Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Entretien avec Luc Bérille, le sniper de l’Unsa O commentaire

Couverture Le livre noir des syndicatsPendant un an, Erwan Seznec et moi-même, la rédactrice de ce blogRozenn Le Saint, avons enquêté sur un monde syndical en pleine dérive.

Avant la parution du Livre noir des syndicats le 12 mai, nous racontons les coulisses des interviews de leurs patrons, visiblement inconscients du naufrage de leur institution. Troisième épisode avec Luc Bérille, la voix de l’Unsa.

Le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) est le premier à accepter de nous rencontrer, le 29 septembre 2015, dans son grand bureau de Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Comme toutes les interviews de chef de syndicat, nous ne nous attendons pas à des révélations.

Tailler ses homologues

C’était sous estimer la capacité de Luc Bérille à tailler ses homologues. Pour commencer, il tacle la CFDT:

« J’ai beaucoup travaillé avant ma prise de fonction, contrairement à mon homologue à la CFDT, Laurent Berger. »

La caricature de l’instit

Avant de rejoindre l’équipe nationale de l’Unsa en 1990, il a été instituteur. Il en est la caricature. Il a conservé son salaire de professeur des écoles. En tant que fonctionnaire, sa décharge syndicale lui accorde les 2 300 euros nets par mois auxquels il aurait droit sur l’estrade, devant un tableau.

Soit près de deux fois moins que ses homologues de la CGT et de FO. Son salaire à lui se rapproche du salaire moyen en France. Luc Bérille, dont le syndicat score surtout dans la fonction publique, assure:

« Le CV des secrétaires généraux des syndicats en disent beaucoup sur la sociologie de leurs adhérents. »

Puis vient le tour de la CGT d’en prendre pour son grade. Depuis l’affaire de l’appartement rénové de Thierry Lepaon, qui nous abordons bien sûr dans le livre et sur ce blog, « ils n’arrivent plus à parler de rien. Tout est explosif. »

Lourdeur d’appareil

Luc Bérille ne tape jamais pour rien. A chaque fois, évidemment, c’est dans le but de mettre en avant, en comparaison, le fonctionnement de son syndicat, épargné de toute lourdeur d’apparatchik, selon lui. Il cingle:

« Une confédération est un “appareil d’appareils d’appareils”. Si la CGT est en crise d’orientation, c’est parce que son mode de fonctionnement n’est pas discuté. Le poids reste stalinien dans une logique confédérale : les clés de la CGT sont tenues par les fédérations. »

Le scandale de l’Unsa police

Comme son nom l’indique, l’Unsa se pose en contre modèle. Mais a contrario, l’autonomie laissée dans chaque profession n’est pas sans poser de soucis.

Comme au sein de la police : son antenne est éclaboussée par le scandale de la gestion de l’Association nationale d’action sociale des personnels de la police nationale et du ministère de l’Intérieur (Anas), sorte de CE des tuniques bleues que Joaquin Masanet dit Jo l’embrouille, chapeautait. Sur cette question, que nous traitons dans notre livre, Luc Bérille botte en touche.

L’appât des « syndicats autonomes de barbus »

Pour changer de sujet, il nous appâte en nous mettant sur la piste de l’infiltration d’islamistes radicaux dans les syndicats traditionnels ou la création de leurs propres « syndicats autonomes de barbus », notamment à la RATP.

Un mois et demi avant les attentats du Bataclan (dont un des auteurs, Sami Amimour était un agent de la régie avant de devenir kamikaze), nous nous mettons à enquêter sur le sujet.

  • Journaliste indépendant, Erwan Seznec a passé huit ans à Que choisir. Il a notamment participé à l’Histoire secrète du patronat.
  • Journaliste spécialisée dans le domaine économique et social, Rozenn Le Saint collabore régulièrement à MarianneLiaisons sociales et Santé & Travail.

 

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Publié dans : Actualité

le 17/04/2016, par Rozenn Le Saint

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