Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

L’insertion professionnelle des « gars du coin », jeunes ruraux d’un village ouvrier O commentaire

Nicolas Renahy est sociologue à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). Il est retourné dans le village de Bourgogne où il a grandi pour voir ce qu’étaient devenus les jeunes de sa génération. Ceux qui s’appellent entre eux « les gars du coin ». Une jeunesse populaire, rurale, ouvrière. Une jeunesse « invisible » qui représente presque 13% des 18-24 ans [PDF].

Il a mené l’enquête pendant dix ans et la raconte dans « Les Gars du coin : enquête sur une jeunesse rurale », sorti en 2010.

Les jeunes de la bande ont aujourd’hui 35 ans, voire un peu plus. Dans une campagne où le chômage est brutalement apparu dans les années 80, comment s’est construit leur rapport à l’école ? Comment se sont-ils insérés sur le marché du travail ? Que font-ils aujourd’hui ? Entretien.

Rue89 : Avec quelles perspectives les jeunes de la bande ont-ils grandi ?


Nicolas Renahy :
Jusqu’aux années 70, l’usine Ribot, spécialisée dans la fabrication de fourneaux de cuisine, employait la majorité des habitants. En 1981, l’entreprise a été fermée par le groupe industriel qui l’avait achetée. Le chômage est brutalement apparu. Un tiers de la population communale est parti. Les autres ont attendu que la situation de l’emploi local s’améliore

Ce qui ne s’est produit que lentement et de manière partielle. De nouvelles PME se sont installées, mais elles n’ont pas fourni de travail à tous. Et, pour les jeunes qui sont restés, l’expérience du chômage a été déterminante dans leur orientation scolaire.

Comment ces jeunes ont-ils abordé l’école ?

Les jeunes rencontrés gardent souvent un très bon souvenir de leurs premières années de scolarisation. De l’école primaire du village, de l’instituteur.
C’est pourtant là que les premières différenciations s’instaurent. Les enfants des fractions les plus stabilisées des milieux populaires – souvent ceux sur qui la mère reporte ses propres aspirations scolaires – essaient de s’accrocher à l’école. Tandis que des élèves qui sont chahuteurs – c’est-à-dire les enfants pour qui les activités physiques et les copains comptent plus, qui bénéficient de moins de suivi scolaire à la maison – commencent à décrocher

Mais ce n’est pas encore trop marqué. Comme les parents d’élèves sont très investis dans les écoles primaires, l’école reste un univers familier, la distinction sociale n’est pas encore trop violente.

C’est à l’arrivée au collège, dans le bourg du canton, qu’elle le devient.

Lire la suite de l’entretien réalisé par Elsa Fayner sur Rue89 Eco

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Publié dans : À la une | Actualité | Insertion professionnelle

le 27/09/2012, par Elsa Fayner

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