Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Ce que dit la fausse couche d’une salariée d’Auchan sur la première fortune de France O commentaire

CC - Alessia - FlickrIl est temps que l’année 2016 se termine pour la famille Mulliez. Ouf, elle reste la première fortune de France, devant Liliane Bettencourt et Bernard Arnault, avec ses 40 milliards d’euros, selon le magazine Capital.

Mais la très discrète famille du Nord a été mise sur le devant de la scène à son insu à de multiples reprises. D’abord, en essuyant des perquisitions, le 10 mai 2016, dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale.

Licenciement abusif et fausse couche

Puis il y a eu le licenciement de cette caissière de Tourcoing (Nord), l’été 2016, pour un écart de caisse de… 0,85 €. Enfin, cette salariée du même magasin qui a fait une fausse couche fin novembre à même son poste de travail, après s’être vue refuser à plusieurs reprises la possibilité de se rendre aux toilettes prendre la mesure de son état de santé.

Pourtant, elle est censée être protégée par la loi. Le médecin du travail peut exiger des adaptations de postes ou l’affectation à d’autres postes selon son travail et sa grossesse : il est toujours en mesure de le faire à compter du 1er janvier 2017 avec l’entrée en vigueur de la loi Travail, mais ce sera aux femmes enceintes de demander à le voir. Après ce drame à Tourcoing, la CGT est montée au créneau. La direction dénonce « l’instrumentalisation calomnieuse par certaines organisations ». Elle n’a pas l’habitude de l’opposition syndicale.

Dialogue social inexistant

Entre Leroy Merlin, Boulanger, Flunch, Saint-Maclou, Decathlon, l’empire Mulliez emploie 500 000 salariés dans le monde et représentent un chiffre d’affaires total de 80 milliards d’euros dont les deux-tiers réalisés par Auchan. Pour autant, le groupe n’excelle pas en gestion des ressources humaines… Ni en dialogue social. Il est inexistant.

Avec la CFTC, étonnamment majoritaire dans les enseignes du groupe, alors que le syndicat chrétien représente seulement 9% des salariés en France, il s’agit davantage d’une cogestion. Nous l’expliquons avec Erwan Seznec dans Le livre noir des syndicats. Cette famille chrétienne a pour habitude de contenter ses salariés avec la carotte d’un treizième, voire quatorzième mois, via l’actionnariat salarié.

Decathloniens exploités

La quatrième place de Decathlon au classement Great place to work en France en 2016 pour la deuxième année consécutive laisse dubitatif, quand on sait que la direction abuse très largement du forfait jour des cadres pour permettre des semaines à rallonges peu rémunérées.

Dans cet autre enseigne phare du groupe Mulliez, les chefs de rayon gagnent environ 27 000 € bruts annuels (34 000 € avec les primes, l’intéressement et la participation). Mais, d’après différentes sources syndicales, ils dépassent très souvent cinquante voire soixante heures par semaine.

Fichier illégal et insultant

Avec une moyenne d’âge de 28 ans (lire Attirer les vieux dans une entreprise de jeunes), un fort turnover et peu de syndiqués, les Décathloniens sont exploités, au nom de l’amour du sport (lire Travail passion, forcément le pied ?). Les méthodes RH ont déjà été dénoncées en 2011 : un fichier illégal de la direction avait été découvert avec des commentaires subjectifs  sur les salariés comme par exemple, « proche d’un « cas social » », « Se casse pas la tête – plus que trois ans ! »…

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Publié dans : Actualité

le 30/12/2016, par Rozenn Le Saint

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