Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Travail passion, forcément le pied? O commentaire

3674Travailler pour une compagnie de danse, un syndicat ou au ministère des Sports… Exercer un travail passion. Faire ce qu’on aime, et en plus être payés pour. Ne même pas avoir l’impression de travailler… C’est une chance offerte à peu d’entre nous.

Avec toutes les ambiguïtés qui s’en suivent, comme une frontière très poreuse entre vie pro et vie perso… Et des risques de burn out. Ces faces cachées de la vocation sont abordées dans « Le travail passionné, un engagement artistique, sportif ou politique » dirigé par les sociologues Marc Loriol et Nathalie Leroux.

Côté glamour

Le premier, sociologue spécialiste de la santé au travail, aborde notamment l’image que l’on donne à l’extérieur quand on exerce sa vocation. Il a observé les diplomates, qui font preuve d’une mémoire sélective, omettent les aspects peu glorieux et rébarbatifs de la fonction pour faire bonne figure et s’attardent à l’inverse sur le côté glamour et noble du métier.

Esprit de compétition

Nathalie Leroux, elle, s’est penchée sur l’utilisation de la passion à des fins managériales chez Décathlon : les vendeurs sont mal payés mais ils s’estiment déjà chanceux de travailler dans un domaine qu’ils affectionnent particulièrement. L’entreprise ne prend pas la peine de les former : ils le sont d’avance puisqu’ils ont acquis une expertise produit pendant leurs loisirs.

Des défis sportifs sont organisés entre collègues en team building et l’esprit de compétition est entré dans les mœurs au service de l’atteinte d’objectifs commerciaux sans compter ses heures, toujours au nom de la passion du sport, remarque la sociologue du sport.

Instrumentalisation de la passion

L’entreprise du groupe Mulliez instrumentalise donc la passion, avec le consentement des salariés, pour qui leur travail donne sens à leur parcours antérieur et leurs aspirations à exercer dans le milieu du sport.

Même s’ils auraient imaginé leur carrière autrement : sur les terrains pro ou dans un gymnase, notamment après un cursus en  Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) et bien souvent, un échec au concours pour devenir enseignant.

« Le travail passionné. L’engagement artistique, sportif ou politique », sous la direction de Marc Loriol et Nathalie Leroux, Editions Erès, collection Clinique du travail, 2015.

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Publié dans : Culture

le 8/02/2016, par Rozenn Le Saint

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