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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

RSA: les incitations financières toujours pas décisives O commentaire

dgtpeL’existence de minima sociaux a souvent suscité des interrogations sur le fait qu’ils puissent créer des « trappes à inactivité », c’est-à-dire des situations dans lesquelles les individus ne sont pas incités à sortir de l’inactivité. On cherche dans cette étude, à partir d’une enquête de 2006 auprès de 6 800 allocataires du RMI, de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et de l’allocation de parent isolé (API) à analyser l’influence des incitations financières sur le comportement de retour à l’emploi des bénéficiaires de minima sociaux. La première partie rappelle la problématique des trappes et les dispositifs mis en place afin de pallier ce risque. La deuxième partie se concentre sur la connaissance par les bénéficiaires de minima sociaux de l’intéressement et des mécanismes d’incitations financières et sur l’influence de cette connaissance sur leur comportement. La troisième partie examine les déterminants des comportements de recherche et de reprise d’emploi des bénéficiaires en analysant successivement les motivations de ceux qui ne cherchent pas d’emploi, les obstacles rencontrés par ceux qui cherchent, et la situation financière de ceux qui ont repris un emploi.

Les principales conclusions auxquelles cette étude aboutit sont que les mécanismes d’intéressement à la reprise d’emploi, conçus comme un remède aux trappes à inactivité, sont peu connus, ce qui peut limiter leur effet sur la recherche d’emploi des allocataires de minima sociaux.

Les déclarations des allocataires tendent en outre à relativiser le rôle des « trappes à inactivité » : les raisons financières ne sont que très rarement citées comme un frein à la recherche d’emploi et la faiblesse des gains à l’emploi n’empêche pas dans la pratique l’occupation d’un emploi faiblement rémunéré. Les personnes qui ne cherchent pas d’emploi expliquent cela davantage par d’autres difficultés telles que des contraintes familiales ou des problèmes de santé. Ces conclusions rejoignent celles d’une étude publiée par la DREES et la DARES à partir d’une enquête menée en 2007 auprès des personnes potentiellement bénéficiaires de la prime pour l’emploi.

Si ces résultats conduisent à relativiser le rôle des incitations financières, et montrent, s’il était nécessaire, qu’elles ne sauraient être suffisantes pour le retour à l’emploi de tous les bénéficiaires de minima, deux éléments doivent être rappelés :
– certains des obstacles non financiers au retour à l’emploi peuvent également revêtir de fait une dimension financière (garde d’enfants, transports, santé) ;
– l’efficacité des incitations financières ne peut être jugée sur la seule base des réponses des personnes qui n’ont pas retrouvé d’emploi, parmi lesquelles sont surreprésentées les personnes confrontées à des obstacles de nature différente.
Lire l’étude, L’influence des incitations financières sur le retour à l’emploi des bénéficiaires de minima sociaux, par T. Deroyon et alii, DGTPE, Paris, Documents de travail de la DGTPE, n° 2009/10, 34 pages.

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Publié dans : Salaires

le 7/09/2009, par Elsa Fayner

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