Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Toyota City O commentaire

toyotaDans la série de 24 webdocumentaires produite par France 5 et Narrative, Portraits d’un nouveau monde, le volet Economie est mis en ligne aujourd’hui. « Toyota City. La saga d’une ville-usine » aborde le monde du travail: avec la crise et le scandale des voitures Toyota défaillantes, la grande entreprise a licencié. Dans la ville japonaise qui vit à l’heure Toyota, les nouveaux chômeurs commencent à se plaindre. Certains ont rejoint le seul syndicat indépendant.

Les auteurs du webdocumentaire racontent leur projet:

Toyota City nous intriguait.

Au cours de nos derniers reportages au Japon, nous nous étions approchés de ce temple de l’automobile. Une ville symbole depuis un demi-siècle : c’est ici qu’a été inventé un système de production réputé comme un idéal d’efficacité, de qualité et d’innovation – une forme d’accomplissement ultime du capitalisme. Des chefs d’entreprises et des industriels du monde entier sont venus dans cette ville-usine comme en pèlerinage.

En 2008, Toyota devient le premier fabricant automobile de la planète, une forme de mythe industriel contemporain.
Quelques mois plus tard, avec la crise et la chute des ventes, la compagnie affiche les premières pertes de son histoire. Début 2010, le rappel de millions de véhicules défaillants met brutalement fin à son âge d’or.
Aujourd’hui, la cité modèle est déjà considérée comme le symbole du déclin de tout un pays.

Une épopée industrielle

La réussite de Toyota City raconte en creux celle du Japon, cette nation obsédée de perfection qui a atteint son apogée à la fin du XXe siècle.
Vaincu et ruiné au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’archipel tente d’imiter l’Occident. Toyota City, à l’époque appelée Koromo, n’est alors qu’un grand village de 20.000 habitants. Le fondateur de Toyota, Sakichi Toyoda, son fils Kiichiro, et l’ingénieur Taiichi Ohno imaginent pour elle un grand destin : elle sera le laboratoire d’une nouvelle forme d’organisation du travail. S’inspirant des écrits de l’Américain Henry Ford, ils veulent rattraper les Etats-Unis sur le plan de la production. De tout l’archipel et même d’Amérique du Sud, des hommes et des femmes viennent travailler dans ses usines.
Dans les années 1980, le Japon s’impose comme une référence technologique et industrielle, et le toyotisme comme un modèle dans la majorité des grandes entreprises internationales.
Depuis, aucun autre système de production ne l’a dépassé.

Le déclin des mono-villes

Les soubresauts de Toyota City rejoignent ceux de nombreuses mono-villes dans le monde.
La Russie compte 400 mono-villes, des mammouths industriels hérités de l’époque soviétique et organisés autour d’une seule activité. Elles abritent un quart de la population urbaine du pays et ont été les premières victimes de la crise de 2008.
Aux Etats-Unis, la ville jumelle de Toyota City depuis 1960, Détroit, berceau du fordisme, est en partie à l’abandon. La capitale américaine de l’automobile et de son géant, General Motors, subissent de plein fouet la baisse générale des ventes de voitures dans le monde.

Voir le webdocumentaire

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Publié dans : Culture

le 1/04/2011, par Elsa Fayner

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