Et voilà le travail

Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Au pays de Caudalie 8 commentaires

afpLicenciée après sa grossesse, une cadre en colère saisit la Halde

AFP – Cadre supérieur chez le fabricant de cosmétiques Caudalie, Nathalie Ohana, 30 ans, a vécu un désamour avec son employeur à son retour de congé-maternité, jusqu’à son licenciement dont elle a saisi la Halde qui a rendu vendredi son rapport sur les discriminations.

Selon son employeur, son licenciement n’a rien à voir avec sa grossesse, mais ce n’est pas l’avis de la jeune femme, qui a porté l’affaire devant les prud’hommes.

Nathalie a adressé « un dossier très complet à la Halde, avec attestations d’ex-collègues, beaucoup de mails, des preuves ». « J’attends son avis. Quand vous avez la Halde avec vous, c’est plus facile aux prud’hommes ».

Sortie de Sup de Co Paris, elle acquiert de plus en plus de responsabilités dans cette PME de 70 millions d’euros de chiffre d’affaires où elle est entrée en septembre 2005.

« Ca se passait très bien, je travaillais en direct avec le PDG, je me suis mise à fond dans ce poste, j’étais très volontaire. J’ai passé de belles années, avec de belles augmentations de salaires. J’avais un beau poste, quoi », raconte-t-elle à l’AFP.

En décembre 2007, elle sollicite et obtient une augmentation. Deux mois après, elle annonce qu’elle est enceinte. « Je me suis effondrée en larmes, je me sentais terriblement coupable », témoigne Nathalie. L’entreprise « est peuplée à 90% de femmes, qui ont toutes entre 25 et 30 ans, et sont terrorisées à l’idée d’avoir un enfant ».

Le patron, Bertrand Thomas, réagit mal. « Il m’a dit que je l’avais un peu trahi, mais il ne me l’a dit qu’à demi-mot, et je suis partie assez sereine en congé maternité ».

D’autant qu’elle recrute une remplaçante, prend « le congé le plus court possible, quatre mois », et « continue de travailler » chez elle.

« Un mois avant mon retour, le président m’a contacté par téléphone, il était extrêmement agressif, il m’a convoqué. Pendant une heure et demi, il ne m’a fait que des griefs sur mon travail. En fait, il aurait voulu être d’abord mis au courant de mon projet d’avoir un enfant », explique la jeune femme.

Le PDG lui notifie « le nouveau périmètre de (ses) tâches ». « J’avais 12 personnes sous ma responsabilité et environ 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, il me proposait zéro personne et 300.000 euros de C. A », affirme Nathalie.

La jeune cadre prend une avocate qui notifie au PDG l’obligation légale d’offrir à la jeune maman le retour à son poste ou un emploi comparable.

M. Thomas lui demande alors, selon elle, de « faire des choses toujours infaisables », comme « récupérer des impayés à l’autre bout du monde, partir très loin en mission un 29 décembre ». « Du coup, il m’a licencié pour faute grave trois mois après mon retour ».

Fondatrice et gérante de Caudalie, Mathilde Thomas, l’épouse du patron, conteste cette version, justifiant la sanction par « un problème d’insubordination à l’égard de (son) mari ».

Dans l’entreprise où l’âge moyen est de 26 ans, « vous imaginez que des congés-maternité, j’en ai à ne plus savoir qu’en faire, des congés pathologiques, des congés parentaux », explique Mme Thomas, elle-même « maman de trois enfants ». Et de citer le nom de deux jeunes femmes tout récemment promues de retour de « congé mat' ».

Quelques jours après son licenciement, Nathalie Ohana est hospitalisée pendant une semaine. Elle a depuis retrouvé, dans le même secteur d’activité, un emploi où elle se dit « très épanouie ».

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Publié dans : Égalité professionnelle | Entreprises

le 8/03/2010, par Elsa Fayner

8 commentaires

  • belong dit :

    Bonjour,

    Caudalie est coutumier du fait, cette société est très régulièrement attaquée devant les prudhommes par ses salariés. Fabriquer des produits haut de gamme ne rime pas avec compotement haut de gamme, bien au contraire.

  • mardel dit :

    encore une des nombreuses victimes du triangle malefique!!!!(caudalie, smith haut laffite, sources de caudalie), ces gens la non pas plus de respect pour l’etre humain qu’un certain A…. H….., si les flics avaient le cran de bien se pencher dessus , le monde du travail s’en porterai mieux!!!!

  • So dit :

    J’ai travaillé chez Caudalie pendant 4 mois. Cela reste aujourd’hui ma pire expérience professionnelle. L’ambiance y était terriblement malsaine.

    Quand vous sollicitez un entretien, on fait mine de vous écouter, de prendre en compte vos remarques et puis quelques jours après on retourne sa veste et on vous accuse de trahison. Quand j’ai émis le souhait de rompre mon contrat B. Thomas m’a également sorti son discours sur le couteau que j’avais planté dans son coeur alors qu’il n’était pas fichu de se souvenir de mon prénom.

