Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

« En soudure, il arrive régulièrement de prendre feu » 1 commentaire

Véronique (1), 41 ans, touche le rSa, dans la Mayenne, qui expérimente le dispositif. Le rSa est étendu à toute la France le 1er juin 2009. Deuxième épisode d’une série de trois témoignages de bénéficiaires du rSa

Avec un BEP sanitaire et social, j’ai alterné jusqu’en 2007 les contrats courts, à temps partiel, et les périodes au RMI, à 650 euros par moi. Seule avec trois enfants, je ne pouvais rien prévoir. La moindre réparation de voiture devenait compliquée. Comme je n’ai pas de budget pour les loisirs, je devais vite piocher dans le budget nourriture, ça devait intenable.
Je lisais régulièrement les offres d’emploi dans les journaux. Un jour, je tombe sur une petite annonce pour un  »pack emploi-soudure », avec une formation, encadrée par le Conseil général, et des stages en alternance. J’avais des amis soudeurs, je savais que le secteur manquait de bras parce que le métier est dur. J’ai donc répondu, je n’étais pas sûre qu’ils accepteraient une femme. J’ai finalement été retenue.

Une aide financière versée plus rapidement

Mais, quand j’ai commencé, j’ai eu des frais en plus : pour les déplacements, les tenues de travail, les chaussures de sécurité, la garde des enfants… Heureusement, en entrant dans cette formation, je suis passée du RMI au rSa. Et, en Mayenne, dans ce cadre-là, on reçoit une bourse de 300 euros dès les premières heures de travail.
Ca m’a permis d’acheter le bleu de travail. Il n’est pas fourni par l’établissement. Et ça coûte cher, parce qu’il faut en changer souvent : en soudure, il arrive régulièrement de prendre feu. Ce sont des conditions de travail très particulières…

A part ça, je suis très bien accueillie par mes collègues masculins, essentiellement des Slovaques. Ils sont admiratifs. Ils disent que, chez eux, les femmes ne travaillent pas.
Le rSa, ça m’a aidée aussi quand ma vieille voiture a rendu l’âme. Là, j’ai pu toucher 700 euros. Ces aides correspondent à l’ancienne prime de retour pour l’emploi, mais la somme est versée plus rapidement. Du coup, cela permet de commencer à travailler dans de bonnes conditions, sans avoir à réduire le budget nourriture.

« Au moins, aujourd’hui, je peux me projeter sur six mois »

En octobre 2008, j’ai signé un contrat de professionnalisation de six mois. Au moins, aujourd’hui, je peux me projeter sur six mois. Et je peux partir en vacances pour la première fois depuis vingt ans.
C’est mon référent rSa, au Conseil général, qui a sollicité l’entreprise dans laquelle j’étais en stage pour qu’elle m’embauche ensuite. Le référent, il est toujours disponible quand j’ai une question, ou un problème. Ca change du RMI : il n’y avait pas vraiment d’accompagnement.

Des conditions de travail très particulières

C’est mon conseiller aussi que je contacte quand je ne sais pas quoi faire. Ce matin encore, je l’ai appelé. J’ai pris un éclat dans l’œil à l’atelier, et le médecin m’a conseillé de rester chez moi. Je voulais aller travailler quand même, pour éviter un nouveau sermon de mon patron. Mais mon conseiller m’a dit de ne pas jouer avec ma santé. Ca m’a fait réfléchir, et je suis restée chez moi.

(1) Le prénom a été modifié, à la demande de l’intéressée.

Propos recueillis par Elsa Fayner

Vous souhaitez témoigner? Écrivez-moi

Pour en savoir plus sur le dispositif, lire Le rSa, pour qui, pour quoi?

Sur la question du bien fondé du dispositif, lire rSa: est-ce vraiment d’une incitation financière dont les chômeurs ont besoin?

Lire le premier témoignage de la série rSa: “Le rSa pourrait me permettre d’ouvrir un club échangiste”

Lire le troisième témoignage de la série rSa: “Je dois être à la hauteur du logo de la société, un raton laveur”


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Publié dans : À l'usine | Salaires | Témoignages

le 8/06/2009, par Elsa Fayner

1 commentaire

  • patdu49 dit :

    bonjour,

    seule avec 3 enfants, le plafond RMI est à 865,16€ logiquement, et non pas 650€ par mois.

    il faudrait m’expliquer le budget voiture, mensuel aussi, une voiture entretenue qui respecte la loi, ça coute 0,35€ du kilometre au bas mot (carburant, entretien, décote, controles techniques, réparations, assurance etc)
    combien de kilometres effectués par mois pour se joindre au travail, etc courses, enfants … ?

    il serait aussi sympatique de parler du budget « logement », car il est très fréquent, que le montant des APL ne couvrent pas les montants des loyers ou ils sont rendus aujourd’hui ..

    et penser aussi que l’APL est calculée sur les revenus de 2007, pour 2009, et donc aux pertes probables, à venir de ces dernières, en cas de reprise d’emploi.
    ainsi que perte eventuelle de la CMU si depassement plafond.
    ainsi que perte de l’exonération de la taxe habitation et redevance télé.
    ainsi que perte du tarif social energie et téléphone.

    « véronique » à la chance d’avoir une réelle HLM ?
    ou d’etre propriétaire sans remboursement de credit ?
    quel age ont les enfants ? qui les garde ?
    certains sont peut etre en age de disposer de revenus eux mêmes ?

    temoignage sympa, mais on reste sur notre faim ..

    c’est compliqué et précis de décrire un foyer, un budget de vie, etc …

    déjà un contrat de professionnalisation pour une personne de + de 25 ans, c’est pas exceptionnel, mais c’est relativement rare, en général dans les faits, les employeurs prefèrent les – de 26 ans, car ils coutent moins cher …

    selon les ages des enfants, les aides de la CAF varient etc ..
    l’entourage également familial et les situations de ces foyers fiscaux, + entourage amical, affectif, etc joue un rôle très important .. proximité, aides diverses et variées etc … (financieres, matérielles, coups de mains, alimentaires etc ..)

    courage en tout cas à « veronique » car ça doit pas etre méga simple de survivre à 4 si des petits revenus …

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