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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog d'Emmanuel Franck, Eric Béal, Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Le secteur public moins touché par les discriminations syndicales que le privé (La Gazette des communes, 19/09/2019) O commentaire

Par Emmanuel Franck

Selon une enquête d’ampleur du Défenseur des droits, près de la moité des syndiqués se déclarent victimes de discriminations. Le phénomène touche un peu moins les agents du secteur public.

La discrimination syndicale au travail est un phénomène répandu mais moins dans le secteur public que dans le privé. Telles sont les deux principales conclusions du 12e baromètre de perception des discriminations dans l’emploi du Défenseur des droits, cette année consacré aux discriminations syndicales et présenté le 19 septembre en partenariat avec l’Organisation internationale du travail (OIT).

Il ressort en effet de ce sondage, inédit par son ampleur(1), que près de la moitié (46%) des personnes syndiquées estiment avoir été victimes d’une discrimination en raison de leur engagement au cours de leur carrière. Toutefois, les agents du secteur public sont moins touchés que les salariés du privé (40% contre 50%).

Situation préoccupante

Cet écart entre le public et le privé se constate également dans les manifestations des discriminations. Ainsi, tous secteurs confondus, 51% des syndiqués déclarent avoir été freinés dans leur évolution professionnelle : 59% des salariés du privé ou d’une entreprise publique ; 39% des agents publics. De même, 52% des salariés du privé estiment que leur rémunération a pâti de leur engagement syndical contre 30% des agents publics. Une situation tout de même préoccupante au moment où le gouvernement veut promouvoir le dialogue social dans la fonction publique. Et ce « en dépit de l’existence de règles spécifiques à la fonction publique en matière d’avancement de carrière et de rémunération », notent les auteurs de l’étude.

Les discriminations « vont de paire avec l’individualisation des carrières et des rémunérations, analyse Marjorie Alexandre, secrétaire confédérale Force ouvrière. La loi de transformation de la fonction publique va vers l’individualisation, il serait donc intéressant de réitérer ce baromètre afin de mesurer les effets de la loi ». Olivier Veber, directeur général des services du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, estime pour sa part que l’individualisation existe déjà, au moins dans la fonction publique territoriale. Les moins mauvais résultats du secteur public s’expliquent donc selon lui par « un taux de syndicalisation et une présence historiquement plus forte des syndicats, qui réduisent les discriminations ». Il invoque également « une pression moindre pour la recherche du profit ».

Parallélisme de l’engagement et des discriminations

L’étude du Défenseur des droits permet également de mettre en lumière que plus l’engagement syndical est important, plus fort est le risque de discrimination. Les plus concernés sont les délégués syndicaux : 69% déclarent avoir été victime d’une discrimination contre 57% des porteurs d’autres mandats et 20% pour les non-mandatés.

A noter également que les hommes syndiqués s’estiment plus souvent discriminés que les femmes (60% contre 44%). « Non pas en raison d’une sous-perception par les femmes mais sans doute parce que les hommes occupent davantage de mandats », estime Marjorie Alexandre.

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Publié dans : À la une | Actualité

le 20/09/2019, par Emmanuel Franck

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