Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Le développement des services à la personne, une avancée? 1 commentaire

laviedesidDepuis quelques années est née aux États-Unis la pensée du care, réflexion éthique sur la prise en charge, le plus souvent par des femmes, des personnes les plus vulnérables. Soulignant que cette pratique fait l’objet d’un partage non seulement selon le genre, mais aussi selon la race et la classe (le care est dévolu aux femmes, noires, des classes ouvrières), Joan Tronto creuse la dimension politique de l’éthique du care.

Recensé : Joan Tronto, Un monde vulnérable, pour une politique du care (Moral Boundaries : a Political Argument for an Ethic of care, 1993), traduit de l’anglais par Hervé Maury, 2009, La Découverte, 238 p., 23 €.

Le livre de Joan Tronto, Moral Boundaries : a Political Argument for an Ethic of care, publié en 1993, traduit en français sous le titre, Un monde vulnérable, pour une politique du care, représente une tentative convaincante pour élaborer une théorie du care. Le terme de « care » s’avère particulièrement difficile à traduire en français car il désigne à la fois ce qui relève de la sollicitude et du soin ; il comprend à la fois l’attention préoccupée à autrui qui suppose une disposition, une attitude ou un sentiment et les pratiques de soin qui font du care une affaire d’activité et de travail.

(…)

Par exemple, faire l’histoire des tâches de nettoyage liées aux fonctions corporelles, éléments centraux des soins dévolus aux plus dépendants (petits enfants, personnes âgées, etc.), c’est rappeler que ces tâches ont principalement été dévolues aux femmes – mais pas à toutes les femmes –, aux gens de couleur, aux classes ouvrières. Le care est l’objet d’un partage social selon le genre, la race et la classe. Il peut alors devenir l’objet d’un travail mal rémunéré (travail des dominés ou des faibles au service des puissants) et peu considéré alors même qu’il constitue un rouage essentiel du fonctionnement de la société de marché. Alors que le soin concerne une grande partie de notre vie de tous les jours, nous n’en reconnaissons pas la valeur et ne donnons pas à cette dimension l’attention qu’elle mérite.

Lire la suite sur le site de La Vie des Idées.

Sur le sujet, lire le compte-rendu de la Rencontre Interregionale du 6 mai des Assises  des services à la personne autour du thème « L’enjeu de la professionnalisation ».

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Publié dans : À l'hôpital | À la maison | Égalité professionnelle | Entreprises

le 15/05/2009, par Elsa Fayner

1 commentaire

  • Adam Etienne dit :

    Je vous invite à consulter un article déjà ancien mais qui garde sa validité faute de modifications législatives.

    Il décrit comment notre législation, sous couvert de création d’emplois, crée des discriminations et des emplois statutaurement dévalués dans ce secteur.

    Toute mesure de professionalisation de ce travail est fortement obérée par cet encadrement légal.

    Tout ceci s’est pasé sans aucun débat de fond sur la place du service à la personne, et en particulier des personnes en difficultés, dans notre société.
    Le seul angle d’approche était: comment aléger les coûts de ce type de travail pour accroitre la solvabilité de ce secteur.

    http://anpag.org/article.php3?id_article=209

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