Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Insertion professionnelle: promesses non tenues 1 commentaire

Photo: Cédric Faimali / www.collectifargos.com

Photo: Cédric Faimali / www.collectifargos.com

Le 24 avril 2009, le chef de l’État promettait d’aider 500 000 jeunes à s’insérer dans la vie active d’ici à juin 2010. Où en est-on aujourd’hui ?

Partant du constat qu’en France, le taux d’emploi des jeunes est de 46 % alors que dans la majorité des autres pays européens il s’élève à 63 %, Nicolas Sarkozy promettait en avril dernier d’aider 500 000 jeunes à s’insérer dans la vie active avant juin 2010.

Il mettait en place quelques mesures pour favoriser l’apprentissage et la formation en alternance : des exonérations de cotisations sociales et des primes.

Deux objectifs ambitieux

Et se fixait deux objectifs:
– recruter 320 000 apprentis entre le 1er juin 2009 et le 1er juin 2010, soient 35 000 de plus qu’en 2008,

– et recruter 170 000 contrats de professionnalisation d’ici à juin 2010, soient 30 000 de plus qu’en 2008.

Promesses tenues?

apprentisMoins d’apprentis que promis

Certes, en juin 2010, la France métropolitaine compte 394 000 apprentis. Mais le chiffre ne nous indique pas le nombre d’entrées en apprentissage entre juin 2009 et juin 2010. Or, en regardant de plus près les données de la DARES, c’est une contre-performance qui est constatée. Entre juin 2009 et juin 2010, environ 280 000 apprentis ont été recrutés. Contre 285 000 en 2008. Et loin derrière les 350 000 annoncés (le chiffre s’obtient en combinant les données des PRINCIPALES ACTIONS DE LA POLITIQUE DE L’EMPLOI pour la période Janvier-Juin 2010, et d’Activité des jeunes et politiques d’emploi – Juin 2010 pour la période Juin-Décembre 2009, telles qu’indiquées sur le graphe ci-contre).

contratspro1Moins de contrats de professionnalisation qu’annoncés

Du côté des contrats de professionnalisation, 198 000 jeunes en bénéficient en juin 2010 en France métropolitaine. Mais combien de candidats ont été recrutés en contrat de professionnalisation entre mai 2009 et juin 2010? Environ 135 000. Loin derrière les 170 000 promis.

Finalement, ce sont plutôt 400 000 jeunes qui ont suivi les voies de l’apprentissage et du contrat de professionnalisation. Ils sont moins nombreux que les années précédentes. Et les objectifs que s’était fixé le chef de l’État ne sont pas atteints.

Elsa Fayner

Pour aller plus loin

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Publié dans : 35h, retraites: temps de travail

le 29/08/2010, par Elsa Fayner

1 commentaire

  • toutsediscute dit :

    Il est toujours intéressant d’observer après coup quels sont les résultats obtenus par les orientations politiques. Cela devrait être la règle dès lors qu’elles affichent des objectifs chiffrés, merci donc pour cette analyse et les infos pertinentes de votre blog.
    L’examen des résultats montre une fois encore, qu’affirmer ses intentions haut et fort ne suffit pas. L’économie et les recrutements sont aussi liés à la dynamique de l’activité pas exclusivement à la promotion de tel ou tel type de contrats.
    Vous citez en début d’article l’argument présidentiel, 63% des jeunes en emploi en France alors que cela est de 46% ailleurs en Europe. Il ne faut évidemment pas négliger l’emploi des jeunes, mais les chiffres méritent d’être interprétés en tenant compte du contexte. A ce titre, il est intéressant de relire le papier « Le chômage des jeunes en chiffres frelatés » de Déchiffrages (http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2009/04/25/le-chomage-des-jeunes-en-chiffres-frelates/). Il a le mérite de relativiser ces chiffres spectaculaires mais liés à un contexte particulier. Il également intéressant de relire l’article suivant du blog de Gilles Raveaud, celui-ci date de 2009 , « chômage des jeunes que penser des mesures du gouvernement » (http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2009/05/03/chomage-des-jeunes-que-penser-des-mesures-adoptees-par-le-gouvernement/). A ce propos, à quand une politique d’éducation et de formation tout au long de la vie ambitieuse ouverte au plus grand nombre et non seulement catégorielle ?

    Le sujet « chômage des jeunes » est abordé 10 fois plus fréquemment que celui des seniors, si l’on en croit Google. Situés aux deux extrémités des trajectoires professionnelles, le chômage des jeunes et celui des seniors n’est jamais abordé simultanément. Alors que la prolongation légale de l’âge du travail va être imposée au salariés, nous devrions peut être élargir l’angle de vue. La superposition des graphiques Insee des demandeurs d’emploi de moins de 25 et de plus de 50 (http://www.indices.insee.fr/bsweb/servlet/bsweb?action=BS_SERIE&ONGLET=1&BS_IDBANK=1572374&BS_IDARBO=02020200000000 et http://www.indices.insee.fr/bsweb/servlet/bsweb?action=BS_SERIE&ONGLET=1&BS_IDBANK=1572372&BS_IDARBO=02020200000000, ce serait plus clair en image désolé) paraissent contredire les flux de l’actualité. D’après les graphiques le chômage des seniors est quantitativement passé aujourd’hui devant celui des jeunes. Alors que la courbe « jeune » voit son inflexion freinée au cours de la dernière année (influence des mesures politiques ?), et plus globalement décroître sur plus longue échelle de temps, celle des seniors poursuit sa route vers les sommets. Qu’en sera-t-il ensuite ? Quel est le lien entre ce deux catégorie de chômeurs et les politiques d’emploi menées ?

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