Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Il y a des gens qui ne dorment pas dans mon service, se demandant si leurs calculs sont corrects » 1 commentaire

Illustration Claire Laffargue / clairelaffargue.fr

La taille compte-t-elle, en matière de conditions de travail ? Vaut-il mieux travailler dans une grande entreprise, une entreprise de taille intermédiaire ou une PME ? Notre enquête débute dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI), ces structures à taille encore humaine mais engagées dans la compétition mondiale, qui comptent plus de 250 salariés. Témoignages.

Frédéric, 36 ans, ingénieur dans une entreprise de construction de terrains de sport. Les effectifs et le chiffre d’affaires de l’entreprise doublent tous les cinq ans, dans une région en mal d’emplois.

Nous sommes de plus en plus isolés dans notre service. Avant, on travaillait sur des projets locaux, avec les commerciaux. Les gens du chantier passaient nous voir. Mais, maintenant, les chantiers sont nationaux et internationaux. L’esprit de famille se perd. On ne sait plus qui sont les nouveaux dans l’entreprise, on ne connaît plus nos collègues. C’est la rançon du succès. Mais c’est d’autant plus marquant que c’est brutal : ça a commencé il y a 3-4 ans, et ça s’est amplifié ces 2 dernières années. Comme les projets sont plus gros, ils sont de plus en plus segmentés et on doit se limiter à une tâche. Ce qui fait qu’à un moment j’aurai envie de changer de poste, j’en suis sûr.

Il y a aussi maintenant un objectif à atteindre. Mais, pour peu qu’on prévienne avant que ça va être plus dur que prévu, on nous donne les moyens supplémentaires pour l’atteindre. On me met quelqu’un en soutien par exemple. On met en place des outils, on voir si l’atelier peut modifier son planning. On trouve d’autres solutions. C’est rassurant. On sait qu’on ne va pas être viré du jour au lendemain parce qu’on n’a pas rempli un objectif débile.

En attendant, je sens quand même de plus en plus le stress, la pression. Il faudrait pouvoir les évacuer, pouvoir en parler. C’est un stress qui ne vient pas de l’encadrement, mais de la rigueur nécessitée par mon travail. Il y a des gens qui ne dorment pas dans mon service, se demandant si leurs calculs sont corrects. Moi-même, je dors bizarrement la semaine et hors vacances. J’ai le dos bloqué aussi, et l’osthéo m’a dit que c’était dû au stress. Un collègue est même parti récemment à cause de ce mal être au travail. Son poste demandait trop de responsabilités pour lui, et il trouvait l’encadrement trop étouffant. Mais, dans l’entreprise, on ne parle pas de ça.

Propos recueillis par Elsa Fayner

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Publié dans : Témoignages

le 18/04/2011, par Elsa Fayner

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