Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

J’ai fait HEC et je m’en excuse 34 commentaires

hecDiplômée de HEC, Florence Noiville est critique littéraire au Monde des livres. Elle est également mariée à Martin Hirsch. Et ouvre le feu sur la célèbre école de commerce.

Depuis toujours, HEC s’enorgueillit de former des as de la finance et des champions du marketing. Or, la faillite économique actuelle ne découle-t-elle pas pour une large part du triomphe de cet hypercapitalisme que les diplômés de cette institution ont justement appris à mettre en oeuvre et à servir ? Il ne s’agit pas, dans ce livre, de stigmatiser une école, mais d’interroger l’esprit des grandes écoles de gestion et de management : l’enseignement des affaires est-il adapté aux enjeux sociaux, environnementaux ? Quelle est sa part de responsabilité dans les désordres que nous vivons ? Florence Noiville a enquêté auprès d’anciens élèves, rencontré des étudiants en cours de scolarité, étudié les réformes de la Harvard Business School. Tout converge pour montrer que si l’on ne veut pas reproduire les dérapages du dernier quart de siècle, il est urgent de repenser les  » écoles du capitalisme « . De prendre le mal à la racine en fournissant aux futurs dirigeants des grilles de valeurs fondées sur une nouvelle approche des finalités de l’entreprise, du bien commun et de la richesse. La crise nous fournit l’occasion de cette nouvelle donne. Si rien n’est fait, nous continuerons d’apprendre à nos élites à penser le monde selon un modèle dont on voit tous les jours qu’il ne fonctionne pas.

L’auteure

Florence Noiville est journaliste au Monde. Diplômée d’HEC, de Sciences-Po et titulaire d’une maîtrise de Droit des affaires, elle a commencé sa carrière dans la finance avant de tout abandonner pour la culture. Elle est aujourd’hui critique littéraire au Monde des livres et anime l’émission du même nom sur LCI. Elle est aussi l’auteur d’une biographie du prix Nobel Isaac Bashevis Singer et d’un roman, La Donation (Stock).

J’ai fait HEC et je m’en excuse, de Florence Noiville, STOCK (9 septembre 2009).

Le livre d’une autre diplômée d’HEC, Isabelle Pivert, Soleil Capitaliste, entretiens au coeur des multinationales.

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Publié dans : Culture | Insertion professionnelle

le 25/07/2011, par Elsa Fayner

34 commentaires

  • Gaëlle dit :

    Personnellement, je n’ai pas lu ce livre, donc je ne me permettrai pas de porter un jugement dessus. Cependant, son titre est un peu trop marketing à mon goût.
    D’autre part, j’ose espérer que les étudiants d’HEC ont quand même suffisamment d’esprit critique et d’outils intellectuels pour intégrer les enseignements en marketing et finance qu’ils reçoivent dans une réflexion plus globale…

  • Erual_Enna dit :

    Je viens de voir un reportage de canal + au sujet de ce livre que je n’ai pas lu non plus mais qui semble davantage parler des métiers vers lesquels mènent HEC que de HEC. Cela me rappelle mon expérience dans une organisation où la plupart des gens viennent de HEC et ses équivalents. Moi aussi j’ai pu constater que ce qu’on nous demandait c’était de faire notre travail mais sans réfléchir aux conséquences, comme elle dit, finalement c’est comme si on ne faisait marcher qu’une partie de son cerveau et c’est bien dommage. Je pense acheter le livre.

  • Zaccio dit :

    A sa place, je m’excuserai plutôt d’avoir fait Sciences Po.

  • L'intello du dessous dit :

    La preuve que les HEC sont les as du marketing, c’est la sortie de ce livre..
    Là où j’ai envoyé un coup d’épée dans l’eau, en envoyant au lieu de mon mémoire de fin d’études des questions sur la responsabilité sociale des Grandes Ecoles (ou ce que serait une véritable éthique de la formation des futurs dirigeants) , d’autres sortent un livre :)
    Je n’ai pas encore lu le livre, seulement entendu son auteure s’exprimer à son sujet, mais je la rejoins dans son constat.
    Pour répondre à Gaëlle, les étudiants ont suffisamment d’outils intellectuels et d’esprit critique pour voir ce qu’il y a de laid dans ce qu’ils ont à apprendre et mettre en oeuvre, mais pour savoir aussi que s’ils regardent ces enseignements ou le libéralisme avec trop de distance critique, ils n’auront pas le succès qu’on leur a vendu à l’entrée. Réussir ou ne pas vendre son âme, il faut choisir, c’est ce qu’on apprend très tôt…

