Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Travailleurs saisonniers: quand la saison s’éternise 1 commentaire

La HALDE a été saisie par le CODETRAS (collectif de défense des travailleurs étrangers dans l’agriculture) concernant les travailleurs de longue durée employés dans le domaine agricole dans les Bouches du Rhône. La haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité signale les conséquences discriminatoires de l’usage abusif du statut de travailleur saisonnier.

Le maintien de travailleurs de nationalité marocaine dans le statut juridique de travailleur saisonnier a entraîné pour les personnes des conséquences en matière de droit du travail, de protection sociale, de droit de séjour et de droit au respect de la vie privée et familiale.

Lire la délibération du collège de la HALDE.

Les nouveaux esclaves du capitalisme

À ce sujet, le livre « Les nouveaux esclaves du capitalisme« :

« Fruit d’une enquête de deux ans en France, en Espagne et au Maroc, ce livre retrace le développement, depuis les années 1990, de la production maraîchère et fruitière intensive en Europe et la brutale dégradation des conditions de vie et de travail des ouvriers agricoles, pour l’essentiel saisonniers.

Ainsi, la Marocaine Naïma Farrie, issue d’une civilisation paysanne en voie de disparition, témoigne de la violence produite par un système où les paysans ont laissé la place à des entrepreneurs, voire à des « agri-managers ». Officiellement employée comme saisonnière, Naïma a en réalité travaillé comme bonne à tout faire durant dix ans et 7 jours sur 7, avant d’être licenciée sans un sou suite à un accident de travail.

Et pour une main-d’oeuvre privée de toute protection, cette violence commence sur les lieux de travail : faire des journées de dix ou douze heures dans les serres par 45 ou 50 degrés, tenir de folles cadences de ramassage, vivre sans protection au contact de produits toxiques, etc.
Elle se poursuit sur les lieux d’habitation, dans des conditions d’hébergement indignes, voire inhumaines. Elle se traduit dans l’espace public, où ces ouvriers agricoles immigrés, parfois sans droits, sont tout juste tolérés, lorsqu’ils ne subissent pas le racisme comme mode de gestion de l’ordre social.

Agriculture intensive, exploitation des saisonniers et des sans papiers, misère et dictature au Sud, consommation au Nord, immigration : des problèmes en apparence éloignés se révèlent ici structurellement liés ».

« Les nouveaux esclaves du capitalisme« , de Patrick Herman, Ed. Le Diable Vauvert, octobre 2008, 23 euros.

L’auteur:

Patrick Herman est paysan-journaliste près de Millau. Il a collaboré au Monde diplomatique, à Témoignage chrétien, L’Ecologiste et Politis, et est l’auteur de Changeons de politique agricole (Mille et une nuits) et coauteur avec José Bové de Numéro d’écrou 20671 U (L’Atalante)

Retrouvez Patrick Herman :

Le jeudi 26 février à Villefranche de Rouergue (12), salle de Bernussou, 20h30

Le samedi 21 mars à Voiron (38), salle des fêtes, 18h.

Be Sociable, Share!

Publié dans : Actualité | Contrats de travail | Culture | En plein air

le 7/01/2009, par Elsa Fayner

1 commentaire

Poster un commentaire

Parité et conseils d’administration

Île-de-France : des inégalités de revenus centralisées

Ce site est hébergé par Art is code et propulsé par Wordpress.

Témoignez !

Votre travail vous interpelle, vous choque, vous l’avez vu évoluer et vous souhaitez le raconter, écrivez-moi, votre récit sera peut-être publié.