Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Le travail, pour moi, c’est une discipline de sportif » O commentaire

Illustration Claire Laffargue - www.clairelaffargue.fr

Suite à un accident, Sylvie, 43 ans, a été déclarée « inapte » pour son secteur et s’est retrouvée accompagnée par Pôle Emploi. Pour quels résultats?

En 2004, j’ai eu un grave accident cardiaque, puis je me suis retrouvée au chômage, jusqu’en 2008. J’avais travaillé 21 ans dans la vente et le commerce, mais j’étais désormais « inapte » pour ce secteur.

Je croyais n’être plus bonne à rien, mais l’ANPE (ça s’appelait encore comme ça à l’époque) m’a obligée à passer deux entretiens d’embauche. Je n’avais aucune expérience dans ce domaine, j’étais très angoissée, et pourtant les entretiens se sont très bien passé.

Des collègues doux et vigilants

J’ai ainsi décroché un Contrat d’Accompagnement à l’Emploi (CAE). J’étais surveillante et secrétaire du CPE dans un collège, à temps partiel compte tenu de mon handicap. Ce CAE m’a permis de remettre doucement le pied à l’étrier. Les collègues étaient très doux. J’ai appris le métier en les regardant faire, mais ils m’ont demandé de travailler vraiment aussi, ce que j’ai fait avec plaisir. Ils ne m’ont pas mise de côté parce que j’avais un handicap, ils m’ont fait participer comme n’importe qui, mais en même temps ils ont été très vigilants à mon égard. Quand ils voyaient que je fatiguais, quand il fallait surveiller la cantine à midi, par exemple, l’un d’entre eux venait me remplacer, et moi je retournais travailler dans un bureau.

Un rythme à tenir

Parce que le plus dur, ce n’est pas de se lever une fois tôt, c’est de le faire tous les matins à nouveau. C’est de reprendre un rythme, de n’avoir que 30 minutes pour manger, pas de pauses longues pour se reposer, et de tenir jusqu’au soir.

J’ai donc continué avec insistance à pratiquer du sport, à me coucher pas trop tard, à avoir une vie saine, car c’est le seul moyen pour moi de trouver l’énergie positive qui me permet de tenir. Une vraie discipline de sportif.

Le seul problème, c’était l’informatique. J’étais trop larguée pour que les collègues puissent m’aider. Je viens donc de m’inscrire pour une suivre une formation.

Parce que je me suis retrouvée à la fin du CAE sans emploi. Le problème, en effet, c’est que le CAE n’est renouvelable que 2 fois, et ne peut durer que 18 mois au total. Ce que personne ne m’avait dit.

Une conseillère attentive

Quand le contrat a pris fin, j’ai fait un bilan de compétences. Et il y a peu, j’ai trouvé un poste de standardiste-hôtesse d’accueil, grâce à ma conseillère de la Maison pour l’Emploi. Elle m’appelle régulièrement.

En ce moment, elle me trouve fatiguée, elle sait que je me donne à fond, que je reste un peu plus tard le soir que mon horaire. Elle me conseille de me ménager, de ne pas faire plus que mes horaires. C’est ce que je fais : aujourd’hui, je suis partie à l’heure par exemple.

Propos recueillis par Elsa Fayner

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Publié dans : Contrats de travail | Témoignages

le 22/04/2011, par Elsa Fayner

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