Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Travailler, c’est trop dur? 2 commentaires

Spectacle musical + Evènement graphique

Espace Jemmapes/Scène du Canal Paris

Spectacle Jeune Public
Du 23 au 26 février et les 2 et 5 mars 2011, à 14h en semaine, et 15h les samedi

Spectacle Tout Public Les 26 février, 4 et 5 mars 2011 à 20h

D’Aristide Bruant à Bernard Lavilliers, des Charlots à Zachary Richard, de Léo Ferré à Eddy Mitchell, de Bashung à Brassens, la chanson française n’a cessé d’évoquer la question du travail…

« TRAVAILLER C’EST TROP DUR ? » est un spectacle musical construit autour de pépites connues et inconnues issues de ce répertoire, réinventées par LAZARE et ses musiciens, y laissant poindre des accents rock, reggae, ou électro-pop. Soutenu par une projection vidéo originale et impertinente à partir d’images d’archives des années 40 et 50, le spectacle explore « le » sujet sensible de notre époque, questionnant tour à tour le choix d’un métier, la motivation, le plaisir, la contrainte, la fatigue ou encore le droit à la paresse.

Avec énergie, humour ou gravité, au fil des chansons, LAZARE et ses musiciens donnent à voir ce à quoi peut ressembler une micro-société humaine et ses soubresauts : Qui est vraiment le patron ? Le chanteur ou bien ses musiciens ? Qui décide de la pause ? De la grève ? Des vacances ? Et qui des techniciens dans l’ombre ? (Dossier de presse)

LES CHANSONS DU SPECTACLE

Les déménageurs de piano (Gainsbourg) – Le camp d’entrainement (Les VRP) – Les chiens de paille
(Miossec) – Le responsable (Dutronc) – L’apprenti sorcier (Paul Dukas) – La chanson du DRH (Florent
Marchet) – Il ne rentre pas ce soir (E.Mitchell) – Le chercheur d’or (Arthur H) – Merci Patron (Les
Charlots) – Cinq ans de marine (C.Trenet) – Les canuts (A.Bruant) – Les mains d’or (B.Lavilliers) –
Mon fils, choisis ton métier (Yvette Giraud) – Le fossoyeur (G.Brassens) – Station service (A.Bashung) –
Les hommes à tout faire (N. Ferrer) – La paresse (Juliette) – L’heure de la sortie (Sheila) – Poil dans la
main (Jacques Higelin) – trentenaire (Lazare)

NOTE DE L’INTERPRETE PRINCIPAL

LAZARE est le pseudonyme que j’ai choisi pour porter sur scène les chansons que j’écris et compose.
M’étant forgé une sensibilité au monde à travers les chansons que j’ai écoutées, j’avais envie de chanter les chansons d’autres auteurs pour exprimer ce qui a fondé mon opinion sur le sujet du travail.

Comme tout un chacun, j’ai eu des questionnements, j’ai choisi (subi ?!) une orientation scolaire, j’ai fait ce que je pensais être de petits boulots, et puis un jour, sans que je le vois venir, mon métier s’est imposé à moi.
Cependant, des questions demeurent : pourquoi ne pas tout plaquer et partir vivre au soleil ? Pourquoi supporter un patron ? Etc…
C’est ce questionnement, finalement assez commun, que j’ai voulu proposer à des enfants plus que jamais confrontés à la fois à l’obligation de résultat, et à l’appréhension d’un avenir qu’on leur dépeint
comme incertain.Chemin faisant, plus de 100 représentations plus tard, je réalise que ce spectacle mérite d’être réécrit pour pouvoir rencontrer aussi un public d’adultes.

Pour monter ce spectacle, il m’a semblé naturel de faire appel à mes compères de toujours, Stéphane Métin, bassiste et Julien Woittequand, batteur. Nous partageons la scène depuis longtemps et nous avions monté un spectacle jeune public ensemble, « SAFARI » en 2004 dont Olivier Prou signé déjà la mise en scène. En septembre 2008 nous travaillions à nouveau tous les quatre à la création de la version jeune public de « Travailler c’est trop dur ? ».

