Travailler dans le jeu vidéo

Un studio ou un éditeur de jeux vidéo réunit des métiers très différents, de la programmation au graphisme en passant par le test ou le game design, recrutés après une école spécialisée ou une formation généraliste en informatique ou en arts appliqués. Voici les métiers qu’on y trouve, les voies d’accès à ces métiers, et ce qui distingue un studio indépendant d’un grand éditeur.

6,1 milliards d’eurosde chiffre d’affaires du jeu vidéo en France en 2023, matériel et périphériques compris, en hausse de 10 % sur un an
11 930 emploisdans la filière du jeu vidéo en France en 2018, un nombre quasiment triplé depuis 2010
575 studiosde développement de jeux vidéo recensés en France en 2024

Les métiers que l’on trouve dans le jeu vidéo

Un studio de développement réunit des métiers techniques, artistiques et de gestion de projet, de la programmation à la direction artistique en passant par les tests avant la sortie du jeu. La filière comptait 11 930 emplois salariés en France en 2018, un nombre quasiment triplé depuis 2010, selon l’étude de la Direction générale des entreprises (DGE) et du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Six de ces métiers sont déjà documentés en détail sur ce site, fiche par fiche.

Les voies d’accès : écoles spécialisées et portfolio

Les écoles privées spécialisées en jeu vidéo (Gamagora, ENJMIN, Rubika, ISART Digital…) forment une bonne partie des recrues du secteur, mais à un coût élevé : un cursus complet y revient en moyenne à 25 000 euros, et 35 % des étudiants ont dû emprunter pour le financer, selon l’enquête du Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) publiée en 2022. Les formations généralistes en informatique (BTS, licence, école d’ingénieur) ou en arts appliqués (BTS design, écoles d’art) mènent aussi au secteur, souvent à moindre coût.

Le diplôme ne fait pas tout : pour les postes créatifs comme le graphisme, l’animation ou le game design, le portfolio pèse souvent aussi lourd que le niveau d’études à l’embauche, à la différence des postes de programmation où un diplôme d’ingénieur reste la norme. Plus de 60 % des professionnels du secteur ont un diplôme de niveau bac+5 ou plus, mais cette proportion varie fortement d’un métier à l’autre, toujours selon la même enquête du STJV.

Studios indépendants et grands éditeurs : deux réalités

Avec 6,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, en hausse de 10 % sur un an, selon le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell, cité par le ministère de la Culture), le secteur reste composé en majorité de petites structures : en 2022, 55 % des studios de développement réalisaient moins de 300 000 euros de chiffre d’affaires annuel, contre 27 % qui dépassaient le million d’euros, selon le baromètre annuel du jeu vidéo en France (Syndicat national du jeu vidéo, SNJV). Ces studios indépendants autofinancent souvent leur production ou passent par un éditeur tiers, avec des équipes réduites et des budgets serrés.

À l’autre bout du secteur, quelques grands éditeurs et développeurs internationaux implantés en France (Ubisoft, Quantic Dream, Asmodee Digital…) concentrent une large part des recrutements, avec des équipes de plusieurs centaines de personnes réparties sur plusieurs studios. Les compétences recherchées, les méthodes de production et les niveaux de rémunération diffèrent sensiblement entre un studio indépendant et un grand éditeur.

Avantages et inconvénients de travailler dans le jeu vidéo

Ce qui plaît

  • La créativité, avec des projets concrets qui mêlent technique, narration et direction artistique.
  • Un secteur en croissance, porté depuis plusieurs années par la consommation de jeux sur consoles, PC et mobile.
  • Des passerelles entre studios, du jeu indépendant aux plus grosses productions, pour varier les expériences.

Ce qui pèse

  • Une concurrence forte à l’embauche, surtout pour un premier poste et dans les studios les plus connus.
  • Le crunch, ces périodes de surcharge avant la sortie d’un jeu : un salarié sur quatre en a connu une dans l’année, et plus de la moitié sans compensation, selon l’enquête du STJV publiée en 2022 auprès de 932 travailleurs du secteur.
  • Un turn-over élevé et des contrats parfois précaires dans les petits studios, plus dépendants de la réussite d’un seul projet.

Autres lieux proches

Le jeu vidéo partage des métiers et des codes avec d’autres secteurs technologiques, en particulier la start-up : développement, design et gestion de projet s’y retrouvent, avec une organisation du travail souvent proche.

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