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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Le lacunaire suivi médical des travailleurs retraités 1 commentaire

etui4La réforme des systèmes de retraite, amorcée dans de nombreux Etats membres de l’UE, obligera probablement des millions de travailleurs européens à travailler bien au-delà de 60 ans. Quelles seront les conséquences de cet allongement des carrières sur la santé des futurs retraités et leur qualité de fin de vie ? Telle est la question traitée dans une étude publiée en avril 2010 par l’Union confédérale des retraités de la CGT (UCR-CGT).

Outre une description du cas français, le document offre une analyse des réponses à un questionnaire soumis à cinq Fédérations syndicales de retraités actives dans quatre pays européens (1). Les questions portaient sur les thèmes suivants : le lien entre médecine du travail et les autres médecines, la traçabilité des expositions, les difficultés rencontrées pour faire reconnaître une maladie professionnelle, le suivi post-professionnel.

En matière de suivi de la santé des travailleurs durant et après leur carrière professionnelle, le constat général est assez sombre. « Il n’y a pas de méthode de suivi des conditions de travail tout au long de la carrière professionnelle. Il n’y a pas de suivi d’une entreprise à une autres. Lorsque le salarié change d’employeur, dans la très grande majorité des cas il ne dépend plus du même service de santé au travail, mais son dossier médical n’est pas automatiquement transmis au nouveau service. »

L’absence de coordination entre les différents intervenants du champ médical semble généralisée dans l’UE. « Les médecins n’ont pas systématiquement accès aux données collectées par la médecine du travail et ne connaissent généralement pas les conditions de travail ni les produits utilisés. Le lien entre les médecines reste anecdotique, il relève de l’initiative des médecins ou du patient », regrettent les auteurs du rapport. Faute de connaissance des conditions de travail liées au passé professionnel de leurs patients à la retraite, rares sont les médecins généralistes qui établissent un lien entre une maladie et l’exposition passée à des facteurs de risques. Ce problème est particulièrement aigu pour les cancers, qui se déclarent souvent plusieurs dizaines d’années après l’exposition à des substances toxiques.

Face à ce constat, les auteurs du rapport plaident pour une nette amélioration des systèmes de traçabilité des expositions. Alors que dans de nombreux pays européens la législation oblige les employeurs à réaliser une évaluation des risques et à établir des fiches de postes et des fiches d’exposition à des produits dangereux, rares sont pourtant ceux qui remplissent leurs obligations.

Quant au suivi post-professionnel des retraités exposés au cours de leurs carrière à certains risques, en particulier aux agents cancérogènes, le rapport constate que ce dispositif est très peu connu des salariés et des professionnels de la santé.

Le manque d’information, à tous les niveaux, de ces dispositions légales explique en partie les fortes disparités au niveau de l’espérance de vie en bonne santé entre « cols blancs » et « cols bleus ».

Parmi les propositions soutenues par l’UCR-CGT, il faut épingler : l’élaboration d’une carte européenne des lieux de travail où sont utilisés des produits dangereux et la création d’un laboratoire européen sur les conséquences du travail sur la santé qui étudierait les phénomènes d’usure et de pénibilité.

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Publié dans : Actualité | Médecin du travail

le 21/05/2010, par Elsa Fayner

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