Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Il faudrait les former et que je me forme au management » 1 commentaire

Illustration Claire Laffargue / clairelaffargue.fr

La taille compte-t-elle, en matière de conditions de travail ? Vaut-il mieux travailler dans une grande entreprise, une entreprise de taille intermédiaire ou une PME ? Notre enquête débute dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI), ces structures à taille encore humaine mais engagées dans la compétition mondiale, qui comptent plus de 250 salariés. Témoignages.

Cyril, 55 ans, responsable d’une filiale d’une entreprise de construction de terrains de sport. Les effectifs et le chiffre d’affaires de l’entreprise doublent tous les 5 ans, dans une région en mal d’emplois.

« Je suis entré dans l’entreprise en 1976, sans formation, puis j’ai monté les échelons et aujourd’hui je dirige une filiale. J’ai progressé en même temps que l’entreprise. Mais, tout en prenant du galon, j’ai gardé une partie de mon ancien travail. Le problème, c’est que ça m’occupe beaucoup de temps, que je reste la tête dans le guidon à m’acquitter de ce travail répétitif. Du coup je ne remplis qu’à moitié ma fonction de responsable. Les autres responsables sont plus directeurs dans l’âme : ils gèrent, ils supervisent. Moi, j’ai du mal. Je viens de recevoir ma fiche de poste, et je suis loin du compte.

Du coup, la nuit, je dors, mais peu. Il y a des périodes où on est mieux dans sa peau que d’autres. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû continuer les études et suivre des formations spécifiques. Mais, là, le patron m’a tellement fait confiance que je ne veux pas le décevoir. Je veux rendre à la société la chance qu’elle m’a donnée.

Mais ça irait mieux si je maîtrisais davantage certaines choses, comme le management ou la législation, ça me donnerait plus d’assurance. Je subis par exemple les incompétences de certains membres de mon équipe. Mais c’est peut-être de ma faute aussi, il faudrait les former et que je me forme au management. En attendant, je dois pallier leurs carences, c’est une source de mal-être pour l’ensemble de l’équipe. Cela dit, moi-même j’ai appris sur le tas. C’est peut-être une limite à ce principe. En même temps, cela crée un esprit de solidarité dans l’entreprise : ensuite les gens sont reconnaissants, redevables, et s’investissent. Est-ce tenable quand l’entreprise grandit ? Il faudrait des formations pour étoffer cet apprentissage sur le tas à la force du poignet. »

Propos recueillis par Elsa Fayner

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Publié dans : Au bureau | Témoignages

le 11/04/2011, par Elsa Fayner

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