Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

La direction s’en va, les valeurs avec 1 commentaire

MainKiEcritMarielle Dumortier est médecin du travail. Elle a également écrit Mon médecin du travail. Pour Et voilà le travail, elle tient une chronique régulière. Nouveau témoignage.

Colette, 45 ans, est éducatrice dans un foyer pour adultes handicapés depuis plus de 10 ans. Elle m’explique que ses conditions de travail se sont dégradées en janvier 2014 avec le départ sans explications du directeur.  « On était sous le choc, on ne s’y attendait pas », me dit-elle.

Un conflit naît

Un autre directeur est nommé. Elle explique que devant des nouvelles directives jugées incohérentes, les cadres tentent d’exprimer  leur désaccord et se mobilisent. En vain.

En juin, Colette soutient publiquement une collègue contre le directeur, qui n’apprécie pas son attitude. De là naît un conflit.

Une trahison vécue comme un « viol »

Colette explique avoir eu l’accord de l’ancien directeur pour décaler ses congés afin d’accompagner son enfant handicapé. Elle est obligée de négocier à nouveau avec la direction tout juste nommée, qui accepte en lui faisant bien remarquer l’ampleur de la faveur accordée…

A la rentrée, Colette se rend compte que la direction n’a pas respecté la confidentialité de sa demande et a informé le personnel et les patients du handicap de son fils, alors qu’elle-même n’en avait jamais parlé. Elle se sent trahie, a l’impression d’avoir vécu un « viol ».

Colette  explique ne plus se reconnaître dans ce qui est mis en place. Elle considère que la réorganisation est préjudiciable aux patients.

Une régression pour les patients

Cela va à l’encontre de ses valeurs. Un conflit éthique apparaît. Son travail est critiqué et remis en question, ce qui est insupportable pour cette femme très investie dans son travail. D’ailleurs, elle a toujours été jugée comme un bonne professionnelle avant cela.

Elle se sent dépossédée de son travail, a un sentiment d’inutilité et d’impuissance devant les mesures qui mènent à une régression pour les patients.

Un malaise après un entretien disciplinaire

On change ses horaires de travail, son service, on la sanctionne…

Le 7 octobre elle fait un malaise, après un entretien disciplinaire. Elle est en arrêt depuis.

Colette  est toujours sous traitement, elle voudrait essayer de reprendre le travail.

Devant la persistance de son syndrome anxio dépressif je ne la laisse pas faire et la dirige vers une consultation de souffrance au travail.

Je crains que Colette ne puisse jamais retourner exercer dans cet établissement.

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Publié dans : Témoignages

le 18/06/2015, par Rozenn Le Saint

1 commentaire

  • La conflictualité d’une relation débouche souvent à un certain moment sur la dépression du salarié.
    Le salarié incapable de reprendre son travail peut alors aboutir à un avis d’inaptitude.
    Et pourtant dans de nombreux cas, il n’y a au départ que maladresses (critique excessive par le salarié, incapacité à la gérer par la hiérarchie) et incompréhensions réciproques. Il faudrait que chacun mesure mieux ses propos, fasse preuve de plus de compréhension…
    Dans le cas d’espèce, peut-être que si la direction n’a maladroitement pas respecté la confidentialité des raisons de la demande de la salariée, c’est que d’autres collaborateurs ont pu parler d’un privilège au profit de celle-ci et que la direction, dans un contexte de contestation, a simplement voulu justifier l’accord de décalage de ses congés. Ce sont des choses qui se produisent…

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