Quand à la création vidéo, je considère comme une chance de collaborer avec Jérôme Lefdup qui excelle dans le recyclage et le détournement d’images. En nous proposant d’utiliser des images d’archives libres de droits mais « datées », il a su transformer ce qui ressemblait à une contrainte en unatout esthétique qui fait l’unanimité.

Nous voici à nouveau rassemblés dans un projet toujours aussi épineux, toujours au sujet du travail, mais cette fois ci destiné aux adultes.

NOTE DE MISE EN SCENE

« Lorsque LAZARE m’a parlé de son envie de créer un spectacle autour de chansons sur le travail, j’ai immédiatement pensé que c’était une idée formidable en même temps qu’un projet parfaitement casse- gueule. Proposer un éventail représentatif de tout ce que la chanson française a raconté sur le sujet, ou encore balayer toutes les problématiques que celui-ci pose, le tout en 55 minutes, et pour le « jeune
public », c’était évidemment peine perdue ! Mais l’angle choisi par LAZARE, à savoir revisiter des chansons qui l’ont, lui, particulièrement marqué, m’a semblé judicieux. Sur les « grandes questions »,
on est souvent plus pertinent lorsqu’on assume sa propre subjectivité qu’en assénant des vérités générales !

Il s’agissait avant tout de créer un concert, où les artistes occupent pleinement leur place de musiciens et d’interprètes. Nous avons donc travaillé sur le contenu des chansons, la manière de les chanter, les énergies physiques en lien avec la musique et les images de Jérôme Lefdup qui y apportent à la fois distance ironique et magie. Mais je me suis beaucoup attaché à la fluidité de l’ensemble. Le spectacle joue sans cesse sur des allers-retours entre les thèmes évoqués dans les chansons, et leurs équivalents au sein du groupe : sont-ils collègues ou concurrents ? amis ou patron/employés ? qui est le chef ? qui décide de la pause ? Quitte à prendre parfois les enfants en flagrant délit de contradiction : lorsque les deux musiciens sortent de scène et laissent Lazare seul au bout de vingt minutes de spectacle, prétextant justement que c’est l’heure de la pause, ils se font presque toujours copieusement siffler.
C’est alors l’occasion d’ironiser sur le fait qu’en général, les enfants eux-mêmes ne crachent pas sur les récréations et qu’ils ne rêvent que d’une chose : l’heure de la sortie !

Mon souhait était qu’à travers ce répertoire de reprises, ce soit aussi LAZARE qu’on découvre, chanteur qui derrière ses lunettes de garçon bien élevé cache un personnage volontiers persifleur, adepte du poil-à-gratter et capable par moments de virer dans des délires pop ou cartoon assez savoureux.

Le spectacle commence dans la lumière blafarde d’un néon dans lequel se glissent trois déménageurs
d’un piano – contrebasse imaginaire, premier prétexte à faire le lien entre ceux qui font de la musique
et les techniciens de l’ombre. Un coup de baguette magique d’apprenti sorcier de Dukas (revisité
façon électro) et les voici devenus jeunes cadres dynamiques, d’abord complices, puis peu à peu
enclins à jouer le jeu implacable de la concurrence ! Et ainsi de suite…

Ce qui me plaît dans ce spectacle, c’est que les enfants peuvent tout à la fois y éprouver le plaisir d’assister à un vrai concert, alternant écoute et décharges d’énergie, et en même temps se confronter à ce sujet épineux et complexe que la société leur présente de manière de plus en plus schématique. Le travail, c’est quoi au juste ? Une valeur ? Un moyen ? Une source d’épanouissement ? Une malédiction divine ? Une manière de se structurer ? Une aliénation ? Autant de questions qui nous « travaillent » tous, et auxquelles il n’est pas question de répondre « manu militari » à la place des enfants, juste de poser, comme ça, en passant !

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Publié dans : Culture

le 1/03/2011, par Elsa Fayner

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