  • bonjour, j’ai vu aussi ce reportage sur Canal, adhère à tous vos commentaires, et ajoute le mien : si l’auteure dit « vrai », je retiens qu’un « HEC » n’utilise qu’une partie de son cerveau ; soit ses neurones sont de qualité supérieure, soit l’exécution de la mission qu’on lui confie ne nécessite pas d’en mobiliser davantage… C’est un critère de sélection comme un autre, après tout !

  • Brenot dit :

    Chère Florence ! Rien, ni personne ne vous a contraint à « faire HEC ». Vous vous êtes présentée librement à un concours, vous avez été reçue et, après votre scolarité, vous êtes sortie de cette école avec un diplôme HEC. Si, aujourd’hui, vous décidez de « vous faire HEC », cela ressemble un peu trop à « cracher dans la soupe ». Si vous ne l’aimez plus, n’en dégoûtez pas les autres. Votre réflexion et votre expression sont libres ; il n’est cependant pas nécessaire de passer par une forme agressive et racoleuse. Malheur à celui ou à celle par qui le scandale arrive, même s’il n’est que minuscule…

  • Wyze dit :

    Pour ma part, ayant lu le livre, j’ose écrire ici que j’ai fait HEC et que je ne m’en excuse pas. Il est un peu trop facile, comme dit un des participants à ce forum, de « cracher dans la soupe ». En l’occurrence, l’Ecole dispense tous les enseignements nécessaires à former des « honnêtes hommes », chacun en fait ensuite ce qu’il veut – ou ce qu’il peut. Pour moi le problème dépasse largement les écoles de management et pose la question des « valeurs » (?) que notre société occidentale transmet à ses enfants. Pour avoir participé en tant que parent à des « forums des métiers » dans les établissements (publics) fréquentés par mes enfants, j’ai été sidéré, assis à la table des professions de la finance, d’entendre tous ces gamins de 1ère et Terminale demander s’il valait mieux « faire ingénieur » ou une école de commerce pour devenir trader. Je suis moi-même un financier d’entreprise, de ceux qui posent des garde-fous pour préserver la santé financière des boîtes, mais ce genre de métier n’intéressait personne parmi ces chères têtes blondes déjà si bien conditionnées. Alors, à qui la faute ?

  • La Nymphette dit :

    J’ai reçu ce livre en cadeau, et je vais m’empresser de le lire, pour vérifier si ce n’est pas qu’un coup marketing et si l’auteure a enfin donné résonnance à un propos qui se faufile depuis quelques années dans les entreprises et surtout parmi les jeunes cadres.
    Quand à ceux qui objectent que l’on choisit librement de faire HEC… N’oublions pas que ce choix se fait à 19 ans… Qui, à 19 ans, a pleine conscience éthique et politique de son futur? à mon avis, peu de chanceux!

  • lea dit :

    Cher Brenot, Comme le dit si bien la Nymphette pour faire HEC (ou tout autre école) nos grands adolescent s’y prépare après le BAC (soit 17/18 ans).. Donc s’ils n’y sont pas contraints et forcés, ils sont néanmoins très influencés par leur entourage.. Ce qui n’est pas un débat en soi..
    Je trouve courageux le livre de Florence.. Il est important de savoir se remettre en cause.. toutes les grandes institutions françaises, tous les grands courants de pensée ont un jour été remis en cause.. C’est la vie qui avance!!!
    Il est important de savoir d’adapter à la Société qui desfois évolue plus vite que les grandes écoles qui se trouvent vite dépassées..
    Le monde change et heureusement!!

  • Dorothée dit :

    Pour ma part, j’ai fait l’ESSEC et jamais je ne m’en excuserai, car ce que j’y ai vu et appris est à l’exact opposé que ce que raconte cette femme…d’autant plus que son diplôme commence à dater (25 ans!) et que le courant de pensée de l’époque n’était absolument pas le même qu’actuellement, que ce soit en école ou à l’extérieur.

