Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Réduire le nombre de fonctionnaires permet de faire des économies: info ou intox? 4 commentaires

« Les services à la personne vont créer 500 000 emplois », « La France est gagnante dans la mondialisation », « Il faut des stock-options pour tous », « Privatisée, l’entreprise se développera », etc. Les journalistes économiques Hervé Nathan (Marianne, ex-Libé) et Nicolas Prissette (JDD) se sont permis de douter dans Les bobards économiques. Nous présentons leurs conclusions et nous poursuivrons cette entreprise de doute. A vos claviers, si vous voulez participer (émettre des doutes, poser des questions, participer aux réponses). Bobard n°5 – « Réduire le nombre de fonctionnaires permet de faire des économies »

Réclamée par tous les rapports de la Cour des comptes, la réforme de l’Etat doit lui permettre de réaliser de grandes économies.

Pour preuve: l’Hexagone est, avec la Suède, selon les chiffres d’Eurostat et de l’OCDE, le champion du monde des dépenses publiques: plus de 53% du PIB, contre 44% au Royaume-Uni et 36% aux Etats-Unis. A ceci près, font remarquer Hervé Nathan et Nicolas Prisette, que la statistique en question intègre chez nous bien des services collectifs, comme la Sécurité sociale obligatoire (retraite, médecins, hôpitaux, etc).

Supprimer des fonctionnaires

Le poste de dépense le plus important est celui du traitement des fonctionnaires. Ils sont 2 millions. D’où l’idée de supprimer des postes et de fusionner des directions, comme dans les grandes entreprises.

En 2002, la droite a promis de ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux. Une économie d’autant? Pas vraiment: l’Etat consacre toujours de l’argent aux fonctionnaires pour payer leurs retraites.

Pourtant, l’Etat s’en tient à son slogan. Aux impôts, le « un sur deux » est la règle depuis des années. On remplace les fonctionnaires par des ordinateurs: les Français déclarent et paient leurs impôts en ligne désormais. Sauf que le budget de l’administration ne baisse pas. La réduction des effectifs ne fait que freiner l’augmentation des dépenses. Car les fonctionnaires sont moins nombreux mais gagnent plus. Sans compter les coûts des multiples changements de systèmes informatiques.

Tout en augmentant les fonctionnaires

Au final, en 2009, quasiment un poste sur deux départs à la retraite est supprimé. Mais Nicolas Sarkozy, bien conscient que la fonction publique est une poudrière sociale, a décidé que 50% des économies seraient redistribuées aux agents sous forme de primes et d’avancements.

D’autres leviers ne pourraient-ils pas être actionner pour permettre des économies à l’Etat? En 2008, Bercy avait demandé un recensement complet des biens immobiliers appartenant aux 665 établissements publics. Seuls 200 ont répondu au questionnaire, révèlent les deux journalistes.

Elsa Fayner

Pour démonter les bobards

D’autres bobards demeurent

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Publié dans : À la une | Actualité | Bobards

le 30/05/2011, par Elsa Fayner

4 commentaires

  • Bonjour Elsa,

    Merci de cette série d’articles sur les bobards.
    En ces temps complexes, il est toujours intéressant d’avoir des spécialistes qui décortiquent les idées reçues.
    Au plaisir de vous lire encore sur des sujets communs (Radio France a lancé une grande enquête sur le travail).

    A très bientôt!

  • Anais dit :

    Quand on dit de « ne pas remplacer 1 fonctionnaire sur 2 qui part a la retraite » , ce qu’on sous entend c’est que les fonctionnaires coutent cher a l’état.
    Ce qu’on ne dit pas, c’est combien a couté le sauvetage des banques pendant la crise.
    On va vers un état de plus en plus faible face au pouvoir des marchés.
    Supprimer 1 prof sur 2 qui part a la retraite, cest dramatique.
    Aujourd’hui plus que jamais, il faut miser sur l’education ( pour tous !).
    Je pense egalement que des economies pourraient être faites ailleurs en priorité.

