Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« J’essaie de faire mon travail le mieux possible, j’essaie même d’aller un peu au-delà » O commentaire

La taille compte-t-elle, en matière de conditions de travail ? Vaut-il mieux travailler dans une grande entreprise, une entreprise de taille intermédiaire ou une PME ? Notre enquête débute dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI), ces structures à taille encore humaine mais engagées dans la compétition mondiale, qui comptent plus de 250 salariés. Témoignages.

Bernard, 52, responsable de la conception dans une entreprise de construction de terrains de sport. Les effectifs et le chiffre d’affaires de l’entreprise doublent tous les cinq ans, dans une région en mal d’emplois.

Certes, je suis souvent crevé, mais il y a bien-être physique et bien-être psychologique. Or, l’une des grosses satisfactions de notre travail, c’est qu’on peut voir ce qu’on réalise, ça se voit dans le paysage.
Alors, j’essaie de faire mon travail le mieux possible, j’essaie même d’aller un peu au-delà. Si ça passe par le circuit classique, si on respecte toutes les procédures, ça prend trop de temps. J’essaie de dépanner un peu tout le monde. Et j’attends de mes collaborateurs qu’ils le fassent aussi.
Je n’apprécie pas qu’on fasse ses heures quand il y a un coup de bourre. Je pars du principe que quelqu’un qui est bien au travail peut prendre un après-midi quand il en a besoin, mais doit être là quand c’est speed.

C’est comme ça que je vois les choses. Et c’est comme ça que je manage. J’essaie de faire progresser les collaborateurs, en leur donnant d’abord des affaires simples, puis de plus en plus complexes, puis en leur donnant plus de responsabilités, donc plus de stress, en augmentant leur salaire, en les faisant évoluer, en les impliquant au maximum : ils participent aux réunions de chantiers, ils se rendent sur les chantiers… J’essaie de confier des responsabilités jusqu’à ce que les gens disent que c’est trop, que c’est pas pour eux. Et puis, je le vois quand quelqu’un n’y arrive pas. D’ailleurs, jusqu’à présent, personne n’est tombé en dépression.
J’ai bien eu quelqu’un qui travaillait de chez lui, mais qui ne tenait pas les délais et avec lequel j’avais des problèmes de communication. Je commençais à perdre confiance, donc je lui ai demandé de revenir travailler au bureau. Si ça ne marche pas, je peux envoyer un avertissement, et ça peut aller jusqu’au licenciement. Car tout le monde n’arrive pas à passer le cap des transformations de l’entreprise, de l’accélération des délais, particulièrement les plus de 50 ans. Le problème, c’est qu’il n’y a rien de prévu pour eux.

Il y a 15 ans, les délais étaient beaucoup plus longs. Pas de mails, ni de portable, ni de télécopie. On envoyait tout par courrier. Aujourd’hui, quand il y a un problème sur un plan, on nous le signale immédiatement. Ca va trois ou quatre fois plus vite. C’est la course aux délais. Avant même d’aborder les problèmes techniques, on nous demande de garantir que nous tiendrons les délais que les propriétaires ont eux-mêmes fixés. On a parfois l’impression de travailler à l’envers.
Le déplaisir, c’est de ne pas pouvoir faire le travail correctement au niveau technique. Or, ça peut avoir des conséquences graves. Jusqu’à présent, nous avons réussi à gérer, à lever les lièvres avant qu’il ne soit trop tard. Il faut beaucoup anticiper pour limiter ce risque : il faut réagir immédiatement quand un nouveau dossier arrive, quitte à court-circuiter le circuit qualité, qui oblige le commercial à nous envoyer le dossier que quand il est complet. Il faut aller plus vite que la procédure, quitte à sous-traiter l’étude. C’est un risque, il faut savoir l’appréhender

Propos recueillis par Elsa Fayner

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Publié dans : Témoignages

le 11/04/2011, par Elsa Fayner

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