    Je pense qu’en tant qu’handicapée je suis assez bien placée pour connaître le niveau « d’humanité » dont ont été et sont capables de faire preuve mes anciens professeurs (certes, pas tous, mais certains au-delà de toute espérance) et mon ancienne école.

    Alors qu’elle parle d’HEC très bien, mais qu’elle ne généralise pas à ce qu’elle ne connaît pas (=ce qui se passe aujourd’hui et ailleurs).

    Au fait à part se faire mousser, il est où l’intérêt d’un tel livre? Une démarche complètement démago, bien dans l’air du temps où il faut cracher le plus possible sur les vilains dirigeants et les affreux financiers…on est d’accord!

  • Mathieu dit :

    Certes, vous avez tous une belle maîtrise de l’orthographe, un beau maniement des techniques de communication… mais au-delà de la question de l' »excuse » liée à des hautes études de commerce, j’en pose une autre ici : Quelles sont les raisons qui poussent nos parents à nous diriger vers ce genre d’écoles ? Quelle est la philosophie qui règne dans les classes préparatoires ? Allez, soyez honnêtes : c’est rarement la fibre du commerce qui vous anime, mais les jolis salaires prévus à la sortie de l’école et vantés par les plaquettes de ces dernières qui paradent pour « attirer » la vénalité de nos chers et tendres.
    On en oublie vite un élément essentiel de sa propre personnalité : son esprit critique.
    Voilà deux très belles phrases que je retiendrai toute ma vie, et que l’on doit à deux enseignants d’une classe préparatoire très célèbre (un lycée de renom) dont je tairai les noms, par pure déontologie… elles sont révélatrices :
    1. Je vais vous apprendre à parler de Baudelaire pendant 4 heures en ayant lu qu’un poème et en connaissant deux ou trois autres titres… (Professeur de Français, 2ème année de prépa)
    2. Je vais vous apprendre à obtenir un 16 en n’ayant que deux idées directrices, mais pas les connaissances (Professeur d’Histoire-Géo, 2ème année de prépa)

    Je regrette, mais c’est bien l’image que je garde de la préparation aux grandes écoles, en osant espérer que ce ne soit pas partout le cas. L’objectif n’est donc pas de cracher sur l’élite, mais tout simplement de la mettre face à un miroir qu’elle prenne la mesure du vide intellectuel qui la sous-tend. Les beaux discours, et les talents de communicant de certains dirigeants nous font oublier la dure réalité du monde d’en bas. Pour finir, je citerai cette magnifique phrase d’un maire PS célèbre (banlieue parisienne) qui illustre le propos : « j’aime les pauvres, mais quand-même pas assez pour vivre avec eux »… ce dernier ayant inscrit ses enfants avec une dérogation dans des établissements des beaux quartiers parisiens. Etrange, n’est-ce pas ? Jurez que vous ne serez jamais comme ça, et vous ne seriez pas honnêtes !

  • etienne dit :

    bon…. 2 annecdotes
    j’ai pas fait d’école de commerce, mais j’ai eu l’occasion de faire le « pion » dans l’une d’entre elles (une du top 5) et de surveiller un devoir sur table.
    Sns exagerer, 1 eleve sur 2 avait le livre planqué sur ses genoux, et l’autre moitié de la salle tirait son inspiration de la copie du voisin.
    J’ai laissé faire, j’avais leur age. Par contre quand 15 jours plus tard leur prof m’a annoncé qu’il etait tres fier du noiveaux de ses élèves, je me suis permis de poser un bémol en lui racontant comment cela se pasait.
    Le lendemain j’était convoqué chez le directeur qui m’annoncait qu’il fallait surveiller mes propos, que tout ne devait pas être dit surtout si cela pouvait remettre le niveau de l’école en question etc….

    et pour finir la meilleure, tirée des reflexions d’une élève en dernière année suite à un entretien d’embauche :
    « Il m’a dit qu’ils ne me prendront pas car je suis trop performante ! »
    Elle y croyait. C’est peut être là la force de ces écoles.

