Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Portrait de Marina, Le stress des cadres 2 1 commentaire

franceinterC’est le thème de l’émission « Nous autres », de Zoé Varier, du vendredi 20 février 2009 sur France Inter (20h05 à 20h58).

Ils sont jeunes diplômés, plutôt bien payés, on dit qu’ils sont les enfants gâtés de l’entreprise, ils travaillent dans la pub, le conseil, l’audit, l’informatique ou la communication.

Ils sont cadres, ils sont l’élite de la nation et ils pètent les plombs. Démission, dépression, reconversion, être cadre ce n’est plus la belle vie et ils le disent au risque de passer pour des loosers, quelle horreur, ou des révolutionnaires pire encore. Dans l’univers de l’open space, on n’aime pas les grincheux, on veut des impliqués pas des compliqués, c’est ça la positive attitude.

Bienvenus dans l’univers merveilleux de l’open space! C’est cool, convivial, ici tout le monde est heureux! Personne ne compte ses heures, toujours dispo, toujours partant, chacun travaille à son propre épanouissement, le jour, la nuit, le week-end. Et c’est ça être gagnant. Dans l’open space, la réussite est à la portée de tous, il suffit de vouloir pour pouvoir. Et tant pis pour les autres, de toute façon c’est leur faute, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux mêmes!

Marina, elle était la reine de l’open space. Un modèle de réussite. Performante, flexible, autonome, engagée, efficace. Marina était conforme aux exigences du discours managerial. Une vraie success story. Elle rapportait beaucoup d’argent, les patrons étaient contents, les grands jours c’était champagne dans l’open space! Marina était ravie, flattée, débordée, surbookée, enthousiaste, le nez dans ses projets, en retard tous les soirs, mais heureuse.

Marina était la cadre parfaite, rêvée. Promue, elle s’investit de plus en plus, elle travaille sans compter, elle ne fait plus que travailler, plus d’horaires, plus de vie privée. Marina n’a pas vu le danger. Prise au piège, addict un jour, son corps a lâché.

Bienvenus dans l’univers impitoyable du néo-management.

Écoutez l’émission

Cette émission est disponible en écoute à la carte pendant 120 jours

Les émissions précédentes:

LireLire
Be Sociable, Share!

Publié dans : Au bureau | Néo-management

le 20/02/2009, par Elsa Fayner

1 commentaire

  • Fitch Zardû dit :

    Je suis ravi de voir que ce genre de sujet et que l’on donne une place à ce genre de sujet.

    Je confirme qu’être cadre aujourd’hui, ce n’est pas cool. J’ai vécu 15 années d’expériences diverses dans de petites structures dépourvues de représentations syndicales, à savoir des TPE ou PME de moins de 20 personnes.
    A les fréquenter, on se rend compte que le servage n’est pas aboli, au contraire, il perdure dans ces petites entreprises au sein desquelles le patron règne en seigneur, décidant de votre sort à son bon vouloir. Et comme il s’agit d’une zone de non droit, vous n’avez qu’à obtempérer car si vous la ramenez, c’est la porte.

    En réaction au climat malsain qui règne dans ces petites boites et dans les entreprises en général, j’ai fondé le groupe de punk métal Zybillin Spräch qui à travers son style, le SWOTCORE, dénonce tous les travers de la confusion entretenue entre le pseudo intérêt général et l’intérêt particulier.

    Si vous doutez des fondements de ma démarche, jetez-donc une oreille à la chanson « Participation aux bénéfices du doute » issue de l’album Rien à se mettre sous l’âme ? et je vous mets au défi de me dire que ce que j’y décris est fictif. La conditions des salariés aujourd’hui en France laisse à penser que nous sommes plus que jamais revenus aux fondements étymologiques du mot travail qui est issu du « tripalium », un instrument de torture.

Poster un commentaire

Parité et conseils d’administration

Île-de-France : des inégalités de revenus centralisées

Ce site est hébergé par Art is code et propulsé par Wordpress.

Témoignez !

Votre travail vous interpelle, vous choque, vous l’avez vu évoluer et vous souhaitez le raconter, écrivez-moi, votre récit sera peut-être publié.