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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Orientation après le bac : quand le lycée fait la différence O commentaire

cereqPour se projeter dans des études longues ou dans des filières sélectives, la réussite scolaire est nécessaire mais pas toujours suffisante. Selon leur genre ou leur origine sociale, des élèves ayant les mêmes résultats scolaires n’affichent pas les mêmes préférences. À ces facteurs individuels s’ajoutent des effets de contexte : les aspirations des lycéens sont sensibles au type de lycée dans lequel ils préparent le bac.

Lycée de centre ville ou de quartier populaire, tous les établissements ne présentent pas la même composition sociale. La ségrégation sociale se cumule dans certains cas à une inégale répartition de l’offre scolaire. En effet, les classes préparatoires aux grandes écoles sont plus fréquentes dans les établissements de type « favorisé ». La présence de classes préparatoires attire les élèves les plus privilégiés socialement et renforce le caractère favorisé de l’établissement.

À caractéristiques scolaires et sociales données, un élève scolarisé dans un lycée favorisé envisagera des études plus longues que s’il effectue sa scolarité dans un lycée défavorisé. Le contexte de scolarisation a un effet qui semble aussi important que celui de l’origine sociale. Il peut aggraver le désavantage lié à des origines modestes comme il peut l’annuler.
L’influence de l’établissement ne s’arrête pas au nombre d’années d’études envisagées. À caractéristiques sociales et scolaires données, un élève d’un établissement de type favorisé souhaitera moins fréquemment s’orienter vers un BTS ou un DUT, qu’un élève d’un établissement de type défavorisé. Inversement, le choix de s’orienter vers une classe préparatoire y est toujours plus fréquent. Ainsi, les élèves des lycées favorisés ont près de 30 % de chances de plus de s’orienter vers une classe préparatoire que leurs homologues de lycées défavorisés. Le chiffre atteint 80 % quand le lycée fréquenté héberge une classe préparatoire. Pour cette orientation, l’effet du caractère favorisé de l’établissement et la présence d’une classe préparatoire se cumulent.

L’« effet établissement » peut ainsi brider les élèves les moins favorisés. Les résultats  de cette étude invitent à considérer que pour réduire les inégalités d’orientation, la composition sociale des établissements et le rééquilibrage des offres de formation supérieure dans tous les territoires ne sont pas à négliger. Même si les perspectives d’études relèvent de choix, de préférences et d’histoires individuelles, elles restent marquées par des différences inhérentes à l’organisation du système éducatif sur lesquelles l’action publique peut intervenir.

Lire le Bref n°271, Orientation après le bac : quand le lycée fait la différence, de Nadia Nakhili (Laboratoire des Sciences de l’Éducation, Université de Grenoble)

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Publié dans : Actualité | Insertion professionnelle

le 13/05/2010, par Elsa Fayner

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