Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Licencier nuit aussi à la santé des entreprises O commentaire

L’article est réservé aux abonnés sur le site de Courrier International. Il reprend des extraits d’un papier paru dans Newsweek.

Il révèle des travaux édifiants qui, relativement unanimement, établissent que licencier ne paie pas. Par exemple:

Dans Responsive Restructuring, Wayne Cascio, professeur à l’université du Colorado, liste les coûts directs et indirectes des licenciements: indemnités de départ, frais de reclassement, augmentation des cotisations à l’assurance-chômage, frais d’embauche quand l’activité reprend, démoralisation et refus de la prise de risque chez les salariés restants, risques de procès, de sabotages, voire de violences sur le lieu de travail de la part des salariés mécontents en poste ou renvoyés, perte de la mémoire et du savoir de l’entreprise, perte de confiance dans l’encadrement, baisse de productivité.

La Bourse n’apprécie pas les licenciements

D’ailleurs, les sociétés annonçant des licenciements ne voient pas grimper leur cours en Bourse, ni dans l’immédiat, ni à long terme. Une étude menée sur 141 annonces de licenciements entre 1979 et 1997 a même constaté un rendement négatif des actions des entreprises concernées, les répercussions étant d’autant plus lourdes que les licenciements étaient massifs et permanents. D’autres recherches portant sur 1445 annonces de restructuration entre 1990 et 1998 ont abouti aux mêmes résultats. D’autres travaux encore, comparant 300 annonces aux Etats-Unis et 73 au Japon, ont fait état dans les deux pays d’une rentabilité négative anormale des actions après ces annonces.

Licencier ne dope pas la productivité…

Une étude portant sur plus de 140000 sociétés américaines entre 1977 et 1987 a conclu que les améliorations les plus spectaculaires de la productivité n’avaient rien à voir avec les réductions -ou les augmentations- de personnel. Peter Cappelli, de l’école de commerce Wharton, a montré à ce sujet que les coûts de main d’oeuvre par salarié diminuent certes après une restructuration, mais que le chiffre d’affaires par salarié aussi.

… ni les bénéfices

Selon une étude effectuée sur 122 société, les restructurations font baisser la rentabilité. L’American Management Association a mené une étude sur la perception des effets des plans sociaux au sein même des entreprises: la moitié d’entre elles seulement estiment que la restructuration leur a permis d’augmenter leur bénéfice d’exploitation, et une sur trois constate des retombées positives sur la productivité de ses travailleurs.

Enfin, il n’est pas rare que, à l’annonce d’un plan social, des employés prennent spontanément la porte. Principalement ceux qui sont susceptibles de retrouver facilement un poste, donc les meilleurs.

En fait, souvent, un cercle vicieux s’instaure. Une entreprise renvoie des collaborateurs. Le service au client, l’innovation et la productivité se dégradent, puisque la main d’oeuvre est moins nombreuse, et démoralisée. L’entreprise perd encore du terrain, licencie de nouveau, et le cycle se poursuit.

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Publié dans : Marché du travail

le 7/04/2010, par Elsa Fayner

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