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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Les nouvelles formes d’organisation du travail en Europe 1 commentaire

Avec le développement de nouvelles pratiques organisationnelles considérées comme plus performantes, le travail a connu des changements importants depuis une vingtaine d’années dans les pays de l’Union européenne. En ce début de millénaire, la troisième enquête européenne sur les conditions de travail permet de faire le point sur les formes d’organisation du travail dans les pays membres, telles que les perçoivent les salariés.

La mise en évidence de quatre formes d’organisation du travail contrastées- apprenantes, au plus juste, tayloriennes et de structure simple – ne confirme pas la thèse de la diffusion d’un nouveau modèle organisationnel dominant qui viendrait supplanter le modèle taylorien.

– la classe des organisations du travail apprenantes regroupe 39% des salariés de la population étudiée. Ceux-ci disposent d’une forte autonomie dans le travail, autocontrôlent la qualité de leur travail et rencontrent fréquemment des situations d’apprentissage et de résolution de problèmes imprévus. Ils sont relativement nombreux à travailler en équipe. Ils exercent le plus souvent des tâches complexes, non monotones et non répétitives et subissent peu de contraintes de rythme.

– La classe des organisations du travail au plus juste (28 % des salariés) présente une forte diffusion du travail en équipe, de la rotation des tâches et de la gestion de la qualité (autocontrôle de la qualité et respect de normes de qualité précises). Elle combine travail en groupe, polyvalence, qualité totale et flux tendus. Simultanément, les salariés se voient imposer des contraintes de rythme particulièrement lourdes et exécutent des tâches souvent répétitives et monotones. L’autonomie est une « autonomie contrôlée » que les employeurs suscitent pour concilier contrôle managérial et mobilisation de l’initiative et de la créativité des salariés.

– Au sein des organisations du travail tayloriennes (14 % des salariés), les individus sont soumis à d’importantes contraintes de rythme, effectuent des tâches répétitives et monotones et sont astreints à des normes de qualité précises. Mais, contrairement à la classe précédente, leur travail présente une faible autonomie, un faible contenu cognitif et l’autocontrôle de la qualité y est peu répandu.

Dans les organisations du travail de structure simple (19 % des salariés), le travail est peu contraint dans ses rythmes et peu répétitif, mais relativement monotone et à faible contenu cognitif. Cette classe est définie par une faible formalisation des procédures et un mode de contrôle par supervision directe. Le travail en équipe, la rotation des tâches et la gestion de la qualité y sont peu diffusés.

Le déploiement de ces formes d’organisation dans les pays de l’Union présente de fortes disparités qui tiennent en partie à la diversité des structures sectorielles et socioprofessionnelles des emplois, mais qui semblent aussi relever, entre autres facteurs, de la spécificité des contextes institutionnels nationaux

LORENZ, Edward, VALEYRE, Antoine, Les nouvelles formes d’organisation du travail en Europe, Connaissance de l’emploi, Paris, mars 2005, n°13: Télécharger le document.

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Publié dans : Organisations du travail

le 8/03/2011, par Elsa Fayner

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