Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Cadres sup’ seuls et stressés O commentaire

semainqualiDepuis 2004, le Réseau ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) organise la « Semaine pour la Qualité de Vie au Travail ». Ce rendez-vous annuel commence par un sondage national sur la perception des Français de leurs conditions de travail avec un thème différent chaque année.
Cette année, le sondage, réalisé par l’institut CSA, porte sur le stress au travail. 1 000 salariés ont été interrogés par téléphone à leur domicile. L’échantillon est représentatif des salariés français actifs occupés de 18 ans et plus (quotas de sexe, âge et catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a été menée du 25 mars au 1er avril 2009.

La motivation au travail

Quand on leur demande ce qui est le plus important pour eux dans leur travail, les Français citent à nouveau le niveau de rémunération à 53% (52% en 2008). Cette préoccupation
s’accentue encore dans le secteur privé (58%) et pour les employés et ouvriers (58%). Les conditions de travail progressent fortement cette année et arrivent en deuxième position
citées par plus de la moitié des sondés (51%) en hausse de 7 % par rapport à 2008. L’intérêt du métier se place en troisième position avec 44% en 2009 versus 40% en 2008,
cité principalement par les catégories socioprofessionnelles supérieures (60%) et par les personnes du secteur public (50%).

La satisfaction au travail

La satisfaction renvoie à la question globale de la qualité de vie au travail et à une approche globale des conditions de travail. Les relations avec les collègues sont plébiscitées à 92%, chiffre relativement stable par rapport aux années précédentes (92% en 2008, 89% en 2007 et 90% en 2006). Le taux de satisfaction sur la sécurité sur le lieu de travail atteint 89%, taux qui varie peu (88% en 2007
et 2008).
L’autonomie et les responsabilités sont citées à 88%, taux qui atteint 90% chez les 25-49 ans, pour qui la question de l’évolution professionnelle se joue à cette période de la vie
professionnelle, et à 82% pour les 50-64 ans pour qui ce sujet est moins d’actualité. Les relations avec la hiérarchie (80%), le climat social (73%), la reconnaissance (67%)
bénéficient également de bons scores.

Le stress

Le sondage met en évidence un point essentiel : le stress touche 4 salariés sur 10. En effet, 41% des salariés sondés se disent stressés dont 13% très stressés. Et tous les salariés sont exposés, quel que soit leur secteur d’activité. Même s’il y a davantage de stress dans le secteur public, où les attentes et les aspirations des salariés ne sont pas identiques à celle de l’ensemble des salariés: le sens donné au métier a toute son importante. Tandis que les CSP+ semblent plus stressées que la moyenne.

Dans les catégories supérieures, le taux des personnes se déclarant stressées est en nette augmentation (47% des catégories socioprofessionnelles supérieures et 57% des cadres supérieurs se disent stressés contre 41% de l’ensemble des salariés). Ceci laisse penser que le rôle de l’encadrement dans la régulation du stress devient un exercice délicat car cette catégorie elle-même est de plus en plus exposée au risque en tant que catégorie professionnelle.L’influence de l’organisation du travail sur le stress apparaît très affirmée. 40% des salariés répondent que l’organisation du travail génère du stress et 48% des salariés d’entreprises
entre 150 et 999 salariés. Les salariés des petites entreprises apparaissent moins affectés par le stress (68% des salariés de TPE se déclarent non stressés), une des hypothèses pourrait être qu’ils bénéficient d’une organisation du travail moins complexe.

Face au stress, la réaction des salariés est avant tout personnelle : ils préfèrent s’adapter et trouver en eux-mêmes les ressources pour surmonter les difficultés et gérer leur stress, plutôt que de s’appuyer sur leur entourage (famille/collègues) ou fuir leur environnement de travail en levant le pied ou en prenant des congés.

L’étude sur le stress au travail a validé l’hypothèse de départ selon laquelle le stress est multiforme et qu’il se retrouve au travers de chacune des grandes familles de tension définies :

  • l’organisation du travail (surcharge de travail, mener plusieurs tâches de front, manque de temps pour souffler),
  • la satisfaction des exigences personnelles (sentiment de ne pas être rémunéré à sa juste valeur, loin devant le manque de reconnaissance dans le travail et l’exigence de travailler plus par rapport à ses
    capacités),
  • les changements dans le travail (la flexibilité qui est souvent imposée : le salarié doit faire face à une charge importante de travail sans en avoir forcément ni le temps ni les moyens à sa disposition. La nécessité de flexibilité au travail pèse presque autant que le manque de moyens.
  • les relations avec la hiérarchie et les collègues (face aux difficultés, la hiérarchie n’apporte pas suffisamment de soutien, et ce sont les cadres supérieurs qui se sentent les plus seuls dans leur travail + les conflits et les tensions comme facteurs de dégradation importants de la relation de travail + le manque de directives claires + le travail supplémentaire généré par les nouvelles technologies, qui sont censées faciliter le travail mais qui peuvent le perturber : temps de traitement des mails chronophage, ou logiciels difficiles à maîtriser correctement, par exemple).

Lire l’étude.

Be Sociable, Share!

Publié dans : Stress, santé

le 15/06/2009, par Elsa Fayner

Poster un commentaire

Parité et conseils d’administration

Île-de-France : des inégalités de revenus centralisées

Ce site est hébergé par Art is code et propulsé par Wordpress.

Témoignez !

Votre travail vous interpelle, vous choque, vous l’avez vu évoluer et vous souhaitez le raconter, écrivez-moi, votre récit sera peut-être publié.