Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Les Américains viennent manifester à Paris O commentaire

seiuUne délégation de travailleurs américains a défilé hier à Paris, avec la Fédération CGT du commerce et des services. Syndicalistes d’Unite Here et de SEIU, ils travaillent chez Sodexo, leader mondial du secteur de la restauration collective. Ils sont venus rencontrer leurs collègues français et la direction de l’entreprise, pour « dénoncer les multiples obstacles mis en œuvre par filiale américaine pour refuser aux salariés le droit de se syndiquer et de s’organiser ». Outre-Altantique, 20% des salariés de Sodexo sont syndiqués, contre 12% en moyenne. Mais 80 000 salariés de l’entreprise restent hors syndicats. « « Si seulement l’entreprise, qui est française, s’implantait chez nous avec le management et la culture syndicale françaises. Mais non… », déplore Autumn Weintraub, de SEIU.

Difficile de se syndiquer aux États-Unis

Aux États-Unis, la syndicalisation ne se fait pas à l’échelle de l’entreprise, mais du site : la cantine d’un hôpital, celle d’une une école, ou celle d’une entreprise, pour Sodexo. Si les salariés Sodexo qui travaillent dans une école décident de se syndiquer, ils ont deux possibilités. La première : si 35% des salariés décident qu’ils veulent un syndicat, ilsunitehere envoient une pétition au gouvernement, puis des élections peuvent être organisées. Mais le processus est lent. « L’employeur a le temps de faire campagne contre les syndicalistes, de les terroriser, de les convoquer un par un, d’aller voir leur famille pour qu’elle fasse pression, voire de les virer », explique Autumn. « Aux Etats-Unis, toutes les 23 minutes, un salarié est licencié à cause du soutien qu’il donne à un syndicat», complète Sara Russo, de Unite Here. Difficile, donc, d’utiliser cette première voie. La seconde possibilité est la suivante : les salariés peuvent demander au patron son accord pour un « processus d’accréditation par signature de carte » : si l’employeur donne son accord – ce qui est difficile à obtenir-, et si 50% des salariés + 1 signent la pétition, le syndicat peut s’implanter sur le site.

Sans syndicat, pas de droits outre-Atlantique

À ce moment, le site (l’école, l’hôpital, etc.) est déclaré « syndiqué », et un seul syndicat peut s’y implanter. Il négocie des salaires, des droits, une couverture maladie et seuls les salariés du site en bénéficient. « Nous voulons délivrer un message à la direction de Sodexo : que tous les salariés non syndiqués aient le droit de se syndiquer par ce système, pour qu’ils obtiennent des droits. Nous ne voulons plus que les droits soient réservés à quelques sites et que ce soit si complexe de se syndiquer, pour les obtenir », précise Autumn. « Obama dit que les travailleurs doivent avoir le choix de faire partie d’un syndicat ou pas », explique Matt Schumwinger, de Unite Here. « C’est une période d’espoir et de changement ».

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Publié dans : Actualité | Au resto, à l'hôtel | Syndicats

le 30/01/2009, par Elsa Fayner

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