  • combes chantal dit :

    j’ai fait une sup de co il y a 30 ans. il y a 10 ans à l’occasion d’un enseignement en gestion financière, je me suis plongée dans les bouquins actuels :le fonds m’a interloqué, le formation n’a plus pour objectif de former des entrepreneurs, mais des laquais des actionnaires…

  • Sophie dit :

    J’ai dirigé une école de management et en suis sortie aujourd’hui. Ces commentaires me touchent. Négatifs ou positifs. Je ne parlerai pas du courage de Florence Noiville car elle a fait un livre et ce n’est pas exactement du courage, c’est avoir besoin de transmettre. Au delà de cette polémique sur le pourquoi de sa démarche qui ne regarde qu’elle, il est temps que toutes les gouttes d’eau possibles forment un océan de volonté et d’engagement pour que l’entreprise retrouve sa place essentielle, son rôle sociétal. Qu’elle redevienne un maillon d’humanité, simplement. Son rôle est de fournir des produits utiles au plus grand nombre tout en veillant à assurer sa pérénité. Les actionnaires des entreprises ont souvent oublié ça et ‘l’ont détourné de façon égoïste. Le libéralisme capitaliste le leur a permis. Il n’y a pas de solution idéale aujourd’hui, mais que cela ne nous empêche pas d’avoir un idéal. Et c’est pas le rôle d’une école de fournir un idéal. Elle peut tout au plus, fournir les techniques les plus avancées pour conserver son idéal tout en faisant fonctionner l’économie. Je travaille dans ce sens, mais il y a tout à inventer, Ecole, contenus, techniques. C’est l’enjeu de l’entreprise de demain. Celle d’aujourd »hui s’est perdue en chemin comme tant de fois on a pu se perdre dans notre histoire. Mais on est toujours là, à chercher.
    Que l’Amour nous guide et on fera un pas de plus en avant qui un jour s’avèrera obsolète parce que les règles auront été contournées, incomplètes qu’elles sont par nature, et ceci fort heureusement puisque la liberté d’être soi réside dans ces incomplétudes.

  • mb dit :

    J’ai également fait HEC (j’y suis entrée à 21 ans, j’ai 25 ans) et je souscris au témoignage de Wyze : oui, même jeune, on peut avoir du recul sur son école, oui on peut réfléchir à l’éthique dans le capitalisme — et il existe des groupes de réflexion à l’école sur ces sujets, et oui, une fois dans le monde du travail, il est possible de poser des questions quand une situation paraît peu claire ou dérangeante, et d’oser pousser les interlocuteurs dans leurs retranchements pour mettre clairement les choses sur la table. Ca ne veut pas dire que le monde change du jour au lendemain, mais c’est de la responsabilité de chacun d’entre nous « d’agir toujours de telle sorte que la maxime de son action puisse être érigée en principe universel », HEC ou pas.
    Net, HEC est une très bonne école, et nous avons tous du pain sur la planche.

  • dav dit :

    On souhaite bien évidemment que le plus d’étudiants de HEC possibles aient une distance critique par rapport à leurs enseignements.

    L’ecole n’est pas seulement en cause pour ses enseignements mais aussi pour les enormes biais socio-culturels de son recrutement: le profil « fils à papa/prépa » mèche dans le vent à la Jean Sarkosy s’y retrouve par cargaisons de camions coupés/cabriolets entiers.

    Pour en avoir cotoyé en prépa, c’est indéniable, il y a bien parmi les reçus/es à HEC et aux autres Grandes Ecoles de commerce plus de futurs requins qu’ailleurs, généralement dotés d’une conscience de « l’autre social » des plus atrophiée.

    Tout cela bien sûr sans jalousie aucune.

  • bernard dit :

    Mais y a-t-il seulement eu dérapages du système, ou plutôt n’est-ce pas tout le système capitaliste qui est un dérapage historique en phase terminale ? Pour que l’entreprise devienne productive dans l’intérêt de la collectivité, ne faudrait-il pas introduire la démocratie en son sein ou au moins le contrôle de ses décisions par tous ceux qui y travaillent, qui la connaissent et qui participent à son évolution réelle ? Ne faut-il pas aussi modifier la formation des cadres économiques, bancaires et commerciaux pour que leurs efforts soient comptabilisés en fonction des résultats sociaux de l’entreprise, pour ses travailleurs et pour ses clients consommateurs ?
    Car en fait quel est le but du commerce et de l’économie ? servir le peuple ou servir les actionaires ?

