Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

E-mail, tchat : communiquer en silence pour mieux travailler ? 2 commentaires

Je redoutais le brouhaha de l’open space. Je quittais un bureau chez moi pour la rédaction de Rue89, où s’active en permanence une vingtaine de personnes. Et pourtant, ce qui m’a frappée dès les premiers jours, c’est le silence. Peu de coups de fil, encore moins de discussions.

Toutefois, mes collègues se comprennent comme par magie. Sans un regard ni une parole, ils sont deux à éclater de rire en même temps à deux extrémités de la pièce. D’un même élan, à l’heure du déjeuner, ils sont cinq à se lever, sachant déjà s’ils vont avaler des sushis ou une entrecôte. Toute la journée, des ordres se donnent, des comptes se règlent, des drames se nouent et se dénouent sans faire parler d’eux.

Qu’ils soient séparés par des kilomètres de couloir ou assis à un mètre l’un de l’autre dans le même bureau, les salariés communiquent de plus en plus en mode discret. Par e-mail si le message est long, mais surtout par messagerie instantanée – par tchat.

Quelles sont les conséquences de cette communication silencieuse sur les relations entre collègues, et sur la qualité du travail ?

Des salariés moins seuls

D’abord, tous ces outils ont tendance à développer les relations entre collègues, d’après les auteurs de la grande enquête [PDF] « TIC et conditions de travail » :

« Les salariés déclarent moins souvent travailler seuls. Il apparaît également que les TIC [technologies de l’information et de la communication, ndlr] favorisent l’entraide et l’interdépendance entre collègues, ainsi que les discussions formelles ou informelles. »

Le tchat, particulièrement, est jugé pratique, raconte Cindy Felio, qui a mené une enquête auprès de 62 cadres :

« Ils disent que le tchat – et notamment Windows Communicator dans les grandes entreprises – remplace l’e-mail pour les échanges informels, qui ne nécessitent pas de traces écrites. Ils l’utilisent pour savoir s’ils peuvent passer voir un collègue, pour expliquer qu’ils ne peuvent pas répondre parce qu’ils sont en ligne, etc. La conversation se poursuit ensuite de vive voix. »

Des outils d’accélération du temps

Le tchat allié au mail donne aux cadres le sentiment de pouvoir travailler aux moments où ils sont le plus efficaces, le plus libres, sans temps morts, et de pouvoir être réactifs quand il le faut (« pour négocier un super contrat à 22 heures »). Ils pensent optimiser leur disponibilité, mais en même temps, ils sont désormais tout le temps disponibles.

Lire la suite de l’article d’Elsa Fayner sur Rue89 Eco

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Publié dans : À la une | Actualité | Néo-management | NTIC

le 9/12/2012, par Elsa Fayner

2 commentaires

  • Karine dit :

    En effet le tchat a ses avantages et ses inconvénients mais il représente tout de même un gain de temps pour les échanges informels, plus fréquents qu’on ne le pense en entreprise.

  • Laurent dit :

    Oui, mais non… D’expérience, j’ai remarqué tristement qu’un collègue qui la « ramène beaucoup », qui parle beaucoup au téléphone, ça crée de l’animation autour de lui. Il donne ainsi l’illusion qu’il travaille bien plus qu’un autre collègue qui communique tout autant, mais par écrit, soit par e-mail, soit par messagerie instantanée. J’approuve chacun des points de cet article, mais ils ne sont malheureusement pas facile à mettre en valeur dans certains contextes.

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