Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Rien de personnel O commentaire

riendepersoRien de personnel, le 16 septembre au cinéma: les horaires, les salles.

La société Muller organise une réception à l’occasion du lancement d’un nouveau produit. Au cours de la soirée, on découvre qu’il s’agit en réalité d’un exercice de coaching pour les cadres de l’entreprise.
Peu à peu, les rumeurs sur le rachat prochain de la société se vérifient et chacun se retrouve à tenter de sauver sa place.

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Extraits de l’interview du réalisateur, Mathias Gokalp, publiée dans le dossier de presse:

La maladie du travail abordée dans le film est-elle un «mal français» ?
Travailler est une vraie souffrance. On ne le dit pas assez. Les gens le vivent en silence, tous les jours, c’est d’une très grande violence. Il ne faut pas confondre le travail qu’on fait pour gagner sa vie, et celui qu’on fait par plaisir, pour laisser une trace de soi et de son existence. Ça devrait être une seule et même chose, mais en Occident, pas seulement en France, les gens ont rarement le choix. Vous êtes-vous documenté sur la question ? Nous nous sommes appuyés sur quelques textes, «La misère du monde» de Pierre Bourdieu, «Les carnets d’un inspecteur du travail» de Gérard Filoche. Sur des films aussi, LA VOIX DE SON MAÎTRE de Nicolas Philibert et Gérard Mordillat. Et puis j’ai rencontré des représentants syndicaux qui avaient traversé des périodes de crise dans leur entreprise, aussi bien que des consultants chargés de restructurations «musclées»… Je leur ai fait lire le scénario en cours de route. Le film est plus réaliste qu’il n’en a l’air. Parmi les spectateurs «test» à qui j’ai montré le film en cours de montage, les plus réceptifs sont des salariés de grandes entreprises, qui identifient tout très vite et très facilement, et que le film fait rire.

Quelle serait la solution pour que chaque salarié ait accès au «bonheur» dans le travail ?
On vit dans une société qui pousse les gens à travailler plus, en leur promettant plus de biens de consommation. Mais on n’a pas besoin de plus. On est dans l’hyperproduction, dans la volonté de croissance, de bénéfices. Or, fondamentalement, le sens humain est ailleurs

RIEN DE PERSONNEL est-il un film politiquement et socialement engagé ?
Je ne crois pas tellement à la capacité de changer le monde qu’aurait le cinéma. J’essaie de décrire ce que je vois objectivement, et je pense que lorsqu’on essaie d’être objectif sur certaines questions sociales, on finit par prendre parti malgré soi. Quand on demandait à Suso Secchi D’Amico, la scénariste italienne, d’expliquer comment un grand aristocrate comme Visconti pouvait faire des films aussi engagés, elle répondait qu’il essayait simplement de faire des films vrais, de dire la vérité des choses. Éventuellement, c’est peut-être là que se situe le militantisme et l’idéologie : j’essaie de proposer une image du monde différente de celle que proposent massivement de nombreux films commerciaux. L’idéal, ce serait d’être aussi militant et aussi distrayant qu’un dessin animé des studios Disney, par exemple.

Ce film est-il un cri d’alarme et une mise en garde adressés autant aux salariés qu’aux chefs d’entreprise ?
Encore une fois, je ne crois pas que ce soit mon rôle. Au mieux, j’aimerais que ma façon de filmer ou de raconter des faits assez simples leur fasse perdre leur caractère d’évidence. Rien ne me déprime plus que le fatalisme du «c’est comme ça», «ça a toujours été comme ça», et l’aveuglement qui s’ensuit.

Le réalisateur:

Né en 1973. Mathias Gokalp suit des études de lettres modernes à Paris et de réalisation en Belgique (INSAS). Parallèlement à ses activités de formateur et d’animateur d’ateliers pédagogiques sur le cinéma, il réalise des émissions pour la télévision. Il est l’auteur de documentaires et de plusieurs courts-métrages de fiction, dont MI- TEMPS, nominé aux European Film Awards en 2002, et LE DROIT CHEMIN, Prix SACD à la Quinzaine des Réalisateurs en 2004. RIEN DE PERSONNEL est son premier long métrage.

Rien de personnel, le 16 septembre au cinéma: les horaires, les salles.

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Publié dans : À l'usine | Culture

le 15/09/2009, par Elsa Fayner

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