  • solalbe dit :

    La souffrance humaine au travail, si répandue et dont ce site traîte si souvent est dans la plupart des cas initiée ou relayée par des Hec ou équivalent. C’est dans l’ordre des choses puisqu’il s’agit d’une école d’élite et que nos élites ont décidé de se prostituer pour la veuve californienne et le milliardaire texan. Mais justement, en tant qu’élite il faut prendre ses responsabilités. Et la première, à défaut d’action immédiate, c’est de critiquer une formation qui contribue si puissament à ce que ni la Liberté, ni l’Egalité, ni la Fraternité n’aient droit de cité dans les entreprises. Oui, oui, 1789 revient…

  • Ahixy dit :

    Bonjour,

    Pour ma part, je suis en année de stage avant ma dernière année à l’ESCP.

    En école de commerce, on apprend des techniques de management au sens large: marketing, finance,… mais aussi organisation, psychologie. Elles ne sont pas immorales mais amorales et c’est la raison pour laquelle chaque professeur intègre à ses cours des réflexions sur les portées de sa matière: pour ne pas nous les inculquer de manière froidement objective.

    Concrètement, il est faux de dire que les écoles de commerce sont à l’écart du débat social, qu’elles le snobent ou ne le comprennent pas. C’est même le contraire: elles y participent, autant par les contributions académiques de leurs enseignants que par les engagements associatifs de leurs élèves.

    Finalement, la situation que décrit ce livre (que j’ai lu) est fausse. Bien sûr qu’on apprend en école que tromper les gens sur les qualités d’un produit, ce n’est pas bien, ou que sous-estimer volontairement un risque financier, c’est mal. La réalité, c’est que ceux qui font ça le fond en tout état de cause, par intérêt personnel, mais certainement pas à cause de leur cours de marketing d’il y a 10 ans.

    Au fait, si on critique les écoles de commerce, alors qu’on critique aussi les écoles d’ingénieurs sur le même ton: la finance n’y est-elle pas enseignée comme un prolongement des maths? Et que dire de l’ENA, où l’on apprend à tout penser de manière systémique? Bref, « de la mesure avant toute chose »…

  • Jej dit :

    Pour aller à l’encontre de ce que dit Wyze, pourquoi une école qui enseigne la méthode nécessaire ne prodigue-t-elle pas en plus les valeurs dont vous faites l’éloge? Je suis d’accord, elle sont indispensables mais c’est aussi ce que semble écrire l’auteur. MMPRDC est toujours d’actualité dans la plupart des boîtes, mais est-ce que donner du recul aux futurs employés suffira à leur faire changer ce mode de pensée, alors que tous risquent de se laisser emporter par le travail jouissif qui consiste à faire du profit?
    Et pour revenir sur cette phrase : » L’école dispense tous les enseignements nécessaires à former des “honnêtes hommes”, chacun en fait ensuite ce qu’il veut – ou ce qu’il peut », Je m’abaisse à vous demander de relire Gorgias : le sujet y est déjà traité avec beaucoup de maetria

  • Inzedark dit :

    Bon bah moi j’ai lu le livre. Il est court concis et brillant. Le chapitre XII notamment mérite réellement qu’on s’y attarde. Des pistes de changement d’une qualité rare. Concernant les commentaires de personnes n’ayant pas lu l’ouvrage et dont le jugement se base essentiellement sur leur a priori vis-à-vis de ces trois lettres : HEC, ils ont perdu leur temps à écrire sur un sujet qu’ils ne connaissaient pas et vous ont fait perdre le vôtre, en les lisant. C’est un excellent ouvrage pour toute personne se posant des questions sur le devenir de notre société, ainsi qu’une initiative courageuse de quelqu’un qui pense « hors de la boîte » !

