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Chroniques de l'humain en entreprise Le blog de Rozenn Le Saint, créé par Elsa Fayner.

Allemagne : l’activisme actionnarial reste un exercice difficile O commentaire

novethic1Infatigables. Et tenaces. Depuis plus de vingt ans, les « Kritische Aktionäre », pourvus de moyens modestes, font entendre inlassablement leurs voix aux assemblées générales des grandes entreprises allemandes. Ces « actionnaires critiques » les interpellent sur leur responsabilité sociale et environnementale et trouvent avec la crise un certain écho.

« Les périodes de crise sont des périodes propices pour nous. Les avis des ONG sont plus demandés, les médias viennent vers nous », se félicite Markus Dufner, directeur de l’organisation « Kritische Aktionäre », basée à Cologne. De passage à Francfort à l’occasion de l’assemblée générale de la Deutsche Bank, il tire un bilan positif de la saison 2009 : « Enfin, il nous est possible de voir nos revendications non plus ignorées, non plus discutées, mais potentiellement appliquées ». L’organisation des « actionnaires critiques » représente les intérêts de 31 ONG et de 5000 particuliers. Tous possèdent des actions dans plusieurs entreprises du Dax 30 et ont transmis leurs droits d’actionnaires aux représentants des « Kritische Aktionäre ». Ce faisant, ces représentants disposent ainsi du droit d’intervention en assemblée générale, peuvent déposer des résolutions et voter contre celles proposées par la direction de l’entreprise. « Bien sûr, le nombre d’actions, et par conséquent le nombre de voix dont nous disposons est infiniment bas par rapport aux grands actionnaires. Mais pour nous, il ne s’agit pas tant d’obtenir un vote majoritaire que de pouvoir remettre en question, publiquement, l’action des dirigeants », précise Markus Dufner, qui prend comme modèle l’activisme actionnarial anglo-saxon.

Devant l’ampleur de la crise économique et financière actuelle, les thèmes pour l’année 2009 se sont imposés d’eux-mêmes : évasion fiscale et paradis fiscaux, greenwashing, mais surtout remise en cause des rémunérations et bonus des dirigeants, qualifiés de « scandaleux », d’ « immoraux » voire d’ « obscènes » par l’opinion publique allemande. Il s’agit aussi de remettre en question les « Directors & Officers Versicherung », ces assurances sur mesure, financées par l’entreprise, couvrant les dirigeants contre les plaintes pour dommages et intérêts lorsque les bilans s’avèrent négatifs.
Figure également à l’ordre du jour la création d’une sorte de « contrôle technique » (« Finanz-TÜV ») sur les produits financiers afin de limiter les prises de risque. Bref, ce sont autant de revendications reprises cette année par d’autres associations d’actionnaires – et par la sphère politique allemande (sauf les libéraux du FDP, précise Markus Dufner), soucieuse de réagir alors que les échéances électorales de septembre approchent à grands pas…

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Publié dans : Marché du travail

le 1/07/2009, par Elsa Fayner

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