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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Procès AZF: Total, ou l’art de brouiller les pistes 1 commentaire

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Les audiences du procès AZF ont pris fin le 28 juin. Le tribunal correctionnel rend son jugement le 19 novembre prochain. J’avais assisté pour le magazine Santé & Travail à l’ouverture du procès. J’ai suivi ensuite son déroulement, pour constater, au fil des quatre mois d’audience, que les avocats du groupe Total s’employaient à détruire une à une les hypothèses de l’accusation et des victimes de la catastrophe. Sans fournir pour autant de scénario plausible. Voici l’article, publié sur le site web de Santé & Travail, pour mieux comprendre cette étonnante stratégie de la défense.

(…) Pour rappel, les résultats des six ans d’instruction s’orientent vers l’hypothèse accidentelle : deux produits incompatibles, dont un explosif, seraient entrés en contact dans le bâtiment 221, où a eu lieu l’explosion. Les produits chlorés, qui servent à la désinfection des piscines, n’auraient jamais dû croiser les nitrates fabriqués à l’autre bout de l’usine, qui entrent dans la composition des engrais. Un employé de la sous-traitance aurait involontairement effectué la manipulation fatale.

C’est la thèse de l’accusation. Une thèse contestée par les prévenus : la société Grande Paroisse, propriétaire de l’usine AZF, son ex-directeur Serge Biechlin, la société Total, qui est la maison mère, et son ancien PDG Thierry Desmarest.

Un stratégie surprenante

(…) « La défense a entrepris de démonter une par une les certitudes établies par les experts judiciaires, systématiquement, résume Me Sylvie Topaloff, qui a défendu au procès la confédération CGT, sa Fédération des industries chimiques ainsi que des victimes. Les experts avaient prouvé qu’une seule explosion avait eu lieu ? La défense a fait venir un expert international pour établir le contraire. Le lendemain, le tribunal étudiait le rapport des experts établissant un autre point ? La défense le démontait également. » Et peu importe que cela soit en contradiction avec le fait qu’il y ait eu deux explosions, par exemple.

Le collège des experts « n’émet pas son avis en concertation, note Me Alain Levy, avocat d’une trentaine de parties civiles. Total, sur un point bien précis, fait témoigner un expert bien précis, lui communiquant seulement les éléments qu’il décide de lui communiquer. Ainsi, l’expert répond dans ce cadre, sur des bribes du dossier. Et l’expert suivant répond sur son point à lui, sans vision globale des faits. »

La défense a démoli chaque possibilité, sans chercher à fournir d’explication cohérente. « Elle se contente de dire qu’elle ne sait pas ce qui s’est passé, constate Me Topaloff. Ca lui donne beaucoup de force. » C’est effectivement un droit dont la défense dispose. (…)

Les témoins se rétractent

Si le but était de semer la zizanie, en tout cas, c’est réussi. A quel expert se vouer ? Telle est devenue la question. D’autant plus que les témoins, auditionnés après les faits, se sont mis à tempérer leurs propos. « Pour que le mélange des deux produits incompatibles ait explosé, il faut que le bâtiment 221 ait été humide, rappelle par exemple Me Topaloff. Dans les premiers temps des investigations de la police, la quasi-totalité des ouvriers entendus disaient que l’endroit était humide, parce qu’exposé plein est. Or, au procès, ils sont venus dire le contraire… »

Lire la suite de l’article en ligne sur le site de Santé & Travail.

Pour aller plus loin

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Publié dans : À l'usine | Intérim | Total

le 19/11/2009, par Elsa Fayner

1 commentaire

  • Anonyme dit :

    Nouveau procès AZF, novembre 2011

    Nouveauté: Total fait entrer ses barbouzes dans l’enceinte du tribunal. Pendant les audiences, la garde privée de Total sillonne les travée observe, oreillettes et micro à la boutonnière, toutes les personnes. qui va au wc, qui va au savim, qui va parler à son avocat, qui parle avec qui, rien ne leur échappe. nous sommes observés en permanence. ils maintiennent une pression inacceptable dans un prétoire. avec un huissier, ses assistants, pléthore de policiers, de gendarmes, du service d’ordre mis en place par le tribunal, viennent s’ajouter 6 ou 7 éléments de la police privé.
    Voilà la réalité du procès.

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