    J’ai lu que M. Thomas se désolait que le recrutement était son point faible et qu’elle se trompait pour une personne sur 2. Bonjour la remise en question.

    En 4 mois, j’ai bien vu une dizaine de personnes partir (stagiaires compris), je ne compte pas les gens dont on s’est débarrassé dans des conditions discutables.

    Encore aujourd’hui, je grimace quand je tombe sur les produits en parapharmacie.

  • Anonyme dit :

    Madame Fayner, je me permets de vous écrire car j’aurais un sujet à vous exposer de ce que j’ai subi à mon travail durant ma grossesse, qui je pense intéresserait beaucoup d’autre femmes qui auraient vécu la même chose: harcelées moralement, mises au placard, etc. C’est très long, ça dure depuis mon retour de congés maternité.
    J’ai aussi garder un mail que j’ai reçu par erreur de la D.R.H. Suite à ça il m’ont convoquée pour me proposer une somme d’argent,pour acheter mon silence sur les pratiques de l’entreprise, car c’est un grand groupe.

    Je suis toujours dans cette entreprise.
    Pourriez-vous me dire ce que vous penser de cela, et éventuellement vous rencontrer si cela est possible.
    Avec mes meilleurs sentiments.

  • Servane dit :

    J’ai également travaillé chez caudalie et mon supplice n’a duré que 2 mois heureusement. J’étais sur le site logistique près d’Orléans au service consommateur et j’ai subi pendant plusieurs semaines les caprices d’un manager misogyne et se prenant pour Dieu. Nous devions faire tout ce qu’il disait sans broncher, ni même demander la raison des changements (parfois farfelus), sous peine de se faire mal voir et carrément virer comme ce fut mon cas. Souvent ces décisions passaient sur le compte du développement durable, mais en fait il s’agissait surtout de faire de grosses économies au détriment de la santé des salariés (température plafonnée en hiver, obligeant les salariées à travailler avec manteaux et mitaines à leur ordinateur, suppression des poubelles individuelles sous les bureaux pour n’en mettre qu’une seule pour un bureau de 50 m²). En plus ce manager faisait chaque jour sa ronde et criait sur nous si quelque chose n’allait pas dans SON sens. Impossible de discuter avec lui, comme on m’avait dit « Il fait la pluie et le beau temps ici ».
    Tout le monde souffrait en silence de ce despotisme. J’ai osé dire que je ne pouvais pas travailler dans le noir et hop, 15 jours après, virée sans motif valable ! Personne n’a pris ma défense. J’étais soulagée de quitter cette entreprise à l’apparence si parfaite mais tellement pourrie en dedans.
    Et comme le dit si bien belong, « produits haut de gamme ne rime pas avec comportement haut de gamme » et je le certifie concernant caudalie !!!
    Ils vantent le fait de ne pas faire de tests sur les animaux, mais ils maltraitent leurs salariés… cherchez l’erreur ! Si les clientes connaissaient leurs pratiques, elles n’achèteraient plus leurs produits.
    J’ai fait une dépression suite à cet épisode. Mais il semble que je n’étais pas la seule dans ce cas.

  • Caroline dit :

    Un DR de chez Caudalie s’est pointé dans la parapharmacie où je travaille. Il a ignoré toute l’équipe et est allé s’assoire au fond du magasin pour passer ses coups de fil professionnel devant les clientes ! Apparement c’est une coutume chez Caudalie de ne pas dire bonjour, puisque sa créatrice non plus ne le dit pas, sauf si on lui rappelle les règles de politesse de base, ce que j’ai fait.

  • KD dit :

    Bonjour,

    J’ai travaillé pour Caudalie et j’ai fait une dépression au bout de 2 mois. J’avais une boule au ventre, rien qu’a l’idée de travailler chez eux.

    Néanmoins, j’adhère totalement aux valeurs engagées par Caudalie mais leur système de management fait penser à ce qui se passe dans une mafia ou plutôt dans une secte.
    Personne ne parle de peur de se faire virer. Je suis une idéaliste et je suis vraiment déçue par cette sté.

  • sereine dit :

    Je suis scandalisée par ce que je viens de lire et d’écouter sur France inter ce matin 23 févrrize 2014 concernant le témoignage d’une salariée harcelée et virée après sa grossesse!
    Comme les utilisateurs des produits Caudalie sont certainement à 95 % des femmes et que cette entreprise maltraite les femmes au boulot , ne pourrait-on pas sur le net appeler à un boycott des produits Caudalie?
    Quant à moi, je finis les deux produits que j’ai à la maison et je n’achète plus cette marque! Si chacune des femmes décidait de faire de même, je pense que la direction y réfléchirait à deux fois!

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