Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Conditions de travail : les bonnes idées du quinquennat de Sarkozy O commentaire

Quelles propositions concrètes vont sortir de la « grande conférence sociale » (ces 9 et 10 juillet) pour améliorer les conditions de travail en France ? Le sujet ne fait pas même l’objet d’une table ronde : il sera traité en même temps que l’égalité professionnelle entre hommes et femmes.

Mieux, il a été rebaptisé. Sous François Hollande, on parlera de « qualité de vie au travail ». Ça sonne confort, bureaux lumineux, conciergeries d’entreprise… Bref, aménagements à la marge.

Et pourtant. Plusieurs mesures intéressantes étaient sorties de rapports publiés sous Nicolas Sarkozy, ou proposées par le gouvernement Fillon, suite à la vague de suicides chez France Télécom en 2008 et 2009. Des propositions vite oubliées dans un tiroir, ou rapidement ravalées, mais qui pourraient donner aujourd’hui des idées.

1/ Le « naming and shaming »

Fin 2009, Xavier Darcos, ministre du Travail, décide de changer de stratégie pour inciter les entreprises à améliorer les conditions de travail de leurs salariés. Il décide de s’attaquer à leur image plutôt qu’à leur porte-monnaie, s’inspirant du « naming and shaming » américain. Il s’agit de désigner nommément les bons et les mauvais élèves.

Le critère de classement : les 1 500 d’entreprises de plus de 1 000 salariés ont-elles signé l’accord national interprofessionnel sur le stress [PDF] de juillet 2008 (la signature de l’accord n’étant pas une obligation légale) ?

Le 18 février 2010, trois listes d’entreprises sont publiées sur le site « Travailler mieux » du ministère du Travail :

  • la liste verte rassemble les 300 entreprises ayant signé un accord de fond, ou au moins un accord de méthode (établissement d’un calendrier, d’un cahier des charges, etc.), voire un simple plan d’action concerté avec les représentants du personnel ;
  • la liste orange regroupe les 490 entreprises ayant engagé des négociations qui n’ont pas encore abouti ;
  • la liste rouge, les sociétés n’ayant pas engagé de négociations, et celles n’ayant pas répondu du tout, ou n’ayant pas reçu le courrier.

Les représentants syndicaux d’entreprises classées dans le vert se font critiques. Les informations, récoltées sur la base de déclarations des directions, sont parfois erronées. En réponse, certains agents d’inspection du travail proposent la publication des courriers (non nominatifs) de l’inspection du travail sur un site internet.

Dernière limite au « naming and shaming » à la française, et non des moindres : dès le lendemain de leur publication, les listes orange et rouge sont retirées du site. Seule la liste verte reste accessible (nous avons cependant conservé la liste rouge de l’époque). Un camouflet pour le ministre du Travail. Mais une initiative qui a visiblement bousculé.

2/ Rémunérer les managers en fonction de la santé des salariés

« Il faudrait que les “top managers” voient leur rémunération varier en fonction de critères sociaux, comme le nombre d’accidents du travail, le turn-over, le taux de promotion interne ou la satisfaction des salariés. »

C’est ce que propose Christian Larose, alors président de la section travail du Conseil économique, social et environnemental. Avec Henri Lachmann de Schneider Electric, et Muriel Pénicaud, DRH de Danone, il a rédigé un rapport sur la santé au travail à la demande de François Fillon, alors Premier ministre.

C’est d’ailleurs la première de leurs dix propositions : « L’évaluation de la performance doit intégrer le facteur humain, et donc la santé des salariés. »

Investir dans la santé des salariés représente un atout pour la performance, martèlent les trois auteurs. Le titre de leur rapport le dit bien : « Bien-être et efficacité au travail ».

Lire la suite de l’article d’Elsa Fayner sur Rue89 Eco

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Publié dans : À la une | Actualité | Liste rouge des entreprises

le 3/09/2012, par Elsa Fayner

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