en insertion professionnelle (RNCP37274, niveau 5), enregistré jusqu’au 23 mars 2028 et préparé notamment à l’Afpa, en alternance ou en formation continue, avec un stage minimum de 385 heures. Il ne prépare pas spécifiquement au CEP mais reste la porte d’entrée la plus reconnue par les cinq opérateurs.
- Choisir une voie d’entréeMaster psychologie du travail, ressources humaines ou sciences de l’éducation, ou titre professionnel de conseiller en insertion professionnelle.
- Obtenir le titre ou le diplômeLe titre professionnel se prépare en alternance ou en formation continue, financé par le CPF, une région ou France Travail.
- Postuler chez un opérateur habilitéFrance Travail, l’Apec, une mission locale, Cap emploi ou un cabinet du réseau Avenir Actifs recrutent chacun selon leurs propres procédures.
La reconversion est fréquente vers ce métier, souvent depuis un poste de formateur, d’assistant de service social ou de responsable RH. La validation des acquis de l’expérience permet d’obtenir le titre professionnel sans repasser par la formation complète, à condition de justifier d’une expérience d’accompagnement suffisante.
Pour comparer les organismes, leurs prix et leurs formats, consultez notre classement des formations de conseiller en insertion professionnelle éligibles au CPF.
Où travailler et dans quelles conditions
Le conseiller exerce le plus souvent en face à face, dans une agence, une antenne ou une permanence délocalisée, avec des plages de télétravail selon l’employeur. Les cinq réseaux se distinguent surtout par la taille de leur portefeuille : un conseiller France Travail suit généralement plusieurs dizaines de demandeurs d’emploi en parallèle, quand un accompagnement Avenir Actifs se limite à quelques rendez-vous espacés dans le temps pour un même bénéficiaire.
Ce qui plaît
- Un service gratuit pour le bénéficiaire, qui facilite la relation de confiance.
- Une grande diversité de parcours et de secteurs à découvrir.
- Un réseau de partenaires riche : organismes de formation, employeurs, financeurs.
Ce qui pèse
- Des statuts et des salaires très inégaux selon l’opérateur employeur.
- Un portefeuille chargé chez les opérateurs publics.
- Des objectifs de volume dans certains réseaux, au détriment du temps par entretien.
Combien gagne un conseiller en évolution professionnelle
Il n’existe aucune grille commune aux cinq opérateurs. Le salaire dépend d’abord de l’employeur : agent public ou privé à France Travail, salarié de l’association paritaire qu’est l’Apec, salarié associatif en mission locale ou chez Cap emploi, ou consultant d’un cabinet privé sélectionné par appel d’offres pour le réseau Avenir Actifs.
Emploi et débouchés
Le réseau Avenir Actifs, dédié aux actifs occupés du privé, a accompagné près de 572 000 salariés et indépendants entre 2020 et 2023, avec un taux de satisfaction de 93 % en 2023 selon France compétences. Il compte plus de 700 agences en métropole et outre-mer depuis le renouvellement du marché pour la période 2024-2027.
Côté demandeurs d’emploi, la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi a inscrit automatiquement les bénéficiaires du RSA comme demandeurs d’emploi dès janvier 2025, avec un contrat d’engagement et 15 heures d’activité hebdomadaires : environ 1,2 million de personnes supplémentaires sont ainsi entrées dans le champ de l’accompagnement par France Travail et ses partenaires, dont les conseillers en évolution professionnelle.
Évolutions de carrière
Dans les grands réseaux, l’évolution passe par la spécialisation : référent d’un public (jeunes, travailleurs handicapés, cadres en reconversion), relation entreprises, ou expert mobilité et compétences. Elle peut aussi mener vers l’encadrement d’une équipe de conseillers.
Changer d’opérateur est une passerelle courante entre France Travail, une mission locale et Cap emploi, les trois s’appuyant sur des compétences proches. D’autres évoluent vers le métier de formateur pour adultes, de consultant en bilan de compétences ou de responsable de projet insertion, souvent après plusieurs années d’entretiens individuels.
Métiers proches
Ces métiers partagent l’accompagnement de parcours ou de personnes, avec des publics et des cadres d’emploi différents.
Ce que le nom du métier ne dit pas
Deux personnes qui se présentent toutes deux comme « conseillères en évolution professionnelle » peuvent avoir un statut, une rémunération et une charge de travail sans rapport l’une avec l’autre, selon qu’elles travaillent pour un opérateur public, une association ou un cabinet privé. Avant de candidater, renseignez-vous sur l’employeur réel derrière l’offre : le titre du poste renseigne peu, la structure qui recrute renseigne beaucoup.
Pour la personne accompagnée, cette diversité d’opérateurs a un avantage concret : elle peut choisir le réseau le plus adapté à sa situation plutôt que de dépendre d’un seul guichet, et changer d’interlocuteur si le courant ne passe pas, sans perdre son droit à un accompagnement gratuit.
Sommaire
- Ce qu’est le conseil en évolution professionnelle
- Les cinq opérateurs habilités
- Les missions du conseiller
- Les compétences attendues
- Devenir conseiller en évolution professionnelle
- Où travailler et dans quelles conditions
- Combien gagne un conseiller en évolution professionnelle
- Emploi et débouchés
- Évolutions de carrière
- Métiers proches
- Ce que le nom du métier ne dit pas
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