  • TheProdigy dit :

    Je n’ai pas lu le livre mais il semblerait plutôt que l’auteure pense « dans la boite » pour prendre à contresens l’expression de Inzedark (à mois que son message ne soit ironique), c’est-à-dire taper sur tous les méchants capitalistes intolérants: or ce préjugé a ses fondements quand on voit les bonus distribués aux traders en temps de crise partiellement causée par eux (mais c’est un autre débat…) mais il ne saurait en aucun cas concerner tous les patrons ou cadres supérieurs. D’abord parce que peu d’élèves issus de HEC deviennent traders, ensuite parce que le but de nombreux patrons de PME est de faire du profit mais aussi de donner envie à leurs employés de venir travailler chaque matin pour construire quelquechose, ce qui requiert une conscience sociale.
    Pour en revenir aux classes prépa j’en suis élève et je sais que je n’ai malheureusement pas le niveau pour prétendre à l’admission à HEC car c’est une école dont le concours d’entrée est difficile. Il est donc assez insolent de fustiger une école dont les élèves et les anciens ont du beaucoup travailler pour y apprendre des choses.
    Bonsoir à tous.

  • ToT dit :

    Ce livre est excellent, je l’ai lu et je suis très content de l’avoir fait.
    Pourquoi il est excellent ? Parce que le message est tout à fait juste : le capitalisme c’est bien, c’est la façon de le pratiquer qui n’est pas bien. Le système est bien mais les patrons qui utilise le capitalisme ne le font que dans un seul but , gagner encore et toujours plus d’argent. Oui, c’est l’objectif de gagner de l’argent mais à quel prix ? Ne vaut-il pas comme le dit l’auteur faire comme Yunus qui aide les gens avec des micro crédit et qui s’enrichit en même temps. Après tout social et économie vont ensemble et quand le mélange sera parfait on sera arriver au monde économique idéal !
    Et puis, au passage, si les patrons sont présents dans des ONG ou aide les plus nobles causes, ce ne serait pas parce que justement il se sente un peu coupable et veulent aider les gens malgré leur métier ?
    Cela ne m’empêchera pas de faire HEC si je le peux. C’est juste une certaine mise en garde qui te dit : et bonhomme, tu es sur que ce que tu fait est bien en accord avec tes valeurs initiales ?

  • Dave Neve dit :

    Ceux qui défendent les grandes écoles disent que Florence Noiville a craché dans la soupe.

    Moi, je dirais que c’est une personne qui a eu une prise de conscience

    D’ailleurs, les personnes issues des grandes écoles sont souvent incompétents avec leurs têtes bourrées des idées reçues, leur arrogance sans borne et leur mépris d’autrui.

    Par contre, ils sont très diplomatiques pour que la pillule amère de la pauvrété passent partout

    Vous remarquerez que je suis délégué CGT et certains de vous rigoleront de ce fait.

    Mais la France va très mal à cause de la ‘bourgoisie pourrie’ que vous avez en France (je dis ‘vous’ parce que je ne suis pas français) et les grandes écoles font une partie importante de problèmes actuelle

    Chao

  • laurent dit :

    Je viens de lire le livre et je ne pense pas que Florence Nioville « crache dans la soupe ». Elle ne crache pas sur l’économie et le capitalisme, elle souhaite juste les replacer comme moyen et non comme finalité. D’ailleurs, à aucun moment elle ne remet en cause son choix d’avoir fait HEC.
    Comme elle, je pense que les grandes écoles ont une part de responsabilité dans les dérives actuelles. Je suis actuellement en école d’ingénieur et je constate que le débat social est inexistant et qu’à aucun moment on aborde les finalités des enseignements. Tout est fait pour fabriquer du productif, du consommable en étouffant toute réflexion ou regard critique…

  • Pierre André dit :

    Florence Noiville dénonce le système des grandes écoles capitalistes.
    Elle remet en cause, non le capitalisme mais la manière dont on l’impose.

    HEC n’est pas seule responsable de la dérive de notre économie, à notre niveau, l’ENA tient aussi sa grande part de responsabilité, puisque la plupart de ceux qui sont en poste actuellement au gouvernement viennent de cette école.

    Le système politique français est exactement fondé sur les principes de ces grandes écoles.

