Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Louise-Michel: meurtre, sexe et lutte des classes O commentaire

Louise MichelLe 24 décembre 2008 est sorti au cinéma un drôle de film. Louise-Michel. Tout se tient dans le trait d’union. Car ce n’est qu’un hommage à l’anarchiste communarde. C’est surtout l’histoire de Louise et de Michel.

À supposer que Louise soit la femme et Michel l’homme, ce qui n’est pas évident finalement. Mais cela ne change rien à l’histoire. Louise, qui s’appelle aussi Jean-Pierre, est ouvrière dans une usine de cintres, en Picardie. Un matin, elle arrive à l’usine avec ses collègues. L’usine a été vidée, la production délocalisée. Le lendemain, les ouvrières se réunissent et mettent le peu d’argent de leurs indemnités dans un projet commun. Monter une pizzeria? Ouvrir une boutique? Louise a une idée: et si elles engageaient un tueur à gages pour faire buter le patron… Vendu.

Tuer n’est pas gagner

Le professionnel est identifié en la personne de Michel, qui vit dans un champ de mobile homes quasiment vides, en rase campagne. Il aime les armes, et jure avoir écumé les guerres à l’annonce du pactole qu’il risque de toucher s’il parvient à tuer le patron.

Et tuer, ce n’est pas si compliqué pour Michel, qui joue de ses vieilles connaissances, plus ou moins en état. L’os, en revanche, c’est de trouver la bonne victime, le bon patron, le vrai coupable. Le directeur de l’entreprise picarde aurait agi sur les ordres de son supérieur … Pour Louise et Michel, ce n’est que le début d’une longue course à remonter la pyramide hiérarchique aux quatre coins de l’Europe.

Un James Bond belge

On s’attendait à une comédie sociale, sur la vie en entreprise, le monde ouvrier, le prolétariat français face aux patrons paternalistes et aux DRH vicelard. Pas du tout. C’est du James Bond, version Gustave Kervern et Benoît Delépine, réalisateurs d’Aaltra et de Avida, complices également dans les sketches de Groland sur Canal+. Le grand capital, les paradis fiscaux, et les armes à feu. Du fric, du sang. Et un peu de sexe. Puisque finalement Michel et Louise ont brouillé leur identité de genre pour pouvoir travailler. Stade ultime de la dépersonnalisation dans la course à la survie. Façon de s’intégrer dans un monde qui n’a pas la rationalité froide d’un management théorisé, mais plutôt la sinuosité des coups tordus et des petits profits.

Yolande Moreau, formidable, incarne une Louise qu’on finit par vraiment prendre pour un Jean-Pierre. Tandis que Bouli Lanners, le cinéaste belge auteur d’Eldorado, campe un Michel incroyable, irritant et troublant. Avec Benoît Poelvoorde pour voisin, ingénieur licencié en partance pour la folie.

Les salles et les horaires pour voir « Louise-Michel ».

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Publié dans : Culture

le 21/01/2009, par Elsa Fayner

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