Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Parfois, je pourrais ne rien faire de la journée, personne ne le verrait » O commentaire

La taille compte-t-elle, en matière de conditions de travail ? Vaut-il mieux travailler dans une grande entreprise, une entreprise de taille intermédiaire ou une PME ? Notre enquête débute dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI), ces structures à taille encore humaine mais engagées dans la compétition mondiale, qui comptent plus de 250 salariés. Témoignages.

Marie, comptable, dans une entreprise de construction de terrains de sport. Les effectifs et le chiffre d’affaires de l’entreprise doublent tous les cinq ans, dans une région en mal d’emplois.

J’ai travaillé trois ans dans une société qui a été rachetée par des banques. Nous n’étions plus que des numéros, c’était pas du tout le même état d’esprit. Ici, quand on doit s’absenter pour les enfants, ça nous est rarement refusé. C’est humain, familial, et il faut que cela le reste.

D’ailleurs, nous sommes assez autonomes. Du moment que le travail est fait, on ne nous flique pas. Pas de pression, pas d’objectifs. Tant que l’entreprise gagne de l’argent, ça lui va.

Le hic, du coup, c’est le flou dans lequel nous évoluons. Je n’ai pas eu de définition de poste, de périmètre, sur quelles sociétés du groupe je dois intervenir ou pas. Ma fiche de poste, c’est moi qui l’ai rédigée. Et elle n’est pas appliquée. C’est un défaut de management. Il manque de lignes directrices pour les postes, de support de la part du groupe. Résultat : je fais surtout ce qui m’intéresse. Si je n’ai pas envie de travailler sur tel chantier, je peux ne pas le faire. Parfois, je pourrais ne rien faire de la journée, personne ne le verrait. Ce n’est pas très valorisant. Et, comme on ne sait pas exactement qui fait quoi et ce qu’on doit faire, on empiète parfois sur le poste du voisin sans le vouloir, ce qui crée des tensions.

D’ailleurs, quand un projet est mis en place, nous ne sommes pas prévenus, nous apprenons les informations par bribes. À nous de recoller les morceaux. Il faudrait des réunions pour nous expliquer ce qui se passe, par exemple quand on change le système informatique. Des réunions de service aussi seraient utiles. Dans le nôtre, il n’y en a pas. Ca manque. Pour faire le point sur notre travail.

Et puis, c’est difficile de savoir aussi ce que pensent les supérieurs de notre travail. Nous-mêmes, dans les fonctions support, nous avons du mal à nous évaluer, car nous ne dégageons aucune valeur ajoutée. On se sent moins utiles, moins valorisés que les commerciaux qui, eux fabriquent. Pourtant, nous sommes nécessaire. Mais je n’ai pas l’impression que les gens autour de nous le pensent. La hiérarchie ne sait pas ce que nous faisons aux fonctions support, ni la quantité de travail investie. Et puis, je n’ai pas de perspectives d’évolution.

Il est question d’instaurer des entretiens individuels dans l’entreprise. C’est une bonne chose, car on a besoin de savoir si son travail va ou non. Or, ici, on sait plus facilement dire quand ça ne va pas.

Propos recueillis par Elsa Fayner

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Publié dans : Témoignages

le 14/03/2011, par Elsa Fayner

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