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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog d'Emmanuel Franck, Eric Béal, Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Les trois quarts des agents «très insatisfaits» de leur gestion RH (Gazette des communes) O commentaire

En pleine concertation sur la réforme de la fonction publique, le cabinet Boston consulting group publie un sondage alarmant sur la gestion des ressources humaines de la fonction publique.

 

Le jugement est sans appel : 76 % des agents publics sont très insatisfaits de la gestion des ressources humaines (GRH) de leur employeur. C’est ce qui ressort du deuxième baromètre des ressources humaines du secteur public, publié le 29 octobre par le cabinet Boston consulting group (BCG) en partenariat avec Acteurs publics (1). Cette très forte insatisfaction des agents est en hausse de 33 points par rapport au baromètre de l’année dernière. Dans l’intervalle, le gouvernement a engagé une concertation sur son programme de réforme de la fonction publique Action publique 2022 (AP 2022).

Anticipation des besoins en emplois, parcours de carrière, accompagnement des mutations, accompagnement des agents en difficulté, qualité de vie au travail, degré d’engagement élevé, capacité à innover, évaluations justes… sur les 31 leviers RH questionnés, 24 font l’objet d’une évaluation très défavorable par les agents.

Les services RH en cause

Pour les auteurs de l’étude, les causes d’insatisfaction se trouvent du côté des services RH des administrations. Certes, les RH ont bien identifié les leviers prioritaires pour les agents, mais ils « ne jouent pas un rôle proactif dans la mise en œuvre de nouvelles pratiques : ils ne « devancent » pas les besoins des agents », explique le Boston consulting group.

 

Autre point qui ressort du baromètre : quasiment tous les leviers RH sont désormais jugés importants par les agents. En haut de leurs priorités, ils placent la formation, la qualité de vie au travail, l’anticipation des besoins en emploi, la carrière, l’engagement, l’accompagnement des agents en difficulté et l’accompagnement des mutations. Or quatre de ces sujets (emploi, carrière, mutations et agents en difficulté) sont aussi classés parmi ceux dont le traitement est le moins satisfaisant. « Ce résultat est très préoccupant à l’heure où sont redéfinies des missions, modifiées des organisations et installés de nouveaux modes de travail avec des outils digitaux », remarquent les auteurs de l’étude.

Un engagement des agents « propice » à la transformation

Ce contexte est-il favorable à la mise en place de la réforme de la fonction publique voulue par le gouvernement ? Oui, selon le Boston consulting group (BCG). Le cabinet constate que « 74 % des agents considèrent comme important le fait de s’assurer que leur organisation soit acteur de sa propre transformation et de celle de son action dans le cadre d’AP 2022 ». « Les agents prennent progressivement conscience de leur rôle au sein de la transformation du service public, relève Agnès Audier, consultante au BCG. Cette situation est d’avantage propice à l’engagement et donc à la réussite des actions de transformation que ce que nous observions l’an dernier ».

Toutefois, il convient également de noter que la mobilité, le numérique, le dialogue social et la politique de rémunération sont les leviers RH sur lesquels les agents sont les moins critiques, et précisément ceux que le gouvernement veut réformer.

 
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Publié dans : À la une | Actualité | Conditions de travail | Organisations du travail | Service public?

le 13/11/2018, par Emmanuel Franck

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