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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Total dans le box des prévenus O commentaire

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Dernière minute:

Total et son ancien PDG Thierry Desmarets sur le banc des prévenus! Le tribunal correctionnel de Toulouse vient de décider, à 15h45, de joindre les deux dossiers, procès AZF et demande de citation de Total. Pour Total et ses avocats, c’est un revers.

De Toulouse.

Lundi 23 février, 14h, le procès tant attendu d’AZF tarde à démarrer. Y aura-t-il assez de place pour le public dans l’immense salle polyvalente des faubourgs toulousains? Les visiteurs entrent au compte-gouttes. Les parties civiles elles aussi sont plus nombreuses que prévu. Mais elles sont déjà assises à leur place. Pendant que les avocats, les prévenus, et les journalistes circulent, causent, s’interpellent, peu impressionnés par le buste de Marianne qui leur fait face. L’heure n’est pas encoce à la solennité.

Seul dans le box : l’ancien directeur de l’usine

Un syndicaliste CGT de Total distribue son tract, sa version des faits. Serge Biechlin, l’ancien directeur de l’usine AZF, seule personne physique dans le box des prévenus, se tient debout, face à la salle, discutant, l’air tranquille avec ses avocats. Il doit répondre notamment d’homicides ou de blessures involontaires, par violation d’une obligation de sécurité.

15h. Les portes s’ouvrent. Un essaim de photographes et de cameramen se précipitent, autant que le matériel le leur permet. Comme un seul homme, les doudounes noires, les sacs à dos et les boîtiers s’agglutinent devant la même table, devant, du côté des prévenus. Une cinquantaine d’objectifs s’arrêtent brusquement à quelques centimètres du visage de Serge Biechlin. Pas un regard face à lui, mais des trous noirs. Ses yeux bleus se font interrogateurs, et inquiets. Son visage se tend.

Pas un flash, en revanche, en direction de Patrick Timbard, directeur délégué du groupe Total à Toulouse (écouter son interview sur France Info).

Total va-t-il l’y rejoindre?

Puis les photographes se retournent: les cinq magistrats, le parquet et le greffe pénètrent dans la salle. Le président, Thomas Le Monnyer, ouvre l’audience. Rapidement, au dossier principal est joint un deuxième dossier, qui ajoute deux victimes au 29 morts. L’examen du troisième dossier est repoussé à mercredi 25. Il s’agit de la demande de citation directe de Total. Une demande qui émane de 24 parties civiles, car Total est la maison mère du groupe Grande Paroisse, à qui appartenait l’usine AZF qui a explosé le 21 septembre 2001.

Réponse demain

Mercredi 25 février, pas de coup de théâtre. Pas encore. Me Veil, avocat de Total, plaide l’irrecevabilité des citations. D’abord parce que les juges d’instruction n’ont pas jugé nécessaire de le faire: « Il s’agit donc d’un non lieu implicite ». Ensuite parce que la chambre d’instruction de la cour d’appel de Toulouse a déjà tranché l’affaire, en rejetant une première demande d’associations demandant la comparution de Total le 3 mai 2007.

Me Simon Cohen, représentant quelques unes des 24 parties civiles, plaide pour sa part que « c’est un droit constitutionnel pour un citoyen de déclencher l’action publique ». « Ce serait indécent que Total reste absent, il ne peut se prévaloir de l’autorité de la chose jugée », ajoute l’avocat toulousain.

Le tribunal tranchera demain sur la comparution de Total.

Dernière minute:

Ce jeudi 26 février, à 14h30, le tribunal correctionnel de Toulouse a ordonné la jonction de l’incident concernant la demande de recevabilité de comparution de Total au fond, c’est -à-dire au moment du jugement, en novembre.


Suivez le procès AZF en direct, sur le blog de La Dépêche du Midi.

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Publié dans : Actualité | Entreprises | Total

le 25/02/2009, par Elsa Fayner

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