Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Séquestrer son patron: une bonne idée? 2 commentaires

lemonde3En deux semaines, deux chefs d’entreprise, celui de Sony France et celui de 3M, ont été séquestrés dans une de leurs usines touchée par un plan social. Retenu une nuit pour le premier et deux jours pour le second, les deux patrons ont été libérés lorsque les salariés mécontents ont fini par obtenir gain de caus

Un signe d’exaspération qui n’est pas nouveau

Bien que n’ayant rien de nouveau, les récentes actions radicales envers les patrons se sont multipliées ces derniers temps. De Sony à Caterpillar en passant par Continental, plusieurs patrons se sont récemment retrouvés face à des situations difficiles. Pour les experts des mouvements sociaux, séquestrations et prises à partie répondent à un « contexte » général qui nourrit « l’exaspération » des salariés. Ces modes d’action étant mis en œuvre « quand les salariés ont l’impression, réelle ou pas, que les méthodes classiques de revendications, grève, manifestation et négociations n’ont plus d’effet », note le sociologue Lilian Mathieu (centre de recherches politiques de la Sorbonne).

Lire l’historique et la chronologie des séquestrations de patrons sur lemonde.fr.

Réactions politiques

C’est Ségolène Royal qui a mis le feu aux poudres en affirmant dans un entretien au Journal du dimanche ce week-end, à propos des séquestrations de dirigeants, qu’elles permettaient parfois à des salariés « fragilisés, piétinés et méprisés » de se faire entendre. Elle prenait soin toutefois de souligner leur « caractère illégal ». Ces propos ont lancé le débat sur la légitimité des séquestrations de dirigeants comme forme d’action sociale et à droite comme à gauche les politiques sont divisés.

Lire les réactions de Vincent Peillon, Dominique de Villepin, Xavier Bertrand, and Co, sur lemonde.fr (édition abonnés).

leparisien

Des Français également partagés

Et qu’en pensent les Français? Ils sont ambivalents à ce sujet, selon une étude CSA , publiée mardi 7 avril dans Le Parisien: 50 % des personnes interrogées jugent cette méthode « pas acceptable », mais 45 % estiment qu’elle l’est.

Un autre sondage IFOP pour Paris Match rapporte pour sa part que 30 % des Français approuvent les séquestrations de dirigeants et 63 % les comprennent, sans les approuver. Ils ne sont que 7 % à les condamner fermement.

istDes syndicalistes prudents

Certes, certaines de ces actions sont conduites par des organisations syndicales désireuses de faire « monter la pression » pour obtenir des contreparties, estime dans un article paru sur son site l’Institut Supérieur du Travail, qui poursuit ainsi:

Certes encore, certaines de ces actions ressemblent plus à des traquenards syndicaux bien préparés qu’à des révoltes spontanées (on pense notamment au blocage de François Pinault, le dirigeant de PPR).

Mais les grandes confédérations syndicales n’expriment plus guère leur envie d’en découdre avec le « système capitaliste » et d’accélérer l’avènement du « grand soir ». Les équipes militantes font surtout preuve de réalisme et s’efforcent de « coiffer les mouvements » pour éviter les drames incontrôlés

Le temps est loin où la CFDT, dans les années 1970, justifiait et encourageait les actions de séquestration de dirigeants, d’occupation de locaux et de production autogéré.

Bernard Thibault, Jean-Claude Mailly, François Chérèque, Jacques Voisin ou Bernard Van Craeynest savent qu’ils gagnent plus à négocier avec le gouvernement qu’à s’opposer à lui. Dans les entreprises, leurs militants savent que les appels à la révolte nourriraient plus les rangs de SUD et du Nouveau Parti Anticapitaliste que leurs propres équipes.

Lire l’article paru sur le site de l’Institut Supérieur du Travail.

Lire la position de FO-Cadres.

L’avis de la CFE-CGC.

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Publié dans : À l'usine | Actualité | Marché du travail

le 7/04/2009, par Elsa Fayner

2 commentaires

  • coco dit :

    La violence est regretable, mais parfois nécessaire pour répondre à une autre violence, celle de l’exploitation et de la loi du « marche ou creve »,quand en face le dialogue n’est pas possible. Les gras patrons voyous vampires ont été démasqué grace à la cette crise bienvenue, (ceux qui s’engraissent sur le dos des travailleurs qu’on saignent), les exploités réagissent comme ils peuvent. Travailleurs, si le patronat te gifle la joue gauche, tend lui la droite en lui mettant un bon coup dans les valseuses.
    patrons voyous, prenez garde!

  • coco dit :

    Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, aticle 35 :

    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

    Mes camarades, le temps est à la désobeissance et à l’insurrection pour nous liberer.
    Vive la Révolution, Vive la France

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