Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Henri Pézerat n’aimait pas l’amiante O commentaire

lemondeHenri Pézerat est mort à 80 ans, lundi 16 février. Le Monde dresse le portrait du chercheur, qui a passé sa vie à dénoncer les méfaits de l’amiante sur le monde du travail. Henri Pézerat avait pourtant vocation à devenir un brave soldat de  l’industrie. Il était spécialiste de la réaction de surface des minéraux, ne cherchait noise à personne dans son laboratoire de Jussieu. En 1975, des collègues firent appel à son savoir : une poussière blanche qui tombait du plafond de l’université s’incrustait partout et polluait leurs mesures.

Il ne supportait pas que des hommes empoisonnent sciemment d’autres hommes. Il le supportait d’autant moins que les coupables se disaient scientifiques, comme lui. Alors Henri Pézerat traquait dans les organismes, dans le sol, dans l’eau, dans l’air, les doses infinitésimales, les particules microscopiques qui auraient dû permettre le crime parfait.

Le chercheur du CNRS démontait les alibis du tabagisme ou de l’alcoolisme qui dédouanaient si facilement des cancers suspects. Depuis plus de trente ans, le toxicologue pourchassait particulièrement une fibre invisible qui décime aujourd’hui une génération d’ouvriers : l’amiante. Il fut parmi les premiers à en dénoncer, sur la place publique, les effets ravageurs.

Henri Pézerat est mort à 80 ans, lundi 16 février. Mais jusqu’aux derniers jours, il récriminait encore contre la légèreté de ceux qui laissaient filer à l’étranger un porte-avions Clemenceau qu’il jugeait très toxique, vitupérait contre l’usage de la fibre céramique ou le fléau du saturnisme.

Son modeste appartement de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) était encombré de dossiers qui étaient autant d’éléments à charge contre les industriels, les pouvoirs publics et, hélas !, des experts qui se faisaient leurs complices. « Il est plus aisé de culpabiliser les individus que de condamner les acteurs économiques qui n’hésitent pas à mettre sur le marché des produits ou des technologies à même d’engendrer une augmentation de l’incidence des cancers », grondait-il.

Lire la suite de l’article de Benoît Hopquin sur lemonde.fr (réservé aux abonnés).

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Publié dans : Stress, santé

le 15/03/2009, par Elsa Fayner

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