Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Le moine devenu coach 2 commentaires

Photo: François-Xavier Seren

Photo: François-Xavier Seren

Chaque lundi, le photographe François-Xavier Seren publie sur Et voilà le travail un portrait de travailleur, rencontré durant la semaine. Chaque témoin répond à trois questions sur son rapport au travail. François-Xavier Seren mène ce projet documentaire dans le cadre d’un livre, à paraître en 2011.

Philippe Laurent, 47 ans, Accompagnateur professionnel (coach), formateur et auteur-conférencier, « Le bonheur au travail, partition pour une fourmi, éditions du Siècle, 2010 ».

Que représente pour vous le travail ?

Pour moi, le travail est un processus de transformation plus ou moins silencieux, plus ou moins douloureux, plus ou moins efficace, plus ou moins visible, mais qui a beaucoup de valeur. Le travail efficace ajoute de la valeur à la valeur.
La personne qui travaille transforme une matière plus ou moins physique pour en faire autre chose : une nouvelle réalité au service de l’autonomie et de la liberté humaine. Le travail de l’éducateur ou du parent en est une des illustrations les plus magnifiques. En ce sens, tout travail est respectable et peut procurer du bonheur à la personne si elle est engagée dans une dynamique de projet et goûte avec plaisir d’être actuellement en interaction avec les autres. Le travail n’est donc pas condamné à être un instrument de torture. C’est un moyen de réalisation de soi et des autres. Je ne le conçois pas comme un élément accessoire au bonheur de la personne mais comme une partie constitutive de ce bonheur.

Avez-vous choisi le travail que vous exercez aujourd’hui ?

J’ai totalement choisi le travail que je fais aujourd’hui. Ai-je de la chance ? Bien sûr. Mais je crois avoir su saisir cette chance et aller jusqu’au bout de ce que je voulais faire. Là aussi, ce choix arrive au terme d’une maturation (qui continue). Totalement engagé dans la vie monastique pendant 6 ans (entre 18 et 24 ans), totalement engagé également dans l’industrie ferroviaire pendant 16 ans, j’ai atteint mon objectif professionnel en passant 5 années en Chine. Une fois cet objectif atteint, ma question a été : que faire ? La réponse s’est imposée à moi : aider les autres à définir et à atteindre leur
propre objectif professionnel en y donnant le meilleur d’eux-mêmes.
J’ai pris le risque de quitter un emploi stable et confortable financièrement pour une activité très exigeante mais tellement passionnante.

Combien de temps y consacrez-vous ?

Le plus de temps possible compte tenu de mes obligations personnelles et familiales. J’ai la chance de travailler en indépendant ce qui nécessite une plus grande auto-détermination et une plus grande
vigilance à l’équilibre toujours instable dans lequel sont intégrés ma famille, mes amis, mes voisins … et les personnes que j’accompagnent professionnellement.

Propos recueillis par François-Xavier Seren

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Publié dans : Témoignages

le 13/12/2010, par Elsa Fayner

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