    Comment peut on accorder une once de crédit à des ministres qui n’ont aucune formation, sinon celle de la politique, qui n’ont jamais exercé, sinon uniquement au sein du gouvernement…

    Ces « rentiers » de la politique, changent de portefeuille ministériel comme de chemise, un ministre de l’économie et des finances devient soudain un ministre du développement durable.
    Ces 2 sujets n’ont pourtant absolument rien à voir l’un avec l’autre…

    Il y a pourtant, dans nos écoles, des personnes qui se forment à devenir économistes, ou spécialistes environnementaux, pourtant, ce sont des énarques qui ne connaissent rien ni du premier sujet, ni du second, qui vont gérer ces 2 portefeuilles…

    Pour ma part, il faudrait complètement repenser la première école (HEC) et supprimer tout bonnement et simplement l’ENA, qui n’est que la formation d’une classe « élitiste » ou l’on apprend très vite à écraser son prochain pour son devenir personnel et ou l’on proclame haut et fort l’expression de référence « Après moi, le déluge » !!!

    C’est la politque du moi et de l’enrichissement personnel (toujours plus) aux détriments des plus démunis…

  • Javier dit :

    HEC c’est une école correcte mais avec rien d’extraordinaire. Trop à gauche déjà comme le reste de la France. La seul vrai école de commerce puissante, c’est l’INSEAD qui est vraiment fondée par des Anglo-saxons.

    Vous parlez d’hypercapitalisme mais votre système et votre société sont sociaux-démocrates. Les Français ne connaissent pas le vrai capitalisme où le marché force à reguler les actions des sociétés par l’offre et la demande. Votre marché interne est trop protectionniste, et vous avez un choix très limité des biens étrangers a l’intérieur du pays.

    La crise actuelle est due au « cryonism » américain entre la Fed, Washingnton et Wallstreet. Cela n’a rien à voir avec un capitalisme pure comme celui de l’école autrichienne d’économie fondée par Von Mises.

    Le capitalisme est le meilleur système quand nous le laissons travailler efficacement, sans intervenir ni sauver de mauvaise joueurs incompétentes comme les Banques ou les fonds d’investissement qui n’ont pas adopté un attitude mature ni assumé leurs fautes.

    Il faut laisser le marché punir ceux qui ont fait des erreurs graves, dans un vrai capitalisme, le client est le ROI. En France, ce n’est pas le c’est faux. Et en sauvant les banques, vous aurez une super inflation pour avoir transferré une dette privée en dette publique.

  • joiaglam dit :

    Cher Javier, permettez moi de vous dire à quelle point votre commentaire est abérrant! Laisser le capitalisme totalement libre, non mais vous voulez rire. Dois je vous rappeler a quoi cela a mené l’économie occidentale l’année dernière: Centaines de milliers de foyers américains insolvables par grace aux pratiques de toute la chaine financière (et notamment la perte totale de toute mesure du risque!!) Est cela la manifestation des bienfaits du capitalisme à outrance, je ne crois pas.. Regardez les inégalités et disparités économiques empiriquement présentes aux USA.
    Afin, votre expression « le client est roi » témoigne de votre unique intérèt pour la rentabilité, profitabilité et autre expression d’un « homoeconomicus » de base.. On sent la parole d’un bon petit diplomé d’une « prestigieuse » école de commerce à la sauce anglo-saxonne..
    Un peu plus de valeur morale ds ce bas monde ne serait pas du luxe
    Ps: Allez donc vous renseignez sur les manoeuvres des chèrs financiers de « Goldman Brothers entre autre (spéculation sur la solvabilité des Etats, réquisition d’anciens et/ou d’actuels hauts fonctionnaires etc..)

  • fABIENNE dit :

    Je retrouve à mon grand regret le bon vieil esprit français qui consiste à dénigrer tous ceux qui ont réussi quelque chose que l’on n’a pas eu le courage ou la faculté de tenter soi même.
    Pa ailleurs, lisez le discours de remise de diplôme 2010 du Directeur d’HEC; c’était un long appel à ses élèves pour qu’ils ne deviennent pas des monstres froids, uniquement soucieux de rentabilité. Tellement insistant que certains auditeurs en ont même été choqués. Si certains élèves, bien sûr ne tiendront aucun compte de ces recommandations, soyez sûrs que vous trouverez le même type de personnalités dans les facs de médecine ou dans les écoles d’ingénieurs.
    Enfin, la personne qui souhaite le retour de 1789 devrait faire qq études d’histoire pour prendre conscience de l’horreur qu’a été cette période, y compris pour les non nantis.

