Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Les mutlinationales françaises exportent-elles un modèle social? O commentaire

workinglivesQuand les entreprises françaises s’implantent à l’étranger, profitent-elles du dumping social, d’une législation moins protectrice des travailleurs? Les entreprises françaises tentent-elles au contraire d’exporter un modèle de relations sociales « à la française » dans les établissements qu’elles créent ou dont elles font l’acquisition à l’étranger?

Ni l’un, ni l’autre, répondent cinq chercheurs, qui se sont penchés sur le cas de l’implantation d’entreprises françaises en Europe centrale et orientale.

Leur conclusion: « Les multinationales françaises étudiées ne se sont pas révélées être de réels vecteurs de transfert du modèle social français. Pour autant, elles ne semblent pas non plus développer des pratiques de « dumping social ». Au pire, les conditions de travail et les salaires qu’elles proposent sont équivalents aux normes sectorielles du pays hôte ; sinon, elles sont bien souvent au-dessus.

Par ailleurs, l’extension du champ des comités d’entreprise européens, qui a souvent été concomitant avec les investissements réalisés dans les pays d’Europe centrale et orientale, a stimulé le développement des réseaux syndicaux internationaux. Des liens ont pu être créés entre certains syndicats français et certains syndicats présents dans les filiales ».

Dans certains cas, en effet, les relations professionnelles au sein des différentes filiales « tendraient à s’harmoniser entre elles et une culture d’entreprise pourrait émerger au-delà des frontières. Le comité d’entreprise européen de l’une des entreprises étudiées, E, a aidé les syndicats polonais à résoudre des problèmes qu’ils rencontraient en interpellant directement la direction française du groupe. Il a également été le moteur de la négociation et de l’adoption d’un accord d’entreprise international sur la responsabilité sociale de l’entreprise. Chez A, la direction du groupe envisage clairement le comité d’entreprise européen comme un outil d’intégration culturelle des salariés de ses nouvelles filiales acquises en Europe centrale et orientale.
Dans ces deux derniers cas, l’action collective internationale a commencé à se développer, même si elle est restée limitée. Elle a notamment consisté à exercer des pressions sur la direction du groupe afin qu’elle intervienne auprès des directions locales des filiales d’Europe centrale et orientale pour qu’elles modifient leur comportement vis-à -vis des salariés. Ces actions se sont développées à partir des réunions des comités d’entreprise européens. Ces derniers ont, en effet, permis aux représentants syndicaux des différents pays de se rencontrer et d’établir des relations de confiance plus solides qu’ils n’auraient pu le faire à distance.
Les multinationales peuvent donc dans certains cas contribuer à créer des îlots de responsabilité sociale au milieu de l’océan des pratiques déréglementées qui caractérisent le capitalisme émergeant des pays d’Europe centrale et orientale. L’un des principaux résultats de notre recherche est justement de mettre en évidence le rôle que ces multinationales peuvent jouer dans les pays les moins sensibles à la question sociale. Cet aspect n’a pas échappé à certains de nos interlocuteurs qui estiment qu’il peut dès lors être de l’intérêt même des syndicats locaux d’encourager l’implantation des multinationales, afin de diffuser leurs pratiques de management au reste du marché du travail« .
Lire l’étude « Dans quelle mesure le modèle de relations sociales français est-il transférable? Les multinationales françaises et leur influence sur l’évolution des relations professionnelles en Bulgarie, en Hongrie et en Pologne ».

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Publié dans : Actualité

le 18/11/2009, par Elsa Fayner

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