Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

D’un retournement l’autre. Comédie sérieuse sur la crise financière 1 commentaire

Economiste, Frédéric Lordon est connu pour ses essais critiques sur la mondialisation financière,
qui ont rencontré un grand succès public. Il a ici choisi une forme singulière, celle du théâtre, pour
mettre en scène la crise de la finance mondiale. Le rideau s’ouvre : Messieurs les Banquiers, son Altesse le président de la République française, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Gouverneur de la Banque centrale et le petit peuple des conseillers de la Cour. La pièce peut commencer : complètement lessivés par la crise des désormais célèbres « subpraïmes » (sic), les Banquiers vont bientôt sonner à la porte de l’Etat pour lui demander de mettre la main au porte-monnaie…Frédéric Lordon se révèle un versificateur virtuose, qui a fait le choix de l’alexandrin pour raconter la déconfiture d’un système qui a tous les traits de l’Ancien Régime. Mais si la forme évoque la tragédie classique, D’un retournement l’autre est aussi une farce sinistre qui dresse un portrait dévastateur de notre élite (le lecteur reconnaîtra sans peine ses plus célèbres représentants). On rit jaune, à écouter cet aréopage de beaux parleurs affolés par l’interminable maelstrom qu’ils ont provoqué, mais qui jamais n’abjureront leur foi dans les vertus du marché. Crise de la finance, sauvetage public, Explosion de la dette et rigueur hystérique. Et comme d’habitude, à qui va l’addition ? Qui donc de la farce pour être le dindon ? On l’aura compris : le « retournement » à venir n’aura rien à voir avec celui d’un cours de bourse (Présentation de l’éditeur)

D’un retournement l’autre. Comédie sérieuse sur la crise financière. En trois actes et en alexandrins, de Frédéric Lordon.

Voir le blog de Frédéric Lordon, La pompe à phynance

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Publié dans : Culture

le 16/05/2011, par Elsa Fayner

1 commentaire

  • Edelin dit :

    J’ai assisté à la lecture (mise en espace) de cette pièce le 7 mai à Paris au 104, avec Jacques Bonnafé, Denis Podalydes, et d’autres acteurs moins connus mais très convaincants également. Je peux vous dire que la salle de 400 places riait souvent. La forme de l’alexandrin est efficace, même aujourd’hui, la preuve, pour parler de ce genre de sujets. L’exercice est difficile, et cette contrainte de forme qui enferme la créativité est ici jubilatoire car elle traite des bassesses du pouvoir économico-politique avec la langue du beau et des grands sentiments. Frédéric Lordon, un « économiste atterré », a donc selon moi réussi cet exercice périlleux et salutaire: nous manquons de tels spectacles qui font sentir les réalités du monde opaque des pouvoirs -économie / politique / entreprise- mieux que des dizaines de conférences. Et cela ne peut pas être écrit par un pur poète….Merci donc à Frédéric Lordon de s’être lancé avec brio dans cette aventure!

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