  • […] une caricature faite par un mouvement de gauche) et un récent ouvrage « J’ai fait HEC et je m’en excuse » mettent l’emphase sur les lacunes de la formation des élites économiques, qui […]

  • Bonjour, j’ai 16 ans et je suis une élève de 1 ere S et ces derniers temps j’essaie de peaufiner mon choix d’orientation, j’étais plutôt en train de penser aux sciences et j’ai vraiment envie de faire de longues études parce que je sais que j’ai l’envie et les capacités.

    Je suis donc allée dans un salon « grandes écoles » et j’ai été sidérée de voir l’attitude des représentants des écoles de commerces, véhiculant une image de perfection manucurée, et trainant comme des vautours autour de nous. Leur attitude m’a dégoûtée.
    L’idée était pourtant alléchante… Mais pourquoi aurais-je voulu tenter HEC ? Surement pour l’argent; l’image véhiculée par ces gens toujours bien sur eux, avec leurs tailleurs, toute cette dimension de richesse me faisait rêver, mais je me suis rendue compte à temps que je ne veux pas vendre mon âme au diable, je vais embrasser cette carrière scientifique, même si pour moi, la voie sera plus hardie, elle sera néanmoins plus passionnante et à la fin j’aboutirais à un métier qui me plaira autant qu’il me rendra fière car je me suis accrochée à mes rêves et je ne me suis pas laissée influencée… Franchement on est vraiment mal orienté de nos jours, mes parents eux-mêmes veulent mon bonheur mais j’avais beaucoup de pression et je voulais qu’une chose : être dans une situation vraiment aisée pour pouvoir me faire plaisir et offrir à mes parents tout ce qu’ils n’ont pas pu avoir, mais dans le fond, cela découle peut être du moule dans lequel j’ai grandi : celui de la consommation avide et qui n’en finit pas, je suis donc fière d’annoncer que je n’entre pas dans ce moule. Je m’en détache.

    Je sais bien que je n’exprime pas toutes mes pensées clairement et que ce je dis n’est pas très clair, mais j’avais besoin de faire sortir tout ça ;)
    Et puis ce n’est que on avis après tout il y a surement des choses que je dis qui sont fausses mais bon, j’ai voulu m’exprimer parce qu’on dit tjrs que les jeunes n’ont pas d’opinion.. alors qu’au contraire ils y en a bel et bien qui réfléchissent sur le monde etc !

  • nounous dit :

    je pense que l’auteur de cet ouvrage fait très bien de soulever une problématique qui, bien que toujours posée, n’a jamais trouvé d’écho ni assez d’attention. bien sûr que le capitalisme est bon, sinon, il n’existerait plus, mais son utilisation est de plus en plus biaisée. il faut prendre conscience du pouvoir que l’on met entre les mains d’élèves(de HEC ou autres) sans leur en donner le mode d’emploi, tout simplement! Mais je pense que cet ouvrage a été très très lucratif pour cet auteur… au moins, faire HEC aura servi à se remplir les poches, ce qui n’est pas à blâmer…au contraire.

  • Laurent dit :

    Bonjour,
    Je n’ai pas attendu d’avoir assuré mon indépendance financière pour énoncer des évidences sur le capitalisme, et je ne croyais pas non plus qu’il soit réformable par l’éthique quand j’ai appelé mes camarades de centrale à la « révolution individuelle » tant je ne supportais déjà plus la soumission aux résultats chiffrés (le sigma qui devait rester au dessus de zéro) et tant il m’apparaissait que j’avais accepté cette soumission dans l’espoir de gagner beaucoup mais que cela s’accompagnerait de toujours plus de soumission.

  • Elsa dit :

    Bonsoir,
    C’est un peu exagéré et facile de viser/critiquer une école, c’est dommage de ne pas avoir été honnête et de faire une critique directe sur la situation du monde actuel.
    Pourquoi ? Je pense que si elle aurait été à l’ESSEC (ou les pareils) elle serait passé par le même échec.
    Maintenant à savoir, le diplôme qu’elle a obtenue date d’il y a plus de 20ans, il n’est plus à jour, et ne nous voilons pas la face HEC « d’aujourd’hui » est bien plus supérieur que son niveau « d’avant »; je pense surtout que le mieux serai de s’excuser pour avoir fait SciencePo et qu’elle arrête de décourager les jeunes avec son échec.

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