Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Me voir devenir auto-entrepreneur a mené mes patrons à l’orgasme » 6 commentaires

Illustration Claire Laffargue - http://laffargue.illu.free.fr

Illustration Claire Laffargue - www.clairelaffargue.fr

Loïc, 39 ans, est scénariste de bande dessinée. Il est devenu auto-entrepreneur avec la crise et ses employeurs s’en réjouissent.

Le métier de scénariste n’est pas très lucratif. Les avances sur droit sont de plus en plus faibles. Pour continuer, il faut trouver un revenu complémentaire. Ce que je fais : mes ouvrages et mes connaissances m’autorisent à réaliser des interventions scolaires et des formations (iufm, bibliothèque etc).

Changer de système

Jusqu’à récemment, le statut Agessa me convenait. Il autorise des revenus secondaires, plafonnés. En 2002, le plafond était de 4102 €. Or, la crise a eu pour résultat de voir se réduire encore un peu plus le montant des avances sur droit pour mes dessins. Une vraie peau de chagrin. Pour continuer à pouvoir vivre d’un métier que j’aime -la BD-, j’allais exploser le plafond autorisé des revenus complémentaires issus de la formation. La situation devenait impossible.

Exiger un contrat de travail?

Je me suis donc rendu à l’Urssaf. Là, on m’a expliqué que je devais imposer à mes employeurs de signer un contrat de travail.

Il faut savoir que mes « employeurs » sont majoritairement des collectivités (éducation nationale, mairie). Il n’est pas imaginable d’obtenir un contrat avec les collectivités locales. Elles vous le font bien comprendre…

J’ai expliqué cette situation à l’inspecteur du travail. Il m’a néanmoins répondu qu’il allait se rapprocher des collectivités pour exiger une mise en conformité sous forme de contrat de travail. Si cela n’aboutissait pas un résultat positif, il faudrait aller devant la justice.
Je me suis demandé s’il se foutait pas de moi. Pour en être certain, je lui ai posé la question. Il était très sérieux. On me demandait de lutter contre des collectivités publiques… mais également contre mes clients.

L’auto-entreprise comme planche de salut

J’ai cherché la meilleure solution pour continuer mon activité. Le statut d’auto-entrepreneur m’a semblé le meilleur. La déclaration est simple…
Je facture, on me paie. Je déclare et je paie.
Le plafond me convient parfaitement.
C’est un statut super pour compléter un revenu ou vendre des heures de travail. Mais à éviter si l’activité nécessite des achats de matériel. Ce n’est pas mon cas. Et je demande à la structure accueillante de prendre en charge mes frais logistiques. Ma facturation correspond uniquement à du savoir-faire et du faire savoir.

Au bonheur des employeurs

Mes employeurs ont enfin un numéro de Siret. Les comptables de la fonction publique sont à la limite de l’orgasme. Ils n’ont plus de déclaration Agessa à réaliser. Ils ont le sourire grand comme un paquebot.

Propos recueillis par Elsa Fayner

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Publié dans : Témoignages

le 25/07/2011, par Elsa Fayner

6 commentaires

  • GdeC dit :

    Beau travail. J’apprécie. Félicitations, Elsa. J’espère te lire encore longtemps… Et plus souvent ?

  • Anonyme dit :

    Bonjour,
    Savez-vous si l’auto-entreprenariat s’applique à la formation? Merci.

  • Thib F dit :

    Article très intéressant.

    Question : le changement de statut, de l’AGESSA à l’auto entreprise entraîne-t-elle une perte d’avantages ? Retraites ? Cotisations ? Droits d’auteur ?

  • loïc dit :

    bonjour,

    suite à mon témoignage sur ce blog, j’ai demandé au juriste du syndicat d’auteurs auquel j’appartiens s’il est possible d’être auto-entrepreneur pour une activité de formation. On m’a dit que non… puis oui…
    Quand j’ai déposé un dossier d’AE, il m’a été répondu qu’il ne passerait pas pour cette activité, et finalement il a été accepté. Cela prouve qu’il est possible d’être formateur auto-entrepeneur.
    Le juriste doit m’en dire plus dès qu’il a une explication claire.

    Pour l’opposition avec les Agessa, je pense que les Agessa sont très heureux de ne plus avoir à gérer les droits secondaires.
    Pour les droits d’auteur, je ne vois pas où est le problème.

    Pour le moment, c’est frais… mais on verra à la longue.

  • Anonyme dit :

    Les temps sont durs et je souhaite faire la même démarche, pourriez-vous, si ce n’est pas trop indiscret, m’indiquer sous quelle activité Loïc s’est déclaré auto-entrepreneur (rédacteur, dessinateur…)?

  • loïc dit :

    Bonsoir… et désolé pour le temps de réponse.

    Je viens de regarder sur ma déclaration. Il est écrit : Formation.

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