Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Stress: les entreprises qui s’en préoccupent (ou pas) O commentaire

Pour lutter contre les risques psychosociaux, le stress au travail, Xavier Darcos, alors ministre du Travail, avait lancé un Plan d’urgence sur la prévention des risques psychosociaux. Il le souhaitait « à droit constant », sans nouvelle mesure législative. Le ministre entendait carrément recourir à une nouvelle méthode: citer nommément les entreprises que la santé de ses salariés préoccupaient peu.

Il avait donc publié le jeudi 18 février 2010 sur son site www.travailler-mieux.gouv.fr., un classement des 1500 entreprises de plus de 1000 salariés en “vert, orange et rouge”, suivant le degré d’avancement de leur politique anti-stress.

Mais, dès le lendemain, les listes orange et rouge étaient retirées du site (nous avions sauvegardé la liste sur ce blog).

A l’occasion de la première année de mise en oeuvre du deuxième Plan de santé au travail (2010-2014), qui constitue le fil directeur de la politique du Gouvernement pour les prochaines années en la matière, Xavier Bertrand Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé a réuni le 19 avril le Conseil d’orientation des conditions de travail

Bilan en demi-teinte pour les accords stress

Premier constat: le bilan qualitatif des accords de prévention du stress dans les entreprises de plus de 1000 salariés révèle un manque de précision des engagements pris par les entreprises.

Depuis le lancement en octobre 2009 du plan d’urgence sur la prévention du stress, 600 grandes entreprises ont engagé des accords ou des plans d’action, soit près d’une sur deux, se félicite le ministère. Les deux-tiers des 234 accords examinés ont été signés au premier trimestre 2010, ce qui explique que quatre accords sur cinq sont des accords de méthode : ils « visent à définir une méthode et un processus pour faire un diagnostic, évaluer les RPS et mettre les acteurs en capacité d’agir et de prévenir ces risques », explique la DGT, qui souligne que « nombre d’entre eux sont de qualité » : « la qualité intrinsèque des accords tient sans doute plus à la maturité du dialogue social qu’à la maîtrise du sujet lui-même ».

Une qualité cependant très relative, si l’on en juge par les nombreuses réserves émises par la DGT à l’examen du contenu de ces accords.
Si la plupart des accords ont été signés par la majorité des syndicats présents dans l’entreprise, leurs préambules attestent « rarement d’une volonté d’implication au niveau le plus haut des organes décisionnels sur la problématique des RPS, dans les étapes de mise en place du processus, de suivi et de prise de décisions opérationnelles ». Enfin, ils pêchent quant au suivi dans le temps et à la pérennité des engagements pris.

En savoir plus.

Des facteurs de RPS détachés de la réalité de l’entreprise

Autre constat: moins d’un accord sur deux identifie des facteurs de risques psycho-sociaux. Le plus souvent, la liste de ces facteurs est dressée « indépendamment de l’activité de l’entreprise », les négociateurs se privant alors, selon la DGT, du moyen d’une « compréhension partagée du contenu du travail et de son impact sur la santé des salariés ».
Parmi les facteurs de RPS, les accords identifient en priorité les exigences organisationnelles du travail (équilibre entre vie privée et professionnelle, charge de travail, pressions sur les délais), les relations de travail, les exigences émotionnelles (accueil du public, incivilités), et l’accompagnement du changement.

La méthode d’évaluation des facteurs de RPS n’est présente que dans 52% des accords de méthode, et 62% des accords de fond, s’étonne la DGT. C’est pourtant une obligation légale de l’employeur.
Quand elle est présente, cette évaluation privilégie une méthode quantitative par questionnaires, regrette la DGT.

Et, quand les axes d’action sont identifiés – ils sont alors en général peu développés – , la formation des personnels d’encadrement est prioritaire (87% des accords).

Les rares accords qui donnent à cet objectif un contenu précis visent la compréhension de ce qu’est un RPS, la détection et la prise en charge des risques, les exigences de la fonction d’encadrement. Autant de thèmes qui négligent la dimension collective de la prévention, selon la DGT.

Les actions touchant l’organisation du travail, identifiées dans seulement 60% des accords, « sont néanmoins listées comme étant des axes qui devront faire l’objet d’une analyse dans la construction du programme d’actions ».

Pour aller plus loin

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Publié dans : Entreprises | Liste rouge des entreprises | Stress, santé

le 28/04/2011, par Elsa Fayner

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