  • bac dit :

    extrait d’un entretien Michel Sapin /Mediapart 01/03/10
    Sapin (PS): «Rétablir les 100.000 postes de fonctionnaires supprimés serait irresponsable»


    • Secrétaire national du PS chargé de l’économie, député de l’Indre, Michel Sapin a été ministre de l’économie et des finances de Pierre Bérégovoy (1992-1993), ministre de la fonction publique et de la réforme de l’Etat de Lionel Jospin (2000-2002).

    © DR
    En 2007, vous disiez que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite était «brutal, aveugle, uniforme et dangereux». Est-ce toujours votre avis?
    Oui, et j’ajouterais imbécile. C’est d’ailleurs pour ça que le gouvernement l’a retenu. Pour lui, seul un principe aveugle peut apparaître suffisamment volontariste. Pourtant, pas une entreprise privée en France ne fonctionne avec des critères de cette nature. C’est une gestion ni raisonnable, ni intelligente. Du sarkozysme pur: l’essentiel, c’est dire que l’on fait. Et pour le prouver, il faut des chiffres simples, des phrases simplistes. Le gouvernement parle des fonctionnaires comme s’ils étaient tous de vieux monsieurs tristes au costume râpé, occupés à tailler des crayons dans un fond de bureau. Ce n’est pas la réalité.
    La majorité des fonctionnaires assurent des services aux personnes. Ce sont les infirmières, les policiers, les profs. Bien sûr que les effectifs doivent évoluer, secteur par secteur, métier par métier, à la hausse ou à la baisse. Que l’on profite des départs à la retraite pour gérer en douceur les effectifs, c’est pertinent. Mais le “1 sur 2” est bête parce qu’il frappe indifféremment les secteurs où il faudrait moins de postes, et ceux on l’on aurait besoin de les augmenter. Le cas le plus emblématique, parce que le plus contradictoire vis-à-vis des engagements de Nicolas Sarkozy, c’est la police, où des postes sont supprimés.

  • ah bon ? dit :

    grace à votre article, je viens d’apprendre pour résumé briévement que

    * Nicolas Sarkozy a décidé de redistribuer l’économie des départs en retraitre aux agents sous forme de primes et d’avancements aux fonctionnaires.

    et que * les fonctionnaires moins nombreux gagnent plus.

    Je travaille dans un hopital, et je n’ai pas la même vision.

    En effet, depuis le passage aux 35h00 nous sommes moins nombreux pour acceuillir toujours plus de patients ( les soins privés coûtent chers ).

    mon salaire a été gelée.
    Je gagne l’équivalent le smic en salaire brut et c’est parce que, je travaille les week-ends (3 sur 4)et les nuits que j’arrive péniblement à 1500euros les bons mois.
    A côté de cela je dois déduire comme tout à chacun, la garde de mes enfants de nuits, l’essence…. ce qui me revient pour être honnête à dire ‘comme disait Coluche’ ce n’est pas les fins de mois les plus difficiles se sont les 30 premiers jours.

    Ce qui est sur, c’est que j’ai vu des avancement fleurir, des responsables et des responsables des responsables, ou des responsables pour surveiller le travail des responsables des responsables. Bref bientôt il y aura bien plus de responsables en nombre ‘des technocrates, des postes tranquilles voir peut être fictifs ,’ pour se surveiller entre eux avec bien sûr un salaire de cadre…que d’infirmières ou d’aides soignantes pour acceuillir le public.

    alors il faut arrêter de véhiculer ce stéréotypes des fonctionnaires pleins aux as et dont leur place est protégé du chomage (peut être les hauts fonctionnairs ?).
    Je vous renvoie à votre article des statistiques des suicides chez les fonctionnaires…
    ma conclusion est la suivante, comme tous, j’ai besoin de payer mes factures et pour cela de travailler, même péniblement… ET DEUXIEMENT , je vais faire de la politique, cela rapporte plus /

    cordialement

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