Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Dans les grands magasins, le dimanche, on vend moins » O commentaire

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Illustration de Claire Laffargue

Le 10 août 2009 était adoptée la loi sur le travail du dimanche. Mais comment les salariés vivent-ils le travail du dimanche? Témoignage de Katia (1) , 25 ans, vendeuse dans les grands magasins, à Paris.


À 18 ans, en parallèle de mes études, ça m’intéressait de travailler le dimanche, pour la rémunération. C’est un jour payé double dans les grands magasins et, dans les bonnes entreprises, cela donne lieu à une journée de récupération supplémentaire. C’était mon argent de poche. Donc j’acceptais la plupart du temps.
Mais, aujourd’hui, je constate que je continue à travailler dans les grands magasins alors que je pensais ne faire qu’y passer. C’est là que j’ai acquis des compétences, et un réseau. Alors, maintenant que le travail du dimanche devient une demande régulière et fréquente, je l’envisage autrement. D’autant plus que je me suis installée avec mon ami, et que j’ai envie d’une vie de famille. Dans cette perspective-là, le travail régulier le dimanche ne me convient pas du tout. Je ne suis plus dans la perspective de me faire de l’argent de poche au coup par coup, je veux garder ce temps libre, mes priorités ont changé.
On travaille déjà le samedi dans ce métier. Alors, quand je dois travailler le dimanche, je n’ai pas de week-end. Difficile de sortir le samedi soir. Difficile de passer du temps avec mon ami. Certes, j’ai un autre jour de libre dans la semaine, mais ce n’est pas évident de promener au parc ou de flâner un lundi après-midi par exemple, alors que tout le monde court partout. C’est psychologique…
Cela dit, je n’ai pas forcément le choix. Si nous sommes deux à travailler sur un stand, il faut bien se partager les dimanche. Je peux dire non, mais c’est très mal vu. Après, la communication devient très mauvaise et je n’ai plus droit à rien. Mon responsable ne fera aucun effort pour me donner mes vacances aux dates qui m’arrangent, par exemple.
Le pire, c’est que le dimanche n’est pas une bonne journée pour les ventes. Ca me déprime encore plus… Nous voyons surtout défiler des promeneurs, des touristes. Ils ne demandent qu’une chose : la direction des toilettes. Et, bien souvent, je ne fais pas une vente ce jour-là.

Propos recueillis par Elsa Fayner

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(1) Le prénom a été modifié, à la demande de l’intéressée.

Pour en savoir plus sur le travail dominical.

Lire également « La loi sur le travail le dimanche a renforcé les inégalités entre les salariés », sur lemonde.fr.

Et Travail dominical: pas d’extension massive depuis un an, grandes disparités salariales, sur le JDN.

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Publié dans : 35h, retraites: temps de travail | Au magasin | Témoignages

le 10/07/2010, par Elsa Fayner

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