Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Pour se concentrer au bureau, il faut avoir bien chaud O commentaire

Premier jour de boulot après les fêtes. Dans les Vosges, il fait entre 1 et 3°C dehors. Elsa est apprentie en tapisserie d’ameublement « dans une assez grande boîte », qui « fait du luxe avec les grands ». L’atelier relève pourtant d’un autre standing :

« De grandes baies vitrées non isolées avec des trous dedans et une vieille chaudière qui souffle de l’air chaud toutes les quinze minutes – et c’est à peine si on le sent –, c’est tout ce qu’on a. »

Il fait 13°C dans la pièce. Le bois est rationné, pour des raisons d’économie, déplore l’apprentie.

La jeune femme a contacté Rue89 par e-mail, pour demander s’il y avait une température minimale à respecter dans un espace de travail. Au-delà, son interrogation nous a donné une idée : existe-t-il une température idéale pour travailler dans un atelier, ou un bureau, bref à l’intérieur ?

Température de confort entre 19 et 25°C

Le Code du travail impose à l’employeur de chauffer les locaux de travail fermés pendant la saison froide de façon à maintenir une « température convenable ».

En outre, l’employeur doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la protection des salariés contre le froid et les intempéries, après avis du médecin du travail et du CHSCT ou, à défaut, des délégués du personnel.

Cette « température de confort », comme l’appellent les chercheurs, est évidemment très personnelle et dépend de l’activité, mais les études et les observations de terrain permettent de déterminer quelques « normes », précise Jean-Pierre Meyer, chargé d’études à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) :

« On situe la température de confort entre 19 et 25°C, si on a une activité physique limitée. Le corps ne souffre alors pas objectivement de la température, il n’y a pas de travail physiologique spécifique. »

Plus précisément, poursuit le médecin-chercheur, la température de confort se situe :

  • autour de 19°C dès que les salariés bougent un peu ;
  • plutôt à 23-24°C dans les moments où les salariés exercent un « travail mental » sans se déplacer.

« Le corps se met en pause »

En deçà et au-delà, le travail risque d’en pâtir. Dans son atelier de tapisserie, Elsa observe les dégâts :

« Le froid entraîne de la fatigue, le corps se met simplement en pause lorsque la température tombe entre 15 et 16°C. A 13°C, on a déjà le bout du nez gelé et les doigts très fragiles parce qu’on a des problèmes de circulation sanguine et d’articulations. »

Alors, dans l’atelier, les salariés mettent du carton ou de la ouate sous leurs pieds quand ils travaillent au même poste. Difficile de se concentrer, de rester vigilant, de réfléchir.

Pour un travail mental : entre 22 et 26°C

Quelles sont les températures optimales pour de telles tâches mentales ? Les entreprises y réfléchissent peu pour l’instant. L’armée américaine s’intéresse, elle, de près à la question, raconte Jean-Pierre Meyer, qui collectionne les articles scientifiques relatant ces expérimentations.

Concrètement, l’US Army a fait varier la température d’une pièce dans laquelle œuvraient des contrôleurs aériens.

Lire la suite de l’article d’Elsa Fayner sur Rue89

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Publié dans : Actualité | Conditions de travail

le 19/03/2013, par Elsa Fayner

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