Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« Entre nos mains », documentaire sur la reprise d’une entreprise par ses salariés 1 commentaire

entrenosmainsSortie du film en DVD le 16 février 2010. Le film est par ailleurs nominé au César du meilleur documentaire.

L’histoire

Confrontés à la faillite de leur entreprise de lingerie, des salariés – majoritairement des femmes – tentent de la reprendre sous forme de coopérative.
Au fur et à mesure que leur projet prend forme, ils se heurtent à leur patron et à la réalité du « marché ».
L’entreprise devient alors un petit théâtre où se jouent sur un ton espiègle, entre soutiens-gorge et culottes, des questions fondamentales économiques et sociales. Les salariés découvrent dans cette aventure collective une nouvelle liberté.

L’auteure, Mariana Otero, raconte dans le dossier presse le choix de ce sujet:

Pendant des années, j’ai consacré mon travail de cinéaste à tenter de dresser un état des lieux de notre société. Sans commentaire, sans interview, sans discours, mais en racontant des histoires qui rendaient visible la complexité des situations et des enjeux.
Trois films ont ponctué cette période : « Non lieux » (1991), « La Loi du collège » (1994) et « Cette télévision est la vôtre » (1997). Dans ces films, j’interrogeais des institutions qui fonctionnaient toutes suivant des modèles préétablis dont il était bien difficile, pour ceux qui y travaillaient, de s’écarter.
Avec « Entre nos mains », je voulais porter mon regard sur une « utopie » qui se confronte au réel en racontant l’histoire de « gens » qui sont amenés très concrètement à remettre en question leur manière de vivre ou de travailler et à se penser ou se percevoir autrement, à travers d’autres pratiques.
C’est pourquoi je me suis intéressée aux Scops, des entreprises qui fonctionnent sous forme de coopérative. Elles « révolutionnent » intimement notre manière instituée de travailler et de vivre ensemble et amènent chacun à penser différemment son rapport au travail, aux collègues, aux proches, et plus généralement à revoir sa manière « d’être au monde ».
Il m’a semblé que le meilleur moyen de montrer cette révolution à la fois intime et collective était de filmer non pas une Scop déjà existante, mais plutôt le prélude à sa naissance, c’est-à-dire la période courant sur quelques mois durant laquelle les salariés envisagent de construire ensemble leur propre coopérative.
C’est ainsi que je suis arrivée à Starissima, une entreprise de lingerie féminine située à proximité d’Orléans, constituée majoritairement de femmes (c’est pour cela que je dirais elles plutôt que ils, écorchant délibérément ainsi notre sacro-sainte règle de grammaire !).
Pour la plupart, elles ont travaillé dans ce lieu toute leur vie durant sans jamais se syndiquer – à l’exception de l’une d’entre elles – et ne se sont même jamais mises en grève malgré leurs insatisfactions et leurs maigres salaires. Starissima est donc une entreprise figée depuis des décennies dans un système hiérarchique et paternaliste fort, « à l’ancienne » pourrait-on dire, mais aussi paradoxalement, à l’image du monde salarial actuel, moins syndiqué et politisé qu’il y a une trentaine d’années.
Avec cette possibilité de travailler en coopérative, des femmes d’origines culturelles différentes, habituées à travailler « en clans » et de manière individualiste, allaient devoir travailler ensemble : l’enjeu pour elles était de taille. Mais plutôt que de décrire le processus économique en lui-même, ce qui m’intéressait, c’était de filmer – dans la suite de mon film précédent « Histoire d’un secret » – le politique à hauteur d’hommes et de femmes, et de le faire au quotidien, en essayant de m’approcher au plus près de chacun, de son évolution singulière, pour essayer d’en dégager au final un sens plus général et plus vaste. Et de faire ainsi de cette entreprise un petit théâtre aux personnages divers et attachants où allaient se jouer des questions fondamentales économiques et sociales.

Lire une chronique et voir la bande-annonce sur Mode(s) d’Emploi

Horaires, salles, résumé

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Publié dans : Culture

le 16/02/2011, par Elsa Fayner

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