Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Mon seul regret, c’est de ne pas avoir fait de Grande Ecole » O commentaire

Photo: François-Xavier Seren

Photo: François-Xavier Seren

Chaque lundi, le photographe François-Xavier Seren publie sur Et voilà le travail un portrait de travailleur, rencontré durant la semaine. Chaque témoin répond à trois questions sur son rapport au travail. François-Xavier Seren mène ce projet documentaire dans le cadre d’un livre, à paraître en 2011.

Jean-Marc Cheminat, 57 ans, informaticien au chômage

Que représente pour vous le travail ?

Je ne peux pas vivre sans travail. Ca me permet de m’épanouir, de grandir, d’approfondir mes connaissances. Pour moi, ce n’est pas une charge, c’est un plaisir. Le salaire ne m’intéresse pas, ce qui compte c’est ce que le travail m’apporte humainement, les rencontres qu’il me permet de faire.
Mon seul regret, c’est de ne pas avoir fait de Grande Ecole. Un diplôme prestigieux m’aurait sans doute mieux protégé. En 1987, lorsque je travaillais chez France Telecom, j’ai créé un système de surperviseur de réseau, et je ne sais pas pourquoi, peut-être par jalousie ou par peur que je le remplace, mon chef m’a cassé, démonté, humilié. Je savais qu’il était incompétent pour le poste qu’il occupait, mais il avait fait une Grande Ecole et il avait été embauché par copinage.

Avez-vous choisi votre travail?

Oui, cependant j’aurais voulu continuer les mathématiques, faire Maths Sup. Mais mes parents ne pouvaient pas suivre financièrement.
J’ai réalisé de beaux projets et j’en suis fier. Pour Thomson par exemple, j’ai créé une chaîne de contrôles de qualité sur des composants électroniques à usage militaire.
Maintenant, et depuis 10 ans, je suis au chômage sans aucune indemnité. J’effectue des petites missions notamment comme formateur Weblogic Oracle pour des banques. Ces missions sont trop rares pour que je m’en sorte. C’est pour ça que je vis au jour le jour en dormant à l’hôtel sans savoir si je pourrai y être le lendemain. Je suis trop vieux pour les entreprises alors que j’ai envie de faire tellement de choses.

Combien de temps y consacrez-vous ?

Le travail me prenait tout mon temps. C’était une passion. Même à la maison je continuais à travailler et, comme je suis célibataire, ça ne posait pas de problème.

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Publié dans : Témoignages

le 29/11/2010, par